Politique
Monday, 28 August 2017
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Écrit par
Grégory Soutadé

Graphique barre du jour du dépassement depuis 1969

La nouvelle est tombée ce mois-ci ! Depuis le temps que l'on nous en parle, ce n'est plus une surprise : la consommation des ressources naturelles a dépassé ce que la terre pouvait à la fois produire et absorber (en terme de pollution) pour une année entière. Sur ce sujet, Le Monde a écrit un article comportant des infographies fort intéressantes (qui sont reprises ici) tirées du Global Footprint Network, responsable de l'étude en question.

À défaut d'être complètement exact, cet indicateur nous donne une idée de l'impact réel de notre activité vis-à-vis de la belle bleue. La première information importante étant que cette fameuse date de dépassement avance régulièrement depuis les années 70, signe de l'expansion croissante de l'activité humaine. Il est d'ailleurs amusant de noter que cette courbe s'est (légèrement) infléchie durant chaque chocs pétroliers/crise financière (1973, 1979, 2008) et guerre (balkans, golf). On pourra également noter que le Global Footprint Network n'a été crée qu'en 2003. Si on ajoute le fait que plus on remonte dans le temps, plus les métriques sont imprécises car moins d'informations, moins de relevés, la pente de la courbe peut ne pas être exacte à 100% (l'ampleur des dégâts pourrait être en réalité encore pire).

 Woodstock est mort

Soit, que s'est-il passé depuis les années 70 ? Tout d'abord, la population mondiale a doublé (passant de 3,7 milliards à 7,3 milliards d'individus). Si on ne compte que les 11 pays les plus consommateurs de ressources, la croissance a été de 39% (716,14 millions à 995,85 millions). Les années 80 marquent le début de l'ère technologique : on assiste à la démocratisation de la micro informatique. C'est également le début de la miniaturisation (avancée) des machines. Virage politique majeur avec l'ouverture du marché chinois, puis, en 89, la chute du mur de Berlin qui marque la fin de l'isolation du bloc soviétique. Les années 90 voient la démocratisation d'Internet et de l'électronique grand public. Autant d'éléments qui ont exacerbés les échanges technologiques, économiques et politiques entre les nations, contribuant à la création d'un cercle technologique et scientifique vertueux sans précédent dans l'histoire de l'évolution.

Aujourd'hui, on sait "tout" faire, dans le sens où, pour la plupart des besoins primaires humains, les barrières technologiques n'existent quasiment plus. Pourtant, utilise-t-on ce savoir à des fins utiles ? Toujours dans les années 70 avec le début de la mondialisation de l'économie, est apparu le concept de consommation de masse. Produire, oui, mais produire plus. Le niveau moyen des pays riches s'est élevé en profitant de l'essor d'après guerre. L'industrie, mécanisée, est désormais capable d'adresser un marché toujours plus grand tout en réduisant les coûts de fabrication. C'est également l'introduction du modèle du "consommable" : une fois le produit utilisé ou arrivé à expiration (avec une notion marketing qui pousse vers la nouveauté et/ou le renouvellement), on jette et on achète du neuf. Les matières plastiques remplacent désormais ces anciens matériaux rustiques, certes solides, mais qui nécessitent de l'entretien. Le nouveau millénaire est marqué par un phénomène de saturation du marché (dans les pays riches). Pourtant, le consommateur est toujours plus avide de produits et concepts nouveaux (souvent high-tech). Les pays émergents commencent à émerger, avec un fort potentiel de leur marché intérieur. Quand cette richesse nouvelle ne déclenche pas des guerres civiles sur fond de corruption des hauts dirigeants, cette classe moyenne, en devenir, souhaite acquérir le confort Américano-Européen.

Étant né dans les années 80, j'ai pu pleinement profiter de la magie de ce nouveau monde. Pendant ces trois décennies, je n'ai pas pollué une seule fois ! Non, je me suis contenté de vivre comme les personnes de ma génération en usant des avantages et facilités que j'avais à ma disposition. De là vient le coeur du problème. Jusqu'à récemment, nous n'avions que peu conscience de l'impact de notre mode de vie et des limites de notre planète en terme de ressources naturelles. Quand j'étais gosse, les Américains (en avance) parlaient déjà de quelque chose comme le "global warming", ça n'avait pas beaucoup d'intérêt. Je me souviens encore de notre professeur de physique/chimie en 5e qui recyclait les feuilles de papier usagées en brouillon. Nous la regardions avec de grands yeux en pensant cette pratique inutile. Ou encore, une dizaine d'années plus tard (~2008/2009) quand on nous expliquait que désormais, si une entreprise n'était pas "verte", elle ne pourrait pas conquérir des parts de marché, ridicule. La suppression des sacs plastiques à la caisse des grandes surfaces, quelle hérésie !!

Aujourd'hui encore, mis à part les activités qui sont expressément polluantes, nous ne faisons pas l'effort de nous questionner vis-à-vis de notre acte de consommation quotidien. La société nous offre la possibilité d'acheter tel ou tel produit, d'utiliser tel ou tel service, alors pourquoi s'en priver ? Surtout quand son prix est abordable. En réalité, chaque produit nécessite le prélèvement et la transformation de ressources qui seront définitivement perdues. Ajouté à cela, toute la chaîne de transport (différentes matières premières, grossistes, détaillants). Bien sûr, certaines ressources sont renouvelables (papier, carton, amidon, coton...). Ces même ressources sont souvent recyclables. Néanmoins, le recyclage implique une perte de matière première (il faut X bouteilles usagées pour en recréer une seule), un coût de transport et un coût de recyclage (tri, lavage, traitement mécanique et chimique). Tout le reste est perdu. En ce qui concerne les biens de consommation courante, on produit incessamment la même chose pour avoir du neuf, quitte à recycler pour refaire un tour. Il n'y a pas de lien direct entre le fabricant et le consommateur permettant d'imaginer un système de retours de contenants ré utilisables par exemple.

