La passion du coquelicot
Tuesday, 24 July 2012
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Écrit par
Grégory Soutadé

Sorti de la boîte à souvenirs, dormait aux côtés du soleil et de la nuit, un petit poème depuis longtemps écrit. Son père, si fou, si froid, si loin, l'avait trouvé au détour d'une promenade. Un retour mouvementé, mais au combien enrichissant, un beau dimanche de printemps. N'ayant pas de mère, le petit ne s'est pourtant jamais trouvé seul. Il a grandi, vécu, au milieu de ses frères et sœurs. Le temps passa ... Un jour, il n'y eut plus de nuits, une nuit, il n'y eut plus de jours. Le cocon qui s'était formé autour de lui le préserva bien au chaud, jusqu'à ce qu'un jour, peut être, il s'éveillerait à nouveau. Un asticot devenu papillon qui soudain s'envole, libéré, libre, prompt à extraire l'essence du coquelicot pour en créer un nectar délicieux.

En ce jour saint, et peut être contre son grès, il sera un dernier cadeau. Une dédicace pour une lectrice de longue date, assidue comme pas deux. Un petit cadeau que l'on ne pourra jeter, si ce n'est dans les abysses du souvenir. Après tout, elle le mérite ! J'aurais préféré de la calligraphie, tant pis, il sortira brut.

 

Le coquelicot de ta bouche,
Pulpeux, délicieusement farouche,
Me susurre d'une voix mielleuse
Des idées tendancieuses.

Épanoui dans ton sein,
Je sens la passion vibrer
Jusque dans le creux de tes reins.
Comme un pétale qui n'aurait su s'accrocher,

Pliant sous le poids de l'opium,
Que tes lèvres sans cesse me donnent.
Et fait entrer dans ton royaume
Ce flot continue auquel tu t'abandonnes.

Soudain, serpente le long de ton cou,
Un filet de sang écarlate.
De ta langue j'ai mordu le bout,
C'est fini, je m'écarte.

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