Sunday, 25 April 2021
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Écrit par
Grégory Soutadé

Foulée

Il y a 6 mois, je me faisais une grave entorse de la cheville lors d'un entraînement : rupture du ligament talo-fibulaire et rupture partielle du ligament calcanéo-fibulaire. Cela signifiait arrêt total suivi d'une ré éducation, donc j'allais perdre en cardio et en masse musculaire. Malgré certaines séquelles qui resteront à vie, j'ai pris cet événement avec philosophie. Je trouvais que perdre un petit peu d'intensité et devoir travailler de nouveau pour revenir au même niveau était un challenge intéressant.

Vendredi dernier, sortie prévue de 10km à allure intense. C'est la première fois depuis 6 mois que je passe la barre des 12km/h de moyenne sur cette distance, ce qui fait que je me rapproche de mon niveau pré accident. Pour arriver à ce résultat, j'ai dû cravacher pendant toute la sortie, être entre 90% et 100% de mes capacités durant 9km et à plus de 100% dans le dernier kilomètre, j'ai dû forcer ma respiration au maximum pendant 50 minutes afin d'oxygéner les muscles. J'ai dû m'encourager mentalement pour ne rien lâcher jusqu'à la fin en essayant de tenir à chaque fois au moins 1km de plus. Le tout en restant concentré sur le parcours afin d'éviter les diverses racines et cailloux. Le parcours étant plat, je savais que je n'aurai pas de variations de rythme (qui mettent une pression importante sur le cœur) et donc que je pouvais me permettre d'être à fond jusqu'au bout et non dans la gestion.

À l'arrivée, j'ai mis plus de 10 minutes pour récupérer. Sur le chemin du retour j'avais des fourmis dans les jambes car le cœur avait encore du mal à tout alimenter. Bref, je suis allé au-delà de mes limites et c'est pour ce genre de sortie que j'aime courir, ou plutôt que je suis drogué à la course. Car une fois l'effort terminé, le corps sécrète plus ou moins rapidement des endorphines (hormones de la récompense), ce qui provoque un état de bien être. Mais pour arriver dans cet état, il faut être capable maintenir un effort physique intense pendant une durée suffisamment longue. Parfois ces décharges endorphiniques interviennent pendant l'effort, ce qui est assez magique puisqu'il n'y a plus aucune sensation de douleur ou d'essoufflement pendant 10/20 secondes.

Ce genre de sensation est quelque chose que les gens qui ne font pas ou peu de sport ne peuvent pas comprendre car quand on est débutant, lors d'un effort, on va rapidement passer d'un état de souffrance à un état de douleur et donc stopper rapidement (on arrive trop vite à ses limites). Mais avec de l'entraînement, cette sensation de douleur va être repoussée dans le temps et l'intensité. Il ne reste donc qu'une sorte de "souffrance" qui peut être surpassée par la volonté.

Il faut toutefois avouer que le sport est une activité chronophage et énergivore. Plus de 50% du temps il s'agira de faire du maintien et/ou du renforcement sans forcément entrer dans ces états de "transe". Ce sont également des moments où on aimerait faire autre chose, être ailleurs, mais il faut quand même "bosser".

Un point contre intuitif est le fait que plus on en demande à son corps, plus il nous en donne. Certes, il faut mesurer ces paroles, mais on se met souvent des limites psychologiques en terme de volume de travail. En poussant un peu plus la machine, on remarque que celle-ci répond plutôt bien et même de mieux en mieux avec le temps. Le sport est aussi un révélateur de notre structure corporelle. Si pour une raison ou une autre on a une mauvaise position (lié au travail notamment) ou quelque chose qui n'est pas bien aligné/conçu (alignement du dos, souffle au cœur...), le fait de le faire travailler va faire ressortir des douleurs. Ce n'est pas grave en soit, mais il est important de les soigner, la douleur est un bon indicateur. La douleur est d'ailleurs un facteur qu'il faut savoir maîtriser : savoir l'ignorer à bon escient (le temps que les muscles se chauffent par exemple) et savoir l'écouter quand cela est nécessaire pour éviter de tout casser. Il est donc important de pratiquer dans de bonnes conditions. Malheureusement il n'est pas toujours évident de déceler certains signaux d'alertes quand on est la tête dans le guidon avec un objectif en tête...

