Tempura

Monday, 05 December 2022
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Écrit par
Grégory Soutadé

Il existe une fascination réciproque Franco-Japonaise. Et pour cause, toute personne née entre 1975 et 2000 (à minima) a très probablement été exposée durant son enfance aux animés Japonais (souvent sélectionnés car pas cher). Pêle-mêle on peut citer : Heidi, Goldorak, Albator, Cobra, Ranma 1/2, Dragon Ball, Dragon Ball Z, Dragon Ball X (à remplacer par toutes les variantes possibles), les Chevaliers du Zodiaque, Cat's Eye, Nicky Larson, Pokémon, Bleach, One Piece, Death Note, Fullmetal Alchemist, Naruto... Les années 2000 ont également vu l'explosion de l'offre de restaurants à Sushis (premier met qui vient à l'esprit) jusqu'alors inconnu du grand public. Ils sont aujourd'hui placés au même rang que les kebabs, burgers, pizzas et tacos, donc totalement assimilés dans notre culture. L'autre aspect que l'on retient généralement concerne le côté technophile. Sony en tête avec ses smartphones, tablettes, appareils photos et écrans. Un peu plus en amont Fujitsu avec ses pellicules et appareils photos jetables. Un peu moins visibles, des sociétés comme Canon, Toyota, Honda, Mazda, Toshiba, Suzuki, Nissan font partie de notre monde. Culturellement, le Japon est vu comme un pays au mode de vie sain, respectueux (de la nature et des personnes), sûr, et sage (soit disant que l'on y pratique le Bouddhisme, il relève également d'une forte emprise Shintoïste). Pourtant, ce Japon, si moderne aujourd'hui était il n'y a pas si longtemps un nain totalement renfermé sur lui même; avec de larges velléités belliqueuses face à ses voisins Chinois et Coréens. L'humiliation de la seconde guerre mondiale a remis les choses à plat. Afin d'avoir une base avancée dans le Pacifique, et ainsi pouvoir encercler l'URSS, les États-Unis ont investis massivement dans sa (re)construction. Tout comme dans celle de l'Allemagne de l'Ouest, permettant au passage d'y installer un grand nombre de produits Américains. Si on devait faire un sondage, Il est un des rares pays (après la Chine) à être cités parmi les nations asiatiques.

De leur côté, les Japonais (comme la plupart des pays d'Orient) ont une vision très romantique de la France : Paris, la tour Eiffel, les bateaux mouches sur la Seine, la gastronomie, le vin (surtout le Champagne), le fromage, la haute couture, les parfums... Le style (physique) occidental est particulièrement appréciés. On le retrouve dans les mangas avec des personnages hybrides (pas métisses puisqu'ils sont censés être Japonais) qui ont certain traits occidentaux (notamment les yeux et les cheveux).

Revues Tempura

Néanmoins, il y a presque 10 000km entre Paris et Tokyo. Avec cette large distance qui sépare nos deux pays, il est difficile d'avoir une vision complète de ce qu'est réellement l'autre, au delà de ce qui a réussi à passer la barrière internationale. Ce fut le point d'accroche entre Emil Pacha Valencia, Olivier Cohen de Timary et Clémence Fabre qui décidèrent début 2020 d'éditer le trimestriel Tempura (beignet Japonais) afin de mettre en lumière des aspects moins connus de la société Nippone, voir de déconstruire certains fantasmes qui l'entoure. Personnellement, j'ai découvert le magazine en 2022 lors du partenariat avec le fabricant français de saké Wakaze pour le hors série "Manger le Japon", livré avec une bouteille dudit saké (via la plateforme KissKissBankBank). Wakaze propose des sakés traditionnels qui tournent (contrairement à ce que l'on pense) autour de 12°. Il s'agit donc d'un apéritif ou d'une boisson accompagnant le repas et non d'un digestif. J'avoue ne pas avoir été convaincu par la version classique qui se rapproche gustativement d'un vin blanc, mais en moins bon. Il faut dire que la fermentation du riz offre une palette aromatique moins riche que ce que l'on peut obtenir au travers de la multitude de cépages disponibles en Europe. Le riz étant la céréale de base des pays asiatiques que l'on va retrouver sous toutes ses formes : salées, sucrées mais également fermentées (mirin, saké)! Bref, Tempura propose tous les 3 mois un aller simple dans les entrailles du pays du soleil levant pour un tarif beaucoup plus abordable que les quelques 1 000€ d'un aller simple pour Tokyo ! Il propose également une offre digitale (5€/mois) permettant d'accéder à toutes les éditions passées et futures du magazine, l'abonnement permettant une vision à plus long terme des finances d'un journal.

