Informatique

Adieu Gandi

Monday, 22 June 2026
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Écrit par
Grégory Soutadé

Alors que les 16 ans du blog pointent le bout de leur nez, un changement majeur vient de se passer. Vous n'avez pas vu la différence ? Heureusement ! Il est invisible. En effet, je viens de changer de bureau d'enregistrement pour mon nom de domaine. Mécanisme sous-jacent de l'Internet, que nous utilisons des centaines de fois par jour et qui est complètement transparent, mais sans lequel rien ne serait pas possible. Il permet en effet d'enregistrer son nom de domaine au niveau international (en passant par plusieurs organisations sur différents échelons). Les noms de domaines sont ainsi réservés pour une durée limitée (mais renouvelable) et seul le propriétaire peut les associer à un site ou un service.

Pourquoi majeur, alors que l'on parle ici de technique ? Eh bien, car il s'agit à la fois d'un long partenariat qui se termine (16 ans !), mais aussi un changement de philosophie. En 2023, Gandi a décidé d'augmenter fortement sa politique tarifaire. En parallèle, ils ont supprimé de leur offre mail associée à un nom de domaine (1 nom de domaine = 1 adresse mail offerte). De cette contestation est né Galae (mais ceci est une autre histoire).

Il n'y a pas vraiment eu de communication sur les raisons de ce changement. Pourtant, il est intervenu après le rachat de Gandi par les Néerlandais de Total Webhosting Solutions BV. Adieu donc la philosophie originelle, et place à la rentabilité maximale. Principe complètement idiot quand on sait à qeul point il est facile de changer de bureau (avec des offres de bienvenue attractives) et que les prix pratiqués sont 3 fois supérieurs à ceux de la concurrence... À croire qu'ils font tout pour faire couler la société.

Je n'ai pas migré plus tôt car la première année, les tarifs du .fr sont restés contenus avant d'exploser en 2025, mais j'avais déjà provisionné mon compte pré payé...

J'avoue avoir toujours eu du mal avec ce biais cognitif que l'on enseigne dans toutes les écoles de commerce, à savoir la croissance ou la mort. C'est l'obsession du toujours plus, sans forcément chercher à trouver l'équilibre, qui est pourtant la base de la vie. À partir du moment où une société commerciale atteint la rentabilité en proposant des produits utiles et de bonne qualité à un prix correct, pourquoi en vouloir toujours plus ? Si ce n'est parce que la demande augmente naturellement (et pas artificiellement à grand coup de pub et de mode). Pourquoi vendre à des requins qui veulent être les maîtres du monde, quitte à désosser la bête ? La réponse vient probablement du fait que l'argent et le pouvoir changent les hommes (et les femmes) et, qui ne l'a pas goûté, ne peut se figurer de son pouvoir de perversion.

Je tente aujourd'hui l'aventure avec Netim, un autre bureau français qui, contrairement à OVH où j'ai quelques comptes actifs, me permet de configurer les entrées MX (mail) du DNS (mais pas les PTR, parfois nécessaires à l'envoi de mail). De plus, l'interface est beaucoup plus esthétique que l'hideuse d'OVH et, cerise sur le gâteau, une adresse mail par domaine est offerte. Les tarifs y sont un peu plus chers, mais restent acceptables. Si l'essai est concluant, je pense migrer mes autres noms de domaine. Chez Netim, les fonctionnalités avancées pour une gestion complète du DNS et l'accès à leur API est réservée aux comptes revendeurs, gratuits mais pour lesquels il faut fournir un KBIS. À voir s'ils me sont nécessaires, sinon il y aura une migration chez OVH avec gestion du DNS en local...

Libgourou v0.8.9

Wednesday, 22 April 2026
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Écrit par
Grégory Soutadé

Reminder : Libgourou is an open source ADEPT protocol implementation (ePub DRM management from Adobe) that helps download ACSM files on Linux system (and remove DRM).

Version 0.8.9 has been created only 3 monthes after after 0.8.8. Main reason is the use of HTTPS (instead of HTTP) for account creation (fix by temour). More hidden update is a new parameter for compilation that will help building AUR packages for ArchLinux (commit by radon). A total of 5 tickets has been closed.

Finally, SSH for git feature has been fixed in my forge (bad configuration) !

You can find source code and binaries in my forge

Libgourou v0.8.8

Monday, 09 February 2026
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Écrit par
Grégory Soutadé

Reminder : Libgourou is an open source ADEPT protocol implementation (ePub DRM management from Adobe) that helps download ACSM files on Linux system (and remove DRM).

Libgourou v0.8.8 is out ! After a quiet year, world of libgourou has moved a lot since one month. 3 tickets opened an one direct contribution to code. Not big changes, but it's interesting to see that the project is alive and used.