D'une manière plus générale, la balance avantages/inconvénients et quand même largement bénéficiaire. Personnellement, ce sont des moments "loin" du monde pendant lesquels je peut évoluer en pleine nature : respirer à pleins poumons, sentir les différentes fleurs, prendre le soleil, être au calme, ne penser à rien d'autre qu'au chemin à parcourir. Moments pendant lesquels je dialogue avec mon corps (savoir en permanence l'état des muscles, le niveau d'effort du cœur, être concentré sur la respiration). Cela permet également de booster le système immunitaire, de générer de la bonne fatigue. Mais aussi avoir la satisfaction de faire toujours mieux (merci les montres GPS qui permettent de suivre sa progression et de se motiver à poursuivre). Et même si la course à pied peut paraître rébarbative en soit (ce qui n'est pas complètement faux), elle permet d'accéder à une meilleure condition physique afin d'être plus à l'aise dans des sports plus ludiques et donc d'y prendre plus de plaisir !

Sunday, 11 April 2021
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Écrit par
Grégory Soutadé

Logo Wings for Life

Wings for Life est une course au format intéressant. Depuis 2014, elle propose de courir contre une ... voiture ! C'est le principe du chasseur et de la proie. Le coureur incarnant la proie, il possède 30 minutes d'avance avant que la voiture ne démarre. La course s'arrête quand le voiture arrive à son niveau (sans l'écraser !). Il n'y a donc ni ligne de départ, ni ligne d'arrivée. De plus la course se déroule en simultanée au niveau mondial.

Cette année le départ sera donné le dimanche 9 mai 2021 à 11h UTC (13h heure française).

Au delà du format, la totalité des frais d'inscription (20€) sont reversés à l'association éponyme Wings for Life, créée par le double champion du monde de motocross Heinz Kinigadner et le fondateur de Red Bull Dietrich Mateschitz, dont le but est de financer la recherche concernant les lésions de la moelle épinière et la paraplégie.

Certains points de rencontre organisés localement ont prévus un parcours de 100km et une vraie voiture qui fait la course, mais pour la plupart des personnes il faudra télécharger une application sur son téléphone. Les organisateurs mettent également à disposition un calculateur d'objectif en temps, distance ou allure. Quant à la "catch car", elle démarre à une vitesse de 14km/h et augmente de 1km/h toutes les 30 minutes jusqu'à 18km/h, puis passe à 22km/h et 26km/h. Le record absolu étant détenu depuis l'année dernière par le britannique Michael Taylor avec une distance de 69.92km ! Ce qui nous fait la jolie moyenne de 3'36 (16,6km/h) pendant 4h12 !

Personnellement, l'utilisation du téléphone pendant la course me rebute un peu, à voir !

Sunday, 21 March 2021
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Écrit par
Grégory Soutadé

Magazine 180°C

Une belle découverte que ce magazine 180°C. Avec l'engouement de ces dernières années pour la gastronomie, il n'est pas aisé de trouver parmi l'offre de presse plutôt imposante. C'est pourquoi 180°C offre un positionnement original axé culture food. Ainsi, il n'est pas composé seulement de recettes, mais également de reportages autour des hommes et des femmes qui font la gastronomie, du producteur jusqu'au chef étoilé. Le tout avec un soucis poussé de l'esthétique.

Magazine 180°C

Côté recettes, il y en a pour tous les goûts : des recettes de grand-mère, d'autres plus élaborées ainsi que des recettes de grands chefs. Chacune d'entre elle est gratifiée d'une (ou plusieurs) belle mise en scène. On en trouve 42 dans le numéro #22 (hiver 2020/2021), entrecoupées de reportages et de dissertations. Au moins un grand chef est mis à l'honneur à chaque fois.

Magazine 180°C

Côté prix, chaque ouvrage est à 21€. Étrangement la version numérique est à 28€... Cela peut paraître cher par rapport à la concurrence, mais ici le format est particulier : il s'agit d'un pavé de 192 pages au format A4 avec une très bonne qualité d'impression, qui paraît chaque trimestre sans un seul contenu publicitaire. Seul petit reproche : la couverture n'étant pas cartonnée, les premières pages ont tendances à se corner rapidement (il faut prévoir également un peu de place pour le stockage). De plus, je ne sais pas à combien est le tirage, mais il n'est pas forcément aisé de le trouver en librairie (il est disponible via Relay et Fnac apparemment, sinon commande en ligne).

Magazine 180°C

Alors que 180°C est édité depuis 8 ans (avril 2013), il a donné naissance en 2016 à son petit frère 12,5° dans le même état d'esprit (9 numéros actuellement). À peine plus léger que son aîné avec ses 176 pages, il est dédié au vin et aux viticulteurs.

Sunday, 14 March 2021
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Écrit par
Grégory Soutadé

Logo gPass

Petit rappel : gPass est un gestionnaire de mot de passes en ligne. C'est une alternative libre à lastpass. Il permet d'héberger un serveur de mot de passe, qui stockera un mot de passe fort et unique pour chaque site web. Les mots de passes sont chiffrés par une "clé maître" que seul l'utilisateur connaît et sont remplacés à la volée dans le formulaire d'authentification.