Cuisson passive des pâtes

Tuesday, 29 November 2022
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Écrit par
Grégory Soutadé

En me baladant sur le très divertissant site des joies du code, je suis tombé sur un article rédigé par Nicolas Lecointre intitulé "Le cuiseur passif open source de Barilla vous aide à cuire vos pâtes en consommant moins d’énergie". Nicolas a eu la bonne idée de lancer son site (tumblr à l'époque) pendant ses études voilà plus de 10 ans maintenant. La communauté n'a cessé de croître, et afin de pouvoir toujours plus la chouchouter, il a quitté son emploi salarié pour s'en occuper à plein temps. Pour résumer dans un langage moderne : il est désormais influenceur. Loin de moi l'idée de le dénigrer, bien au contraire, car il a vraiment apporté sa pierre à l'édifice. Néanmoins, en tant qu'influenceur, une de ses sources de revenus se trouve dans l'écriture d'articles sponsorisés (il est également présent sur la plateforme twitch). Il faut donc être vigilant lorsqu'il met en avant un produit ou un service.

Car ici, il est question de choses sérieuses : LES PÂTES ! Qui est sans aucun doute le plat le plus consommé en France (sous toutes ses formes). Et pour cause : simple, rapide, peu cher, qui plaît à tout le monde, c'est un plat du quotidien idéal. D'autant plus qu'elles permettent un apport important de glucides tout en évitant les acides gras saturés ! Alors, certes, on passera sur la teneur en fibre et en vitamines, tout en se rattrapant un peu sur les protéines. Le problème vient surtout de la sauce à laquelle on les associe, qui elle est souvent riche en acides gras saturés (huile, crème, beurre ...), mais ce n'est pas une fatalité. Et si on aime tant les pâtes, c'est probablement parce qu'elles sont composées de farine de blé dur, céréale cultivée autour du bassin méditerranéen depuis le Néolithique (~ -9000 avant JC). En France, on en consomme environ 8kg par personne et par an, soit environ 540 000 tonnes (pour une production de blé dur de 592 000 tonnes), donc à peu près une fois par semaine. Quant aux Italiens, et bien c'est 3 fois plus !

Mais revenons à notre article. Barilla est un des rares poids lourds de l'agroalimentaire encore indépendant (chiffre d'affaire de près de 4 milliards d'euros en 2021). Chez nous (dans le secteur pâtes sèches), il ne reste que Lustucru. Panzani, bien qu'à consonance Italienne (pays d'origine de son fondateur), a bel et bien été crée en France (à Parthenay dans les Deux-Sèvres), mais appartient désormais au fond d'investissement Luxembourgeois CVC Capital Partners. Bref, Barilla, comme toute grand acteur dans un monde ultra concurrentiel, n'est pas avare en ce qui concerne la mise en avant de sa marque. On retrouve donc, en cohérence avec les préoccupations écologiques du moment, un onglet Cuisson Passive directement sur son site. Ils ne se revendiquent pas pour autant inventeur du procédé. Sur le site est indiqué (avec beaucoup d'étoiles autour) une économie d'énergie de 80%. Pour l'aspect technophile, la marque propose également les plans du "premier objet connecté pour faire cuire vos pâtes qui contribue à réduire les émissions de CO₂" à base d'une carte Arduino et d'un capteur de température, ainsi qu'un assistant personnel (chat bot) sur WhatsApp afin de bien cuire ses pâtes. C'est ce qui aura sûrement attiré l’œil de Nicolas !