En réalité, il y a un réel intérêt d'acheter des produits de bonne qualité (de préférence réparables et évolutifs), car, même si le coût initial est plus important, on y gagne sur le long terme. Hors, le marché est inondé de produits de mauvaise qualité, de contrefaçons, des coquilles plastiques vides qui font croire à tout-un-chacun qu'il s'offre quelque chose de beau et prestigieux (c'est lisse, ça brille), alors que ce dernier achat finira à la poubelle quelques semaines plus tard et sera remplacé sans scrupule par un produit de tout aussi mauvaise qualité. Ces gadgets, la plupart du temps inutiles, se retrouvent parfois transporté de vide-greniers en vide-greniers dans l'espoir vain de trouver un acquéreur. Voilà des dizaines d'années que nous baignons dans cette mode du consommable.

Cette normalité de sur-consommation est étroitement lié au mode de vie urbain. Sur les 66,62 millions de nos compatriotes, 15,93 millions habitent dans les 10 plus grandes villes (dont 12,48 millions pour la seule aire urbaine Parisienne) soit 24% de la population. La moitié logent dans une ville de plus de 30 000 habitants et 75% en zone urbaine. Hors, ce sont dans ces zones urbaines que s'établissent les règles de consommation de notre société, les modes et les usages créés artificiellement. La plupart des gens sont issus de ces aires urbaines et n'ont pas connaissance d'autre mode de vie. Difficile dans cette jungle de béton et d'acier de se rendre compte de son propre impact, difficile également d'envisager des alternatives quand on ne nous en propose pas. Car le marketing des industriels y a une position forte (magasins, publicité, cafés, bars, restaurants, entreprises) et souhaite à tout prix la conserver, pour "notre confort". Ils rivalisent d'ingéniosité afin de créer le "déclic de l'achat" par tout un tas de facilités de paiement, de pseudo avantages, de récompense à la fidélité... Difficile également de se rendre compte du niveau de pollution ambiant quand on reste dans cette bulle. Alors qu'il suffit d'en sortir pour voir le contraste avec l'extérieur. Cet extérieur qui souffre pourtant du manque d'activité économique, ce qui pousse au rassemblement.

 Le trou magique

Louis Pasteur, Ernest Duschene, Alexander Flemming, Eugène Poubelle, Carl Wilhelm Scheele, Humphry Davy, John Harington. Autant de grands noms qui ont participé à la compréhension et l'élaboration des règles d'hygiène de base. Le principe le plus simple étant de ne pas vivre à côté de ses déchets, de neutraliser les bactéries/virus afin de limiter leur propagation et les infections. La France possède un réseau d'assainissement évolué : de tous les robinets sortent de l'eau potable. L'eau, une fois "usée", rejoint un système de canalisations pour être évacuée. Les autres déchets finissent à la poubelle, voire à la décharge municipale s'ils sont trop gros ou trop polluants. Les poubelles sont relevées régulièrement par des organismes privés ou publics. Ce système permet aux riverains de vivre dans un environnement sain. Effet pervers, il dé responsabilise ses propres utilisateurs car il masque la quantité astronomique de déchets produits. Le prix de l'eau relativement faible accentue le problème : en dessous d'un certain montant, la facture semble transparente et intégrée aux charges normales de la vie quotidienne, ne poussant pas à faire attention. Pourtant, lors de la rupture d'une canalisation ou de la grève des éboueurs, l'atmosphère devient vite irrespirable voire invivable si le défaut persiste. Comme pour un élevage intensif (que tout le monde critique), la concentration de la pollution sur une faible zone géographique (à savoir les villes) diminue d'autant plus la capacité d'absorption naturelle de l'environnement et crée des dégâts sur le long terme.

Notons que l'entassement des déchets dans les décharges est réglementé de nos jours, notamment avec le captage du méthane, puissant gaz à effet de serre, et la protection des sols par des isolants afin d'éviter de limiter la pollution souterraine.

 L'ère du confort

Ferdinand Carré, James Harrison et Willis H. Carrier sont les précurseurs du confort moderne, à savoir la génération de froid. Avant, il fallait se fournir dans des glacières naturelles, comme celles de Pradelles dans l'Aude. Que ce soit pour des raisons sanitaires dans le cadre de la chaîne du froid ou pour des raisons de productivité avec la climatisation des bureaux, des industries, des entrepôts, des commerces, ou encore pour des raisons de confort avec celle des habitations, des automobiles, la gestion climatique permet, pour une société tertiarisée, d'avoir une activité économique soutenue quelles que soient les conditions externes. Pourtant, l'utilisation de cette merveilleuse invention est un désastre écologique. Si on laisse de côté l'aspect consommation d'énergie et coût de construction, les systèmes de climatisation comportent de puissants gaz à effet de serre, mais aussi et surtout : on refroidi l'intérieur en chauffant l'extérieur. Autrement dit, plus il fait chaud, plus on chauffe ! C'est un cercle vicieux, car les effets de la pollution augmentent avec la température.