What's new ?

  • Some bugfixes (git address, mkstemp(), constructor error)
  • Adobe server now require PKCS1 type 2 padding for signature, which is not activated in all OpenSSL versions
  • Big code reformating (remove tabs)
  • Jake Waksbaum added to support for compilation in MacOS (and some bugfixes)

You can find source code and binaries in my forge

Appimage error: Unable to launch executable

Sunday, 26 October 2025
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Écrit par
Grégory Soutadé

I distribute binary packages of libgourou in both compiled version (tar.gzip) and AppImage (and maybe .deb in the future). AppImage is a quite old packaging system (2004), not deprecated, but that evolve slowly. It allows to run application without the need to install additional libraries (all is bundled into one binary package). There is not so much tools for building an Appimage and I had to rely mines on a Python bundle not really maintained on Github. Not perfect, but does the job and result worked fine for a while. Unfortunately, starting this summer, there was an issue in running packaged applications. It took me a lot of time to find it, but I finally did it !

First, let's try to run already packaged AppImage

> cd /tmp/libgourou_utils-0.8.7-x86_64.AppImage
> ./acsmdownloader -h
Unable to launch '/tmp/.mount_acsmdoKfAEabacsmdownloader'

If you look in details with strace

> strace ./acsmdownloader -h
execve("/tmp/.mount_acsmdojHgmJpacsmdownloader", ["/tmp/.mount_acsmdojHgmJpacsmdown"..., "-h"],
0x561f614f3790 /* 95 vars */) = -1 ENOENT (No such file or directory)

"ENOENT (No such file or directory)" is confusing and really non obvious to understand, because the file is there and has execution permission ! Most of the time, it means you try to run an application that has been compiled for another architecture (x86 32 bits, arm ...).

This error is raised by a core component of Linux systems : ld-linux-XXX.so. It's used to load ELF file into memory and resolve all dependencies (shared libraries). Useful information can be found with file util

> file /usr/bin/tail
/usr/bin/tail: ELF 64-bit LSB pie executable, x86-64, version 1 (SYSV), dynamically linked,
interpreter /lib64/ld-linux-x86-64.so.2,
BuildID[sha1]=0d3a849e80ee804476c13ed25b3b1ba819847b35, for GNU/Linux 3.2.0, stripped

AppImage is an ELF binary statically linked

> file libgourou_utils-0.8.7-x86_64.AppImage
libgourou_utils-0.8.7-x86_64.AppImage: ELF 64-bit LSB pie executable, x86-64, version 1 (SYSV), static-pie linked,
BuildID[sha1]=b15b018a4f56042ad61c2b9e0504773f7da1ac38, stripped

It contains compiled binaries and libraries in a squashfs filesystem mounted by libfuse (which is its only dependency). We can access to them with

> ./acsmdownloader --appimage-extract
> cd squashfs-root

> strace ./acsmdownloader
execve("./acsmdownloader", ["./acsmdownloader"], 0x7ffdeb43fa30 /* 49 vars */) = -1 ENOENT (No such file or directory)
strace: exec: No such file or directory

Our core error, let's look deeper

> file acsmdownloader 
acsmdownloader: ELF 64-bit LSB pie executable, x86-64, version 1 (SYSV), dynamically linked,
interpreter usr/lib64/ld-linux-x86-64.so.2, for GNU/Linux 3.2.0,
BuildID[sha1]=aaefe8dfc25186c9c3bb2c0e254f8ba09cdd7f7b, not stripped

We can see that the path of ld-linux-x86-64.so.2 is usr/lib64/ld-linux-x86-64.so.2 which is invalid !!!. Ahead "/" is missing (it has been removed by builder Python script). Moreover, since version 13 (or a bit earlier), Debian seems to have moved ld-linuxXXX.so from /lib64 to /usr/lib64 which break compatibility.

My solution is to patch binaries with patchelf in AppImageBuilder.yml, after they are copied into AppDir/usr/bin/

find AppDir/usr/bin/ -maxdepth 1 -type f -executable -exec  patchelf --set-interpreter /usr/lib64/ld-linux-x86-64.so.2 \{\} \;

Debian 13 (Trixie)

Sunday, 31 August 2025
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Écrit par
Grégory Soutadé

Trixie

Après plusieurs mois de gel, permettant des tests approfondis, la dernière version stable de Debian (nom de code Trixie) est sortie le 9 août !