Démêlons le vrai du faux. Barilla annonce fièrement 80% d'économies de CO₂. Eh bien, c'est une faute assumée par le fabricant. Car si on lit bien les petites étoiles (tout en bas de la page), il est mentionné que cela ne tient pas compte du temps de chauffe de l'eau. Et pour cause, l'eau n'arrive pas à son point d'ébullition par magie. On est donc loin d'une méthode passive ! Ils proposent ensuite la création d'un appareil électronique pour suivre la cuisson des pâtes et être averti des différentes étapes... Plus gadget qu'autre chose. Néanmoins, si on suit leur recommandation en fabricant l'objet et bien ... toutes les économies d'énergies possibles grâce à la cuisson "passive" seront englouties. L'électronique étant, de part sa fabrication complexe, un grand pollueur gourmand en ressources.

Tableau d'équivalence des temps de cuisson

La question la plus importante reste toutefois : Est-ce que ça fonctionne ? Pour se faire, rien de mieux qu'un test ! Les deux méthodes classique et "passive" seront réalisées en parallèle. Pour se faire, j'ai acheté des pâtes (Barilla, oui c'était le piège) Girandole Torsades n°34. Malheureusement, cette référence n'est pas présente dans le tableau de correspondances, mais j'ai appliqué la formule qui revient le plus souvent, à savoir : 2 minutes à découvert + le temps de cuisson indiqué feu éteint à couvert (penser à les remuer avant de tout couper). Ici, le temps de cuisson est court (6 minutes). Chaque casserole (matière anti adhésive) contiendra donc 250g de pâtes, 2L d'eau et une cuiller à café rase de sel. À noter qu'une des deux casseroles étant un peu plus grande que l'autre, ce sera celle utilisée pour la méthode classique. Concernant la puissance du feu (plaque à induction Sauter), elle est constante (pas de surchauffe pour accélérer l'ébullition) et identique des deux côtés. Eh bien, le résultat est tout bonnement impressionnant avec d'un côté (méthode classique) des pâtes al dente et de l'autre des pâtes fondantes, uniformes et non sur-cuites. Pour obtenir un résultat à sa convenance, il faudra donc réaliser plusieurs essais en prenant en compte : le type de pâtes, la quantité à cuire et le matériel de cuisson (casserole + énergie). Typiquement, avec des pâtes d'une autre marque (Rummo Fusilli n°48 et 8' de cuisson pour rester dans le thème) et 500g en une seule fois, le résultat n'est pas al dente, elles sont encore un peu dure à cœur. Il faut dire qu'en France, on aime bien les pâtes à cuisson rapide.

Concernant les temps en jeu, nous avons donc :

  • Méthode classique (grande casserole) : 12' de chauffe + 6' de cuisson = 18'
  • Méthode passive (casserole un peu plus petite) : 9' de chauffe + 2' de cuisson + 6' de repos = 17'

Le gain d'énergie pour la méthode "passive" est donc de 100 - (11 / 15) * 100 = 27%. Si j'avais utilisé une grande casserole, il aurait été de 100 - (14 / 18) * 100 = 22%. Ce qui contraste quand même avec les 80% de Barilla. Pour économiser encore un peu d'énergie, il ne faudra pas oublier de faire chauffer l'eau à couvert. Une autre astuce étant de remplir la casserole 1h avant afin que l'eau se mette à température ambiante et gagner ainsi quelques degrés.

La puissance de la plaque était de 12/14, soit 4286W pour la petite casserole (puissance maximale de 5000W) et 2657W pour la grande (puissance maximale de 3100W).

L'économie est donc de ((15-11)/60) * 4286 = 285W pour la petite et aurait été de ((18-14)/60) * 2657 = 177W pour la grande.