Même chose en hiver, où le défaut d'isolation thermique (qui ne pourra jamais atteindre 100%) fait que l'activité humaine réchauffe l'atmosphère. Ce phénomène est amplifié par l'urbanisation. En effet, le béton a la capacité d'enmagasiner en partie la chaleur pour la restituer par rayonnement. Les réseaux souterrains sont chauffés directement ou indirectement. Les moteurs thermiques participent également à ce réchauffement global. Il fait donc plus chaud en été, mais aussi moins froid en hiver. Ce ne sont pas les personnes natives ou exilées sous les tropiques qui vont s'en plaindre. Qu'il est bon de se dorer la pilule par 25°C au soleil. Sauf que l'hiver est une période cruciale qui permet à la nature de se re générer. Notamment par la re génération des nappes phréatiques en plaine, des réserves d'eau potable en altitude, élimination des parasites, dormance des plantes afin d'emmagasiner de l'énergie indispensable à la production de l'année suivante.

À contrario, l'augmentation de la température globale permet la propagation des nuisibles, notamment de tout un tas d'espèces tropicales qui colonisent de nouveaux territoires et détruisent la bio diversité locale. Au niveau de l'équateur, l'assèchement progressif fait progresser de plus en plus loin les zones non viables ou augmentent considérablement le coût des infrastructures (notamment lié à la production d'eau potable). Un des plus bel exemple de gâchis de ressources étant au Qatar où l'on peut jouer au golf alors que la température moyenne annuelle y est de 33°C.

Je me souviens encore de ce reportage lorsque la neige était tombée à Marseille. Un papi, obligé de déblayer son allée avec un pèle, rallait car, depuis des années on lui parle de "réchauffement" climatique. Sauf que la mécanique climatique n'est pas binaire et encore moins locale. La nature aime l'équilibre, ainsi les situations opposées auront tendances à vouloir s'équilibrer. C'est le cas par exemple quand on met des glaçons dans son verre : le liquide déjà présent refroidi et le glaçon se réchauffe pour obtenir une température moyenne (en fonction du volume de chacun des deux éléments et de la température extérieure). C'est également cette différence de température (en plus de la rotation terrestre) qui crée les courants d'air. Ces même courants d'air seront plus ou moins guidés par le relief et la nature du sol (terre, mer, montagne). La chaleur, plus importante, aura donc tendance à se répartir, provoquant par la même la fonte des glaces aux pôles qui va elle même générer des masses d'air froid. La rencontre de cet air très chaud (donc très dynamique) avec cet air froid (statique) provoque les phénomènes climatiques de grande ampleur : tempêtes, cyclones, ouragans. On pourrait faire une analogie avec une voiture lancée à 130km/h (de l'air chaud) sur l'autoroute qui, au détour d'un virage mal négocié irait s'encastrer dans un mur de béton (de l'air froid) : le choc est extrêmement violent. Si cette dernière avait roulé à 90km/h (air moins chaud) et avait percuté une voiture à 10km/h (air moins froid) le choc aurait été "normal". En dehors des tempêtes, c'est également cet air glacial qui redescend en hiver pour essayer de s'équilibrer avec l'air chaud plus au sud et fait tomber la neige à Marseille. L'hiver est peut-être plus rude, mais aussi plus court car l'air globalement chaud reprend rapidement le dessus afin de provoquer sécheresses et canicules en été. Ce manque d'eau offre un terrain favorable à la naissance et la propagation rapide des feux de végétations, rendant les zones touchées un peu plus arides pour la saison suivante, c'est un cercle vicieux. Un hiver plus court c'est aussi une saison de ski moins bonne ! Ne parlons même pas des courts, mais répétés, épisodes de gel et de grêles qui détruisent les cultures.

 Ça coule de source

En France, l'eau n'est pas un problème. Plus ou moins bonne selon les régions, elle n'en reste pas moins potable et accessible quasiment partout et tout le temps. L'eau courante est une évidence ! Nous n'avons pas connu l'eau qu'il fallait péniblement tirer du puits au fond du jardin et ramener à bout de bras. Si les scientifiques essaient à tout prix de trouver des traces d'eau sur mars, ce n'est pas pour rien, car l'eau c'est la vie. Toute forme de vie, telle que nous la connaissons, vient ou nécessite cette ressource pour perdurer. C'est la maîtrise de l'irrigation qui permet d'avoir des cultures performantes, donc de nourrir directement ou indirectement plus de personnes. C'est également la maîtrise de sa qualité qui permet de créer nos d'assainissement. Les problèmes liés à cette ressource sont pourtant multiples : sur-prélèvement, pollution volontaire ou non, gaspillage individuel, non régénération des sources primaires (neige en montagne). En terme de sur-prélèvement, le milieu agricole et les industriels sont les premiers, certes, mais aussi les grandes villes qui en détournent des quantités extravagantes. La pollution par les rejets industriels et agricoles ne sont pas négligeables. La contamination des nappes phréatiques par les produits chimiques nocifs qui perdure. Le gaspillage quotidien (arrosage des gazons, piscines individuelles, bains...) également. Tout ceci tend à raréfier cette ressource précieuse sans que nous en ayons même conscience, car les effets ne se font voir (pour le moment) qu'en été. Mais sur le court/moyen terme, une explosion des problèmes sanitaires et alimentaires est à prévoir.

L'eau douce est une ressource qui nous touche directement, mais l'eau salée, donc l'eau des mers et océans est tout aussi importante. En surface, ces derniers recouvrent 70% de notre planète. Ils assurent la régulation thermique par l'évaporation, le filtrage de l'atmosphère (captage de CO2, génération d'oxygène), ainsi qu'une grande partie de la chaîne alimentaire car ils abritent plus de la moitié des espèces vivantes. 70% de la terre (360 millions de km2), c'est grand, plus qu'on ne peut l'imaginer. C'est tellement grand que la plupart des personnes qui polluent volontairement pensent que ça n'aura pas d'effet (une goutte d'eau dans l'océan). Il y a les pollutions classiques : rejets de polluants tels que les hydrocarbures (les fameuses marées noires), déchets non organiques, rejets de matières dangereuses (acides, métaux lourds, terre, plastiques, crèmes solaire). Les pollutions indirectes : pollution des affluents, pollutions des côtes, transport des déchets par le vent depuis les terres. La destruction des fonds marins par les bateaux pécheurs utilisant des filets raclants. La destruction de la chaîne alimentaire par la sur-pêche, la pêche illégale ou encore la pêche non sélective. La destruction du phytoplancton à cause d'éléments chimiques, augmentation de la température de l'eau, insertion d'espèces invasives. En plus de l'acidification des océans, fruit du rejet par l'homme de produits toxiques dans l'atmosphère, à savoir tous les gaz dangereux mais aussi le CO2 en excès dû au transport routier et aérien. Cette dernière partie est tout aussi importante car elle détruit la faune et la flore sur le long terme.