Qu'est-ce que Debian ? On pourrait dire basiquement qu'il s'agit d'un système d'exploitation. Pour être exact, Debian est une "distribution", c'est à dire un assemblage de tous les composants nécessaires à la réalisation d'un système d'exploitation. La nuance tient au fait que chaque composant (ou presque) est développé par des équipes indépendantes. Les composants majeurs sont le noyau (ici Linux), l'environnement de bureau (GNOME, KDE...), les gestionnaire de logiciels/paquets (apt, fait par Debian), l'installeur (fait par Debian) et tous les logiciels (dont les plus connus : LibreOffice, Chrome, Firefox, Gimp ...).

Organisé sous forme de fondation à but non lucratif, le travail des développeurs Debian consiste donc à s'assurer que tout ces composants fonctionnent ensemble. Côté grand public, on a plutôt tendance à résumer les choses en parlant de Linux, sans faire référence à la distribution. Pourtant, il y a des milliers de personnes de part le monde qui développent (la plupart du temps bénévolement) tous ces logiciels.

Debian est l'une des plus anciennes distributions Linux (première version en 1993), sortie seulement 2 ans après la première version du noyau. Il y a donc beaucoup de distributions dérivées de cette dernière. Un peu comme Android qui est développé par Google, mais qui est personnalisé par les constructeurs de téléphones. Mes serveurs fonctionnent tous grâce à Debian. C'est également le cas pour mon PC personnel depuis plus de 15 ans ! Mieux encore, je l'ai aussi installé sur un ordinateur plus ancien lors du passage forcé à Windows 10 (l'histoire se répète avec Windows 11...), alors que l'ordinateur en question n'était pas compatible. C'est donc un système utilisable par le grand public, pour peu que l'on soit un peu curieux en cas d'erreur...

Ma découverte de ce système s'est faite lors de mes études à l'IUT où nous avions accès à des serveurs sous Linux (avec une interface graphique nativement accessibles à distance grâce au serveur X \o/). Mais à l'époque, l'environnement manquait de maturité et n'était pas facilement exploitable par tout le monde. L'interface graphique primaire de GNOME était assez moche comparé à celle de Windows XP. Je me souviens également avoir partitionné un disque dur pour y installer la distribution Mandrake (il y avait plusieurs CD) quand j'étais au lycée. Ça marchotait, mais sans soutien extérieur (Internet était plus basique, avec seulement une connexion ADSL à 128kb/s et la plupart des ressources an Anglais), j'ai rapidement abandonné. Il faut dire qu'en ces temps, bien que curieux, j'étais un Windowsien convaincu.

Vint ensuite l'école d'ingénieur. Le Conseil Général nous a gracieusement prêté des ordinateurs portables pour notre cycle supérieur. Ils étaient configurés avec la distribution Fedora (et une interface KDE proche de celle de Windows). Et puis la révolution Ubuntu est arrivée, avec son bureau à effet whaou Compiz (comprendre : avec des animations 3D et de la transparence dans les fenêtres). À l'époque, Canonical (la société derrière Ubuntu), offrait gratuitement les CD d'installation ! C'est également à ce moment où j'ai commencé à m'intéresser à la couche système et aux systèmes embarqués, en gros : mon métier ! L'outillage disponible dans le monde Linux (et qui est directement hérité de l'univers UNIX, système historique de l'informatique moderne) est sans commune mesure par rapport à Windows, qui a toujours eu une approche utilisateur standard : applications métiers, bureautique, jeux. Après ce (petit) passage avec Ubuntu, j'ai migré sur Debian, pour ne plus jamais le lâcher !

Quelle plaie de voir aujourd'hui des entreprises m'imposer un Windows sur ma station de travail (et tout particulièrement la version 11 qui est une bouse sans nom). Mon ordinateur d'il y a 15 ans (un Core i5 M450 quad core) avec Linux est plus rapide que celui du travail avec son processeur Intel Core i7 vPro, ses 14 cœurs et ses 32GO de RAM. Tout ça pour simplifier le travail des administrateurs systèmes qui ne veulent pas gérer plusieurs systèmes. Pour respirer un peu, il y a bien les machines virtuelles (parfois limitées) et/ou le sous-système Linux (WSL), mais c'est loin d'être parfait (surtout quand il faut accéder aux périphériques).

La mise à jour de mon serveur avec cette nouvelle version s'est bien déroulée, mis à part la configuration mail (toujours aussi cryptique) qu'il a fallu retravailler un peu, quelques soucis PHP et Django, ainsi que le serveur de nom de domaine (bind9). J'en ai profité pour recompiler mon noyau Linux afin d'être aligné avec celui de Debian.

NB: Le serveur X a longtemps été le serveur graphique utilisé par Linux. En cas de soucis, une recherche sur internet avec ces termes ne donnait pas forcément les réponses attendues...