Sans être exceptionnel, le bénéfice est donc réel. S'il n'est pas énorme, c'est aussi parce-que l'on utilise "peu" d'énergie sur un temps assez court. On en revient toujours au même débat : est-ce utile que tout un chacun fasse des petites économies dans son coin quand certains acteurs consomment énormément ? La réponse est simple : si une personne peut économiser 200W, l'économie réalisée par 70 millions de personnes est de 14 GigaWatts. la production d'électricité en France étant de 1397 GigaWatts par jour (chiffres de 2020), il s'agit donc d'un gain de 0,1% SANS RIEN FAIRE, uniquement avec une gestion intelligente et juste de notre énergie. D'autant plus que l'on n'est pas obligé de se limiter à ce simple geste. Il en existe des centaines d'autres pour peu que l'on prenne un peu de recul par rapport à nos modes de vies et à toutes les facilités que nous offre l'industrie. Plus encore si on regarde de l'autre côté du miroir : un peu de pollution générée par chaque individu conduit à l'échelle de la planète à beaucoup de pollution... Il faut donc passer en mode "éco", que ce soit à la maison, mais également dans ses fonctions professionnelles (et ce, quel que soit son niveau) pour essayer de limiter au plus possible la détériorations rapide de notre planète.

NB : On pourrait débattre pendant des heures de la politique environnementale menée par les différents gouvernements, mais les résultats de la COP27 parle d'eux-mêmes (et cet article est déjà bien trop long).

IWLA 0.6

Sunday, 20 November 2022
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Écrit par
Grégory Soutadé

Capture d'écran IWLA

Almost 3 years since the last news about IWLA. It does not really reflect the continuous development & maintenance of this wonderful tool. But don't worry, version 0.6 is now out ! The main change is the complete move from Python 2 to Python 3, but we may also mention :

  • Users requests are no more saved (except if keep_requests is set) which allow to save a LOT of space
  • A favicon is available
  • Fresh synchronization with AWSTATS data
  • Users need to do at least one hit per viewed page to not be marked as a robot
  • Feed detector has been enhanced
  • Track users plugin has been replaced by filter users which allows to define complex filters
  • Users can be enlighted in all visits page
  • IP can be anonymized (for public statistics)

The full ChangeLog is available here

While working on it, I realized how we can easily extend it. It's a real pleasure comparing to so big one PERL file code of AWSTATS, plus having it modular allows to implement our own rules which makes statistics really more precise. The only issue compared to AWSTATS is that IWLA is only focused on web statistics, but it has been design for it, not for everything related to log parsing !

New : A demo instance (for indefero.soutade.fr) is available here

I also decided to give up the old style branching model with master and dev. Using git and its lightweight branches, it's better to have a model with tags for stable releases and features branch for development. Code is not often updated and it makes no sense to have a master branch updated every 3 years with only one merge commit while dev is living.

I recently had look on concurrence, especially with Matomo and I was really afraid to see how users are tracked ! Everything is managed from pages viewed to cursor moves, user system information retrieval, time spent... All of this generate extra traffic and requires to execute Javascript code to obtain a lot of information about users's environment. But it's not the worst tool as it doesn't use commercial tracking (like Google Analytics) and keep data on webmaster's server (RGPD compliant). Commercial trackers are really a nightmare for consumer's privacy. Using it, webmaster can obtain really good statistics, but everything is stored on (abroad) commercial servers to create your profile ! Your profile is then sold or used to display you personalized advertising. Unfortunately, almost all websites are using them. In opposite, IWLA requires no cookies, no Javascript, no awful banner and is perfectly RGPD compliant. It only parse and analyze log requests from webserver and generate a static HTML report which is the only right way to do !

Bubblee Pop

Sunday, 06 November 2022
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Écrit par
Grégory Soutadé

Couverture Bubblee Pop

Aujourd'hui, présentation d'un petit jeu simple, rapide et efficace, donc totalement addictif : Bubblee Pop. Rentrons dans l'univers des deux créateurs Grégory Oliver et Alexey Rudikov pour tenter d'en apprendre un peu plus sur la nature de ces bestioles, à savoir, qu'est-ce qu'un Bubblee ? Il s'agit d'un petit être vivant dans une bulle (bubble en Anglais). Cette bulle flotte dans le ciel et, comme toutes les bulles, finit par tomber sur terre. Elle a la particularité de pouvoir éclater (pop) lorsqu'elle est en compagnie de ses copines ! Ceci est pour la présentation "poétique" du jeu, qui est tout simplement un prétexte pour taquiner ses adversaires et faire déjouer leurs plans !