 D'Hiroshima à Fukushima en passant par Tchernobyl

Outre la mort de Coluche et celle de Balavoine, 1986 est aussi l'année de la catastrophe de Tchernobyl. Le 26 avril, un essai hasardeux a provoqué une augmentation incontrôlée de la puissance dans le coeur du réacteur n°4. La centrale n'ayant pas d'enceinte de confinement, la dalle supérieure a explosé sous la pression de la vapeur, libérant dans l'atmosphère des isotopes hautement radioactifs. Les causes sont différentes, mais le scénario est similaire à Fukushima : suite à l'action combinée d'un séisme et d'un tsunami, les réacteurs n'ont plus pu être refroidi, faisant augmenter chaleur et pression à l'intérieur des réacteurs qui finiront par exploser. Albert Einstein s'en retourne encore dans sa tombe.

L'énergie nucléaire fait fantasmer le grand public : engouements et craintes s'opposent férocement face à cette puissance hors normes. Pourtant, on n'utilise pas directement le produit de la fission nucléaire (hormis dans les bombes). En effet, une centrale nucléaire telle que nous les avons conçues depuis un demi-siècle ne sont (pour résumer grossièrement) que des méga chaudières dont la vapeur entraîne des turbines. L'eau étant chauffée par l'énergie dégagée lors de la fission des atomes (à savoir la fission de matière instable tel que l'uranium235). D'où la nécessité de se trouver à proximité d'un cours d'eau afin d'alimenter et refroidir la centrale. Ces turbines entraînent elles même des génératrices. Il s'agit du même principe que l'on retrouve dans les barrages hydro-électriques, les moulins, les éoliennes aériennes et marines, les centrales thermiques (gaz, fioul, charbon, déchets). Mal maîtrisé, le risque nucléaire est catastrophique, bien maîtrisé, c'est celui qui a le meilleur ratio énergie/pollution. Le problème du nucléaire étant le stockage des déchets qui ont une durée de vie longue, sont fortement toxiques et non réutilisables (dans l'état actuel des coinnaissances).

Cliché de nuit de la Côte D'Azur par Thomas Pesquet

Février 2017, 30 ans plus tard, Thomas Pesquet plane à plus de 300km d'altitude dans l'ISS depuis maintenant 3 mois. Très présent sur les réseaux sociaux, il nous fait partager quotidiennement son expérience spatiale. Ici, un cliché de nuit de la Côte d'Azur. De gauche à droite : Monaco, Saint Jean-Cap-Ferrat, Nice, Saint-Laurent-du-Var, Cagnes-Sur-Mer et Antibes. Comme un insecte en pleine nuit, l'oeil est attiré par cet ensemble de points lumineux tissés en toile au milieu de cet océan sombre. L'aspect esthétique qui s'en dégage est remarquable, la triste réalité qu'il dissimule l'est tout autant. Outre la pollution lumineuse (on ne peut même plus voir la voie lactée en ville), l'urbanisation excessive de tout l'espace côtier, elle montre à quel point l'humanité est gourmande en énergie de jour comme de nuit, quand cela est beaucoup moins justifié. On pourra gager que les centrales nucléaires, dont la France tire 75% de son réseau électrique, ont une inertie longue (il n'est pas possible de les arrêter brusquement) et qu'elles sont chargées par les pics de consommation tôt le matin et tard le soir. C'est un des points faibles de l'énergie électrique dite "propre" (en réalité moins sale que les autres). Il s'agit d'une énergie volatile impossible à stocker en grande quantité. Pire encore : les seuls moyens de stockage à notre portée sont les batteries fabriquées à base de composants extrêmement polluants, de capacité très limitée et qui se détériorent avec le temps. Le surplus produit étant perdu s'il n'est pas utilisé.

Les énergies renouvelables (solaire, hydraulique, éolien, marin) ne sont pas non plus exemptes de coût écologique, puisqu'il faut prendre en compte le coût de construction de ces capteurs d'énergie, de maintenance et éventuellement de stockage.

 Roulez jeunesse

L'automobile, symbole par excellence de la liberté individuelle. Pouvoir se déplacer où je veux, quand je veux. C'est une commodité qui est devenu un impératif en favorisant à la fois l'étalement de la population à l'extérieur des centres villes, mais aussi la mobilité de ces derniers. Car, il ne faut plus regarder la distance qui sépare deux points, mais le temps nécessaire pour les joindre. Si ce dernier est suffisamment faible, il devient acceptable de faire le trajet (quel que soit le moyen de locomotion). Ajouté à cela, la commodité lorsqu'il faut transporter des passagers et/ou des charges. En dehors des grandes villes qui ont un réseau de transports en commun développé (même si les banlieues restent plus ou moins isolées), la plupart des Français utilisent donc quotidiennement leur véhicule, parfois même quand il y a des solutions alternatives à peine plus contraignantes. Certes, les moteurs sont de moins en moins gourmands (du moins en Europe où l'on fait attention à la consommation) et polluants, mais le nombre d'automobiles en circulation est trop important. Le pic de pollution intervenant lors des bouchons pendant les heures de pointe. Et, plus on agrandit le réseau, plus il se charge car il y a facilité de passage. C'est une des principales causes de la création des bulles de pollution qui trônent parfois au dessus des grands villes, amplifiés par la montée des températures.