Une nouvelle version (mineure) de gPass est en ligne. On y retrouve une correction de bug concernant le passage de l'icône du popup à actif (vert). L'icône s'active désormais seulement si un nom d'utilisateur est présent. Cette version apporte également évolutions intéressantes :

  • La possibilité de désactiver gPass pour tous les sites webs (via le menu ou les options). Ainsi, il n'y aura plus de hook installé dans les formulaires, mais l'on pourra toujours accéder à l'extension via le popup
  • Une case à cocher dans le popup pour envoyer le mot de passe dans le presse papier. C'était un comportement déjà implémenté avec le raccourcis "@_", mais cette fois il est plus explicite
  • Via les options, il est possible de choisir de toujours cocher la case du presse papier (comportement le plus sécurisé)

Les addons sont disponibles ici (firefox) et (Chrome). La partie serveur est à télécharger sur la page du projet.

Sunday, 07 March 2021
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Écrit par
Grégory Soutadé

Logo groupe Outrage

C'était il y a quelques temps, l'envie de ré écouter certains "vieux" titres pour faire tourner un peu ma playlist. Direction le dossier Muska-D, un super groupe de ska (local) au destin éphémère. Mais pas que, puisque les deux derniers titres appartiennent à la formation Outrage. Ce sont deux extraits (album Le souffle des fous de 2002) glanés il y a plus de 10 ans sur la toile (je me demande d'ailleurs comment ils ont pu atterrir là). Bref, curiosité oblige, je me lance dans une petite recherche pour avoir des nouvelles (Outrage étant quasiment inconnu pour moi), il faut dire qu'Internet a une très bonne mémoire. Quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre qu'ils sont encore actifs ! Ce n'est donc pas un, mais bel et bien sept albums à se mettre dans les ouïes !

Outrage quésako ? C'est avant tout une bande de sept potes originaires du Mans. Le groupe s'est un peu étoffé au cours des années, tout en conservant un noyau dur, mais leur création remonte à 1996 ! Ils vont donc fêter leur 25 ans avec un album qui devrait paraître prochainement. Même s'ils ont joué en première partie de poids lourds comme Ska-P Shakaponk ou encore Les ogres de barback, tournés régulièrement (la scène, c'est la vie), la bande reste assez confidentielle (c'est peut-être la clé de leur longévité). Ce statut d'amateurs est d'ailleurs un choix de leur part afin que la musique ne soit qu'un plaisir. Le style ? un mélange de ska (cuivrailles), punk, rock selon l'envie, le tout en Français. Les textes sont très marqués politiquement, ce qui peut ne pas plaire à tout le monde. Un de leur (petit) défaut est de perdre en musicalité quand ils abordent ces sujets. Toute leur œuvre est disponible sur la plateforme bandccamp.

2000 - 2013

Chaque album apporte un univers musical propre. Le premier (mini) album Persévérer (2000) avec seulement 5 titres est très ska. Sans révolutionner le genre, il est plutôt agréable à l'oreille. Vient ensuite Le souffle des fous (2002) un peu moins pêchu, un peu plus politique. Trois ans plus tard Irrécupérable (2005) nous plonge dans un univers un peu plus fantasque, une belle réussite en soit. Réglés comme des métronomes, Outrage sort le suivant en 2008, Court circuit va plus tirer sur un rock, moins cuivré, plus dur à l'oreille. Puis un OANI parait avec Rhyzom (2011). Les cuivres ont pratiquement disparus pour laisser la place au clavier, il s'agit d'un album un peu plus expérimental. Avec un an d'avance arrive Eldorado Pagaille (2013). La première partie renoue avec un ska festif avant de sombrer dans une dérive politique, plus sombre.

Villa Rotenburg (2017)

Pochette Villa Rotenburg

Parmi les sept (et bientôt huit) albums existants, j'ai vraiment eu le coup de cœur pour Villa Rotenburg. Comme narré ça et là, les racines de l’œuvre se trouvent en Allemagne, à Rotenburg (au nord, près de Hambourg). Les comparses sont perdus dans une ancienne banlieue industrielle, au milieu de maisons identiques, alors qu'ils cherchaient la salle dans laquelle ils étaient sensé se produire le soir. En réalité, la fameuse "salle" était un squat dans le sous-sol d'une de ces villas. Squat auto géré par une bande multiculturelle (principalement venue d'Europe). Le concert, l'avant, l'après ont tellement marqué les membres qu'ils ont décidé de reprendre des chansons de toute l'Europe en les arrangeant à leur sauce ska/punk. Au final ? Un petit bijou du genre. Le septuor enchaîne les titres à la fois festifs et dynamiques avec des parties dans plus de neuf langues différentes. Un bel hymne à l'idéal Européen (un brin extrême gauche quand même). À écouter à fond quand on un petit coup de mou !

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