Bubble Pop repose sur une mécanique très simple, à la croisée des chemins entre Tetris, Puissance 4 et Candy Crush. Pour se faire, il faut sélectionner et faire tomber deux bubblees sur sa planètes. Quand au moins 3 bubblees de la même couleur sont alignés, ils disparaissent et sont comptabilisés dans notre camp. On peut alors déclencher le pouvoir associés, bien que cela reste une action facultative. Il est également possible de réaliser des combos ! L'objectif final étant d'avoir le plus de bublees en sa possession ou de bloquer son adversaire (si ce lui-ci remplit complètement son tableau). Car ici, on ne joue pas contre la machine, mais bel et bien contre un adversaire (souvent aussi sournois que nous) ! C'est ce qui ajoute le piquant au jeu, tout en rendant la défaite très frustrante, et donne l'envie de jouer des revanches jusqu'à ce que mort s'en suive. Une partie dure entre 15 minutes (version en ligne) et 30 minutes (version plateau).

Plateau Bubblee Pop

Déroulé d'une partie :

  • (Optionnel) Joueur 1 sélectionne deux bubblees adjacents (horizontal ou vertical) dans le ciel et les intervertit
  • Joueur 1 sélectionne deux bubblees adjacents (horizontal ou vertical) dans le ciel et les fait tomber sur sa planète
  • Si au moins 3 bubblees de la même couleurs sont adjacents (horizontal ou vertical), ils disparaissent et le joueur 1 peut utiliser le pouvoir associé (optionnel)
  • Le joueur 2 remplit les cases du ciel laissées vides en piochant au hasard des bubblees dans le sac (un par un)
  • Le joueur 2 reprend à l'étape 1

La partie se termine quand il n'y a plus suffisamment de bubblees dans le sac pour remplir le ciel ou que l'un des deux joueurs n'a plus de case disponible sur sa planète quand il fait tomber (ou reçoit) un bubblee.

Les pouvoirs disponibles sont :

  • Rouge : inverser deux bubblees adjacents sur la planète adverse
  • Vert : inverser deux bubblees adjacents sur sa planète
  • Bleu : faire tomber un bubblee du ciel sur la planète adverse
  • Jaune : Supprimer un bubblee en haut d'une colonne de sa planète
  • Violet : Envoyer un bubblee en haut d'une colonne de sa planète sur la planète adverse (même colonne)
  • Noir : Ils ne servent à rien si ce n'est à bloquer l'adversaire et ne sont pas éliminés quand on en aligne 3 ou plus

Et avec l'extension :

  • Blanc : Ajouter un boulet (noir) au bas d'une colonne de la planète adverse
  • Orange : Supprimer un bubblee en haut d'une colonne de sa planète OU de la planète adverse et le remettre dans le sac

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la chance ne fait pas tout dans ce jeu ! Il y a une vraie part de stratégie dans le choix des mouvements et la construction de son plateau. Bien que sorti en 2016, il fait partie des jeux indémodables que l'on peut emporter partout en voyage ou chez des amis grâce à son format réduit et sa mécanique simple. L'autre gros avantage est que l'on peut y jouer à deux (ou en solo !), ce qui n'est pas fréquent pour un jeu de société. L'inconvénient est que l'on ne peut y jouer qu'en duel, mais la simplicité des règles (et la part de chance) permet de défier les enfants à partir de 6 ans (même si c'est tricher...).

Pour les personnes qui n'ont pas d'amis à portée ou que ceux-ci en ont marre de perdre face à vous ou qui veulent faire une petite pause vidéoludique, il existe la plateforme en ligne Board Game Arena (BGA) qui propose pas moins de 548 jeux de cartes et plateaux allant des classiques (échecs, tarot...) jusqu'aux jeux très récents (dont Bubblee Pop !). On peut y accéder gratuitement (après inscription) avec la possibilité de souscrire à un abonnement (2,5€/mois) pour lever certaines restrictions. La plateforme, victime de son succès, vient d'ailleurs de se faire racheter par Asmodee en 2021, elle même filiale du géant Suédois Embracer Group. Le petit plus sympathique de BGA est de pouvoir jouer avec des personnes du monde entier !