L'autre erreur environnementale a été, pour la France d'abord et l'Europe ensuite, la promotion des moteurs diesel extrêmement polluants. Le problème de la voiture électrique étant quant à lui la batterie : autonomie "faible", trop peu de bornes de recharge, temps de recharge long, durée de vie de la batterie, recyclage de cette dernière. Le graal étant la pile à combustible, mais les matérieaux nécessaires pour sa fabrication sont encore trop onéreux pour équiper le parc mondial (entre 500 millions et 1,5 milliards de véhicules).

À l'échelle mondiale, les échanges commerciaux et personnels ont explosés : transport routier, transport aérien, transport naval. Augmentant de facto l'appétit gargantuesque de notre civilisation pour l'or noir, mais aussi la pollution atmosphérique et marine. Le lobbyisme étant passé par là, les transporteurs ne sont même pas soumis aux quotas carbone. En France, ils ont également droit à des allégements de taxe sur le carburant. L'autre inconvénient de ces échanges mondiaux, outre l'aspect économique qui, s'il délocalise les industries à l'autre bout du monde, favorise la production de biens, est le déplacement de nuisibles, de maladies, ainsi que des espèces invasives dans des milieux vierges où il n'y a pas de prédateur établi. Les quarantaines autrefois induites par les temps de trajet ou forcées (lors des épidémies) ne sont plus à l'ordre du jour. Désormais, un containeur peut faire le tour du monde en deux jours (voire moins).

Pour autant, cette dépendance à l'or noir ne se traduit pas qu'au travers de la production d'énergie motrice. Ce précieux liquide (avec le gaz naturel) est également utilisé, via la pétrochimie, dans la production de tout un tas d'objets du quotidien tels que les matières plastiques, fibres synthétiques (polyester, nylon), caoutchoucs, médicaments, cosmétiques... Autrement dit, tout ce qui nous entoure ! C'est une ressource non renouvelable à court terme, donc, le jour où nous aurons tout brûlé, le monde va s'arrêter de tourner pour la plupart de la population.

 Du bio, du bon ?

Venons en à la partie culinaire, à la fois une nécessité et, quand cela est possible, un plaisir pour les papilles. Le bio, nouveau marché en explosion depuis quelques années (les industriels et distributeurs peuvent gonfler les prix). S'il est mis l'accent sur l'aspect sain pour l'homme, l'aspect respectueux de la nature est un peu laissé de côté. Le bio, c'est mieux que le non bio, mais ça n'en reste pas moins souvent une simple marque. Évidemment, les terres cultivées reçoivent moins de produits chimiques et les animaux d'élevage moins de produits biochimiques (médicaments, hormones), mais tous les procédés industriels, transport et empaquetage sont conservés. Le tout selon des normes en vigueurs qui ne sont pas forcément complètement propres. De plus, les produits bios de grande surface continuent de devoir respecter un certain calibre pour être commercialisés, ce qui est abbérant car le reste est utilisé par les industriels ou simplement jeté en tant qu'invendable. On continue de trouver des tomates "bio" en hiver, ce sont les même qui sont gorgées d'eau, sans goût, avec un aspect rond et rouge tel que définit dans les magazines (ce qu'est censé rechercher le consommateur...).

L'idéal est de consommer des produits naturels (donc bio de facto) qui ont eu le temps de maturer dans un environnement sain et issus d'un périmètre proche. C'est un dilemme impossible à résoudre avec l'urbanisation massive qui concentre trop de population sur une surface restreinte. Il sera possible de nourrir tout le monde, du moins en quantité, pas en qualité. Ne pas passer au bio revient à détruire à moyen terme les surfaces cultivables. Passer au tout bio, c'est étendre les surfaces cultivables au détriment des surfaces naturelles. Le triste et plus célèbre exemple est celui de la forêt Brésilienne (deuxième producteur mondial de soja), l'Amazonie, ce fameux poumon terrestre qui est rongé par le cancer de la déforestation. Ou encore celui de la destruction des forêts primaires Thaïlandaises afin d'y réaliser des cultures intensives (dont l'huile de palme fait partie). Pourtant, on peut aisément comprendre que détruire une forêt ce n'est pas seulement toucher une espèce en particulier, mais casser tout un éco système animal (chaîne alimentaire, parasites) et végétal (filtration de la pollution, régulateur climatique) riche et complexe. Ces forêts ont mis des centaines d'années à se développer, et l'on ne pourra pas les recréer si facilement en replantant simplement des arbres ailleurs (une excuse de façade des marques dit "à l'équilibre carbone").

Comme je l'indiquais dans cet article, l'individualisation des portions (ne parlons même pas des dosettes de café/thé), provoque une surenchère incontrôlée des contenants qui, même utilisant des matériaux recyclables, consomment beaucoup de ressources. Typiquement, on peut avoir bonne conscience en achetant des produits bio, comme par exemple le quinoa aux légumes bio de la marque Bjorg, leader en France. Mais quid du transport, de l'emballage carton (qui contient des encres), de l'emballage plastique (récipient + film fraîcheur) ? C'est tristement le cas pour TOUS les produits, alimentaires ou non, que l'on fabrique. Pourtant, ces emballages intermédiaires sont les pires polluants en terme de quantité, volatilité, durée de vie, et matières utilisées.