Histoire de sport

Monday, 31 October 2022
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Écrit par
Grégory Soutadé

Samedi soir, 22h30, l'alcool faisant son effet, les voisins braillent près de leur fenêtre. Nous sommes en automne heureusement, les fenêtres sont fermées. Malheureusement le bruit n'est pas complètement filtré. Pas très fort, mais je suis dans la phase critique d'endormissement. Si cela ne s'arrête pas d'ici 30 minutes, il faudra beaucoup de temps pour trouver le sommeil. Vers minuit le calme revient, énervé, il va se passer encore une petite heure avant de rejoindre Morphée. Pourquoi ce soir après des semaines de calme ? Pourquoi la veille de la plus grosse échéance de l'année ? La nuit n'a pas été très bonne, il a fait chaud (24°C en pic fin octobre !), je suis sorti plusieurs fois de mon sommeil. Déjà alerte, le réveil programmé à 6h45 n'aura pas le temps de se déclencher. Petite pesée matinale, simple curiosité. La balance affiche sournoisement un 66,6kg (ramené à 65,7kg en seconde pesée), j'ai pris un peu de poids... pas terrible. C'est au tour du chat de miauler frénétiquement. Peu enclin à lutter, il sortira plus tôt aujourd'hui. Le déjeuner se passe bien, j'avais tout préparé la veille. J'enfile mon t-shirt (édition 2018) et mon short. Au moment de serrer le nœud, celui-ci se déchire sur presque 10cm au niveau du cordon. On fera avec... Arrivée à Cannes vers 8h15, la circulation est fluide le dimanche matin, même au niveau du marché de Rocheville. Par chance la plupart des feux étaient au vert. Le ciel est voilé, il fait "chaud" (19°C/20°C), le vent est légèrement perceptible. Les conditions, sans être optimales, sont bonnes. Après avoir été fouillé, direction le stand pour récupérer le dossard. Les enceintes gueulent de partout, pas très agréable. Ah, il faut le bon de convocation. Je ne l'ai pas ... mais j'ai ma carte d'identité, changement de file. La personne en charge des demandes "spéciales" court partout, elle n'est pas très organisée. Finalement, je récupère la convocation sur mon téléphone, re changement de file. Dossard introuvable ! Je ne sais pas qui a buggué, le lien de téléchargement me renvoie la convocation de l'année dernière !!! Re re changement de file, départ dans moins de 15 minutes. C'est l'heure de prendre une barre et de commencer l'échauffement, tant pis pour l'échauffement. J'hésite à aller directement me ré inscrire, mais je n'ai pas mon certificat médical sur moi. Finalement je suis bien sur la liste, dossard 1041. Re re re changement de file pour récupérer mon sésame. Je le poinçonne moins délicatement qu'à l'habitude, pas le temps. Où est la consigne ? Il n'y en a pas me répond un bénévole, "vous devrez courir avec votre sac" ... (mais bien sûr !). Après plusieurs tractations infructueuses, le stand de l'AC Cannes accepte très gentiment que je le dépose (un grand merci à eux), il sera sans surveillance. Tant pis ! Il ne reste que 5 minutes avant le départ, échauffement express. Les 520 participants sont en train de se placer. Pas question de partir derrière, je me faufile jusqu'aux premiers rangs. Tiens, un collègue du travail ! On discute un peu, je commence à avoir soif. Il vise à peu près le même temps que moi (même si ça reste une course d'entraînement pour le semi de la semaine prochaine), chouet on va avoir mutuellement un point de repère. Le départ est donné à 9h pétante. Je m'élance un peu vite, histoire de se placer, avant de rapidement redescendre à mon rythme. Arf, je sens la barre qui flotte dans mon estomac, elle n'y restera pas très longtemps. Un train arrive en gare de Cannes, il actionne son klaxon en signe d'encouragement. Les 4 premiers kilomètres se passent sans difficulté malgré le tempo élevé. Vers les 4,5km/5km ça commence à devenir difficile, surtout au niveau du cardio. 5km : j'ai désormais 10 secondes d'avance sur le temps que je m'étais fixé. J'en avais espéré 20 à 25 afin d'absorber le probable ralentissement de la fin de course. Kilomètres 5, 6 et 7, j'oscille entre 7 et 9 secondes d'avance. C'est la partie la plus difficile, le cardio est à 100%, les jambes demandent à ralentir. Il ne faut surtout pas lâcher, il faut garder le rythme, "le rythme, le rythme". Je ne peux pas défaillir maintenant, pas après 1 an de préparation, pas après tous ces efforts, il faut tenir, au moins jusqu'au kilomètre 8. Je m'accroche au regard des coureurs sur la voie opposée pour me changer les idées. Mais jamais il arrive ce kilomètre 8 ??? C'est interminable, il fait chaud, les jambes sont molles, il faut vraiment se forcer pour les tirer. Je vois au loin les immeubles, la ligne d'arrivée est proche. Finalement, c'est le point de repère du kilomètre 8, enfin ! Plus que 9 minutes de course, il faut tenir encore un peu, j'ai un matelas suffisant pour y arriver. J'attends avec impatiente le point de bascule en légère descente du kilomètre 9. Je dépasse la 5e féminine. Il y a un concurrent avec 20m/30m d'avance, je suis sûr que je peux le doubler avant la fin. Le groupe qui était devant lui a déjà commencé à accélérer, je ne les reverrai plus. Ça y est, il y a le petit bâtiment de la SNCF, légère descente, on est au kilomètre 9. J'ai réussi à doubler mon vis-à-vis. Coup d'œil sur la montre, encore 8 secondes d'avance, hourra, sauf accident, je vais atteindre mon objectif ! Dernier kilomètre dans la zone rouge, 4'13 de sprint avec uniquement la ligne d'arrivée en point de mire. Je voulais absorber un maximum de temps pour passer officiellement sous la barre des 45'. La montre affiche un léger décalage à l'arrivée, je la bloque à 9,99km, la réactive et la désactive de nouveau pour être sûr qu'elle enregistre bien un 10km, cela fausse un peu les stats. Pas grave, j'ai de la marge. Je comate légèrement penché sur la barrière en essayant de retrouver mon souffle. Le suivant me double, il a 7 secondes de retard. Mon collègue n'était pas préparé spécifiquement pour le 10km et a un peu lâché aux 6km, mais il arrive quand même moins de 2 minutes plus tard. On discute un peu, je récupère mon sac (encore merci), c'est l'heure de rentrer. On ne peut pas sortir par l'entrée (!!!), il faut donc faire le tour. Au passage, je croise David Lisnard qui vient pour la remise des récompenses. Il n'a pas participé cette année (pourtant le marathon est dans une semaine). Un petit salut et direction le parking. Il faut monter deux étages, j'ai des crampes ! Obligé de m'arrêter pour ventiler. Le retour se fera sans encombres, ce qui était loin d'être gagné vu tous les signes négatifs envoyés.