Les bonnes choses prennent du temps. La cuisine en fait partie. Les industriels jouent à fond sur ce critère pour ferrer le consommateur. Outre les considérations écologiques, il est regrettable de voir la composition de la plupart des produits transformés. Le secret ? Le trio : sucre, sel et matières grasses qui remplacent les composants naturels, donnent une sensation de bon et augmentent l'addiction. Les colorants et les arômes qui nous font croire à la qualité du produit. Le tout achevé par une bonne dose de conservateur afin d'assurer la durée de vie entre la fabrication et la consommation. Les épaississants pour gagner en volume. Les acidifiants ou correcteurs d'acidité pour tromper notre goût . Les stabilisants et les additifs pour obtenir la bonne forme.

Les jeunes sont particulièrement sensibles par le trio sus-cité. On parle de "génération McDo", entreprise extraordinaire qui fait passer, grâce à ces ingrédients magiques, quelque chose de mauvais en quelque chose de bon et addictif. Mais, quelle autre référence peut-on avoir quand on a été élevé sur du bitume, sans culture du goût, gavé aux gâteaux industriels ? Pas beaucoup hélas. Pourtant, avec des produits simples, frais et un peu de temps, le résultat obtenu est sans commune mesure. C'est le créneau de la marque "Michel et Augustin" avec pour résultat, un chiffre d'affaire de 40M€ en 2015 pour une marque crée 10 ans plus tôt, à partir de rien. Reste à savoir combien de temps ils vont résister aux sirènes des grands groupes agro alimentaires qui ont rationalisé une filière autrefois riche (en terme de qualité et de diversité).

Si le gaspillage alimentaire fait bondir (on trouve scandaleux de jeter des denrées comestibles), on ne fait pas assez mention des déchets organiques que l'on produit au quotidien. Jetés dans la commune poubelle, ils finiront enterrés, abandonnés dans une décharge ou brûlés. Pourtant ils pourraient eux aussi être recyclés, naturellement qui plus est. C'est ce qui se passait autrefois quand on les donnait aux animaux (que l'on mangeait par la suite) ou que l'on s'en servait pour faire du compost, utile à la production d'engrais, servant lui-même dans les cultures.

Petit exemple de la "normalité" de notre société et, parce qu'il est toujours plus facile de taper sur les plus gros ! D'après son rapport, La filiale Européenne de Coca Cola vend 14,2 milliards de litres de boisson par an (The Coca Cola company, c'est des dizaines de marques et de déclinaisons). Sachant qu'il faut plus d'un litre d'eau potable pour faire un litre de boisson, on imagine l'ampleur des dégâts. D'autres sources indiquent quant à elles 114 milliards de litres par an dans le monde. Quoi qu'il en soit, le marketing nous inculque que "pour le plaisir", "pour se rafraîchir", "pour se déshydrater", consommons des sodas (ou de l'alcool), au bar, chez soi en canettes ou en bouteille. Or, le sucre appelle le sucre et la seule façon de se désaltérer correctement est de boire de l'eau ! Même les boissons du type "thé bio aromatisé" en sont gorgées. L'alcool a quant à lui l'effet pervers de déshydrater l'organisme. Nuançons ces chiffres par une triste réalité : les boissons en bouteille sont dans certains pays la seule façon de ne pas consommer l'eau locale qui n'est pas potable...

 L'autre Terre

Graphique nombre de terres nécessaire si tous les habitants vivaient comme...

Toujours d'après l'étude du Global Footprint Network, il faudrait actuellement 1,7 planète pour absorber la pollution induite par l'activité humaine et subvenir à notre consommation. Qu'est-ce que cela veut dire ? Tout simplement que pour arriver À L'ÉQUILIBRE, il faudrait consommer 60% de moins qu'actuellement. Autrement dit, il faudrait être en hibernation 4 jours sur 7. Pas évident quand on sait que la population mondiale est en constante croissance. Si tous les habitants vivaient comme en France, il faudrait carrément 3 terres, du coup, il ne faudrait vivre que le week-end ! Cela démontre à quel point les pays riches, pays les plus avancés culturellement et technologiquement, sont gourmands en ressources et sont loin, très loin, de donner l'exemple.

Le monde commence néanmoins doucement à prendre conscience de tous ces problèmes environnementaux. La COP21 fixe des objectifs de réduction de la pollution, c'est mieux que rien. Pourtant, les pays développés, en manque de croissance ne voient l'économie dite "verte" que comme un nouveau marché, alors qu'il s'agit simplement d'une rustine trop petite pour compenser l'impact de notre mode de vie actuel. L'exemple le plus frappant, et déplorable, étant le marché du carbone : les entreprises s'achètent des quotas, donc du droit à polluer. Fabriquer des produits moins polluants, recycler ce que l'on peut, ça ne résout pas le problème d'une consommation excessive !

Pire, les pollueurs ne sont pas (pour le moment) les payeurs. On a une très mauvaise image de l'industrie lourde qui déverse ses déchets toxiques dans notre belle nature. Sauf que si cette industrie existe, c'est parce qu'elle répond à une demande du marché. S'il n'y a plus de consommateur qui achète directement ou indirectement le fruit de son travail, elle n'existera plus. Le gars qui commande son iPad sur Amazon fait fonctionner l'usine Chinoise qui le fabrique. Celui qui achète sa nouvelle voiture moins polluante, fait tourner toute l'industrie de la métallurgie. Hors, les pires effets de la pollution sont ressentis dans les lieux de production. Les médias montrent régulièrement les images de rivières chinoises saturées de boue et de métaux lourds, le brouillard de pollution à Pékin... À contrario, le consommateur riche à l'autre bout de la planète est entouré de services qui vont déplacer la pollution qu'il génère localement, comme si elle n'avait jamais existé. L'usine est coupable de pollution, le consommateur son commanditaire.

Comme disait Bigard "c'est au pied du mur qu'on voit le mieux le mur". La destruction de l'environnement est une bombe à retardement dont la mise à feu est imminente. Nous avons la chance de vivre dans une époque où la technologie nous a apporté un confort sans précédent. Malheureusement, c'est au détriment de notre planète. S'il y a 20 ans on pouvait dire "je ne savais pas", ce n'est plus le cas aujourd'hui. Dans l'idéal et, à quelques semaines du lancement de l'iPhone 8, il faudrait tout stopper immédiatement. Nous ne le ferons pas. Avec un peu de chance, nous ne verrons même pas ce désastre de nos yeux. Ce ne sera certainement pas le cas de nos enfants.

Parce que nous ne sommes pas dans un blogbuster Américain. Ni Bruce Willis, ni Scarlett Johansson ne viendront sauver la terre des méchants envahisseurs ou du "fou" qui veut détruire l'humanité. Encore moins la technologie. Il faut arrêter de croire que le monde va être le même que celui de Minority Report où les nanos machines seront présentes partout. On ne va pas non plus construire une navette afin de coloniser une autre planète. On ne peut utiliser que les ressources limitées qui sont sous nos pieds. Nous sommes trop riches pour la planète et, de gré ou de force, il va falloir apprendre à redevenir pauvre (avant de disparaître complètement).

Pour répondre aux climato-sceptiques : oui, notre planète a des cycles climatiques. Tantôt elle se réchauffe, tantôt elle se refroidit. Néanmoins, ces cycles interviennent sur des milliers d'années. Actuellement, elle se trouve dans un cycle de réchauffement, mais ce dernier est grandement amplifié par l'activité humaine. De plus, la destruction de l'environnement par rejet de polluants et anéantissement pur et simple des écosystèmes est uniquement le fait de l'homme. Ce qui est navrant, c'est qu'avec nos connaissances et notre technologie actuelle, nous pourrions contrôler, voire inverser ce cycle naturel. Si on le voulait, on pourrait transformer le désert Saharien en forêt dans 200 ans.

il n'est possible de discriminer personne sur la question de l'environnement. Tout être humain moderne, quel que soit son niveau de vie ou sa provenance géographique participe à cette détérioration généralisée. Simplement parce qu'il est dans le système : les pauvres sont en bout de chaîne, ils n'ont malheureusement pas le choix car c'est leur moyen de survivre. Les riches usent et abusent des ressources sans vergogne car ils se croient au-dessus de tous. Les classes moyennes, elles, suivent sans se poser de question. Reste à savoir si l'homme va être assez sage pour s'auto réguler (une guerre ?) ou va entraîner dans sa chute l'ensemble du monde vivant.

Car notre modèle économique dans ses bases les plus profondes ne prends pas en compte le caractère fini des ressources que nous avons à disposition. Il est en parfait déséquilibre avec les cycles naturels. Jusqu'à présent, les dirigeants ont laissé se développer les populations sans penser que nous ne pourrions plus subvenir aux besoins de tout le monde. Les gouvernements continuent à se voiler la face tout en restant sous le charme et les pressions à la fois de l'industrie et de l'économie, car, comme pour une centrale nucléaire, on ne peut pas arrêter la machine du jour au lendemain sans faire imploser notre civilisation. Mais, que se passera-t-il quand le baril de pétrole coûtera 1000$ ? Que les boîtes en plastique seront un luxe ? Que la moitié du pays ne pourra plus se rendre sur son lieu de travail, qui n'existera de toutes façons plus car les infrastructures qu'il gère seront inopérantes ? Qu'il faudra nourrir ces millions de personnes bloquées dans des villes sans pouvoir déplacer la nourriture en masse et de façon assez rapide ?

La société des pays riches est tellement tertiarisée, ses personnes tellement spécialisées dans leur fonction, les chaînes de production tellement complexes, que ses membres ne sont plus que des consommateurs. Consommateur qui se contente d'acheter, dans le magasin adéquat, et ne produit quasiment rien. On n'a plus idée du travail et des ressources nécessaires pour faire pousser des légumes, pour assainir de l'eau, pour fabriquer un jouet, pour recycler du carton. Cette dé corrélation avec le monde réel, celui de la terre et de la nature, est un grand danger car il aveugle les populations sur leur comportement.

Que faire aujourd'hui ? Chaque individu n'est qu'une goutte d'eau, mais il y a 7 milliards de gouttes d'eau sur terre ! En tant qu'Européen, je nous vois mal sacrifier notre confort... Le pouvoir que nous avons, qui pourra retarder l'échéance fatidique le plus tard possible, est, dans l'immédiat, de consommer moins et consommer mieux ! Revenir vers des modes de vie plus simples et plus naturels. Faire attention à n'utiliser que ce que nous avons besoin, sans gaspiller. Faire attention à l'environnement qui nous entoure. Il faut également éduquer les masses, particulièrement les jeunes, à tous ces problèmes environnementaux.

À lire cet article, on pourrait culpabiliser dans chaque action du quotidien, mais, avoir mauvaise conscience, c'est déjà avoir conscience de nos actes afin commencer à changer doucement nos habitudes. Je suis curieux de savoir ce que deviendra la terre dans sa prochaine ère, d'ici 50 à 100 millions d'années, une fois que toute action humaine aura disparu. Quelle sera la prochaine espèce dominante ? Sera-t-elle capable d'atteindre notre niveau technologique ? Fera-t-elle les mêmes erreurs ?

Thursday, 16 March 2017
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Écrit par
Grégory Soutadé

Coq cassé (logo FFR)

C'est ainsi depuis des années, le XV de France est une équipe aux résultats aléatoires. Capable de renverser n'importe quelle nation, capable de performances individuelles et collectives d'un très haut niveau, mais aussi capable de défaites plus ou moins cuisantes, plus ou moins courageuses. Tout le monde aime son équipe nationale et tout le monde a envie qu'elle gagne !

On pourrait discuter longtemps du modèle "à la française" où les joueurs sont partagés (quand ils sont sur la feuille de match) entre un championnat national relevé, une coupe d'Europe qui est la priorité des clubs britanniques et une sélection nationale exigeante. On pourrait également pointer du doigt la formation, le choix des joueurs étrangers dans les clubs, les blessures, le manque de temps de préparation, la rotation incessante autour des postes clés...

C'est un dilemme sans fin. Le combat entre la fédération française de rugby, association sportive promouvant le rugby, et la ligue national de rugby, donc les clubs. Après huit ans passés à la tête de la fédération, Pierre Camou est battu par Bernard Laporte lors des dernières élections. Ce dernier est porteur d'un projet neuf, voulant, comme tout ancien joueur, ancien sélectionneur et ancien entraîneur, porter le rugby français au plus haut. Cela passe avant tout par les joueurs qui, sous les directives de l'entraîneur doivent mouiller le maillot, se surpasser, déchirer la défense adverse et faire la passe au bon moment pour offrir l'essai à son co équipier, son équipe, son pays.

C'est à ce moment que le récit se corse. On a pu assister lors de la dernière tournée de novembre à des actions de grande envergure, issues d'un projet de jeu (mis en place par Guy Novès) qui semblait avoir intégré. Les Bleus se sont battus comme des coqs pour défendre bec et ongle les couleurs de leur maillot ! C'est un objectif et une reconnaissance dont rêvent tous les joueurs professionnels, mais aussi et surtout un honneur de le porter, de le défendre. L'histoire n'en retiendra que le résultat, une défaite de plus à ajouter aux statistiques. Mais le grand public a (re)découvert son équipe, l'a supportée, l'a portée, l'a aimée.

Bernard Laporte est un homme de parole. Dans son programme, il était clairement inscrit qu'il apposerait un sponsor sur le maillot aux trois couleurs. En effet, la France était la dernière grande nation du rugby à ne pas l'avoir fait. Si cela peut paraître étrange pour les nations anglo-saxonnes (quand il y a de l'argent à se faire, ils sont toujours présents), c'est, de mon point de vue tout à fait inacceptable ! On dénature la valeur des joueurs, leur engagement, ce pour quoi ils devraient être si fier. Le tout, au profit d'une société commerciale (quelle qu'elle soit).

Si j'avais été joueur international, je n'aurais jamais accepté de participer à ce blasphème. Quitte à perdre ma place en équipe de France.

Les défenseurs peuvent arguer que l'argent (le nerf de la guerre) ainsi récolté pourra être ré injecter dans la fédération pour avoir une équipe plus performante. Sauf que, d'après les chiffres officiels, la fédération française de rugby enregistre des recettes à hauteur de 120 146 000 € (saison 2015/2016) et réalise même un bénéfice de 1.7M€ sur cette même saison. Recettes qui sont en constantes augmentations. D'autant plus que le projet de grand stade, dont le coût était évalué à quelques 600M€, a été annulé (autre promesse de M. Laporte). L'argent, qui pourrit le sport, N'EST DONC PAS la source du problème. De l'argent, il y en a, et même s'il y en avait dix fois plus, on nous dirait qu'il en manque toujours.

Par comparaison, le budget de la fédération Neo Zélandaise est d'un peu plus de 130M€ (2015). Elle compte 150 000 licenciés, là où il y en a 450 000 en France. La différence (outre le sponsor maillot de la Nouvelle Zélande) : une équipe qui gagne est une équipe qui rapporte (et pas l'inverse). À mi chemin, la fédération Irlandaise (qui supporte le développement du tag rugby !) possède un budget de 76M€ (sponsor maillot compris) pour 100 000 licenciés. Le rapport budget/licenciés va donc de 1 à 4, mais on peut être champion du monde avec trois fois moins de joueurs potentiels.

Autre argument avancé : le sponsor maillot est ancré dans la culture des clubs, alors pourquoi pas au niveau national ? Sauf que les revenus des clubs sont bien moindres : moins de licenciés, moins de produits dérivés, moins de subventions, plus de matchs. Côté dépenses, il y a plus de frais pour les joueurs (qui évoluent toute l'année), les structures, l'encadrement. Par exemple, le stade Toulousain a dégagé en 2016 un chiffre d'affaire de presque 30M€ et a contracté 1.5M€ de pertes. Dans ce cas, les sponsors sont nécessaires pour assurer la (sur)vie du club. D'autant plus que la fédération, même s'ils n'apparaissent pas sur le maillot, a elle aussi des sponsors officiels ! Qui sont présents lors des 8 matchs annuels, à multiplier par 3 si on ajoute les moins de 20 ans et les filles, plus ceux du rugby à 7 (même s'il est peu médiatisé). Ajoutons également, que le maillot officiel est renouvelé chaque année afin d'augmenter les ventes.

On passera sur le choix du sponsor, probablement politique, M. Altrad étant propriétaire du club de Montpellier, il a déjà apposé son nom sur le stade Yves-du-Manoir. Pour autant, lors de sa première apparition, ce dernier était plutôt discret et relativement bien intégré sur un maillot qui commence à être sérieusement surchargé ! À l'opposé, le vilain logo BMW du maillot des moins de 20 ans était tout simplement horrible. Bien sûr, il y a pire ailleurs. L'équipe de France de Handball en est le