C'est dans la nature de l'Homme d'en vouloir toujours plus : plus de richesses, plus de pouvoir, plus de biens, plus de terres, être plus fort, aller plus loin, plus vite. Je confesse ne pas y échapper : mon objectif était de réaliser moins de 45' sur 10km. Mais finalement, à quoi ça sert de vouloir aller toujours plus vite ? Et bien, ça ne sert à rien ! Pour la vie de tous les jours, Il n'y a aucune utilité à courir aussi rapidement une distance relativement courte. D'autant plus qu'il faut des conditions et un équipement particulier. Pourtant, ce qui est important n'est pas tant le but que le chemin parcouru. Il y a quatre ans (en 2018), j'ai pris conscience que cette barre des 45' était atteignable. Jusqu'alors je l'avais dans un coin de la tête sans vraiment y prêter attention car j'en étais habituellement assez loin. Ce jour là, j'échouais pour 25 secondes... L'année suivante, trop tendu, je me suis bloqué le dos les jours précédents (problème de sciatique). Puis, le confinement fut déclaré pour l'édition 2020. Dans la foulée je me faisais une grosse entorse de la cheville. Ce fut clairement un tournant, positif pour certains aspects. J'ai dû en effet revoir mes plans d'entraînement et réduire la voilure sur la partie "trail" : plus de plat et de cardio (pour la rééducation). La préparation courte et les conditions moyennes de course (vent fort) ont rendu l'édition 2021 très agréable car aucune pression de résultat. Avec ce retour d'expérience, j'ai ré orienté ma préparation estivale 2022 uniquement pour Odyssea, avec une intensification en septembre/octobre, notamment en mettant (temporairement) de côté le tag. C'est donc tout ce travail, ces petits sacrifices hebdomadaires (surtout les jours où on n'a clairement pas envie) qui ont payé le jour J. Ce qui rend la performance encore plus remarquable est le fait que j'étais dans l'incertitude avant le départ car je n'ai jamais tenu cette cadence. Selon mon plan, j'estimais que si j'arrivais à boucler un 10km sur mon circuit d’entraînement (plat/terre battue) avec une allure moyenne comprise entre 4'45 et 4'40, je devrais pouvoir réaliser 4'30 sur goudron. Avec un 4'38, puis un 4'36 une semaine avant Odyssea, je savais que j'étais sur la bonne trajectoire. Mais encore fallait-il confirmer ! D'autant plus qu'il n'y a qu'une édition par an et qu'avec les années, ma capacité à aller vite va diminuer. C'est un petit peu la même chose pour nos agriculteurs qui travaillent toute l'année et dont les récoltes peuvent être détruites en quelques heures. La recherche de performance implique une capacité de travail, de sacrifices, la nécessité de surveiller son alimentation (sans forcement s'imposer des privations), d'avoir une bonne hygiène de vie tout au long de l'année, d'arriver à dépasser ses limites. Le plus pénible étant l'endurance face à la souffrance : en prenant le départ, on sait que ça va être difficile, qu'il faudra être à 100% de son effort jusqu'à la fin. On pourrait faire un parallèle avec la vie : être capable de traverser les tempêtes en courbant le dos et en sortir plus fort. Travailler dur pour atteindre ses objectifs. Parallèle qui atteint vite ses limites. Le sport reste une activité physique et le physique est quelque chose de très rationnel. En suivant un plan d’entraînement adéquat, on peut atteindre beaucoup d'objectifs. Particulièrement dans la course à pied qui est un sport sans intelligence (mais qui permet de gagner du physique). Sans pratiquer, on n'imagine pas à quel point il est possible d'arriver loin dans les performances avec du travail, à quel point notre corps regorge de ressources cachées. La vie quant à elle recèle de beaucoup plus d'impondérables, de plafonds de verre et de situations difficiles à gérer. C'est une source de motivation que j'utilise particulièrement sur Odyssea : quand le cardio est à fond, que les jambes ont du mal à maintenir le rythme imposé par la tête, le corps est en souffrance. Pourtant, cette souffrance est bien dérisoire face à une chimio. Pour moi, ce sera terminé dans 20', dans 9', dans 5', pas dans 2/3/6/9 mois de traitement, et sans risque de rechute... Le sport aide à maintenir son corps en bon forme physique et permet de réduire les affections médicales (c'est ce que je ressens en tout cas), surtout dans un monde sédentaire. Il fait partie intégrante d'un équilibre de vie, nécessaire même. Sortir, se changer les idées, respirer, être dans la nature, apprendre à écouter et connaître son corps. Le côté obscur étant qu'il devient addictif quand on acquiert un niveau correct, ce qui nous pousse à se donner des objectifs toujours plus importants. C'est pourquoi il ne faut pas oublier que les sacrifices concédés (particulièrement à l'approche des compétitions) se font en général au détriment de l'entourage proche. Il faut donc veiller à trouver le bon équilibre entre recherche de performance et vie sociale.

Dernier gif les joies du code Quand j'exécute un script sans savoir ce qu'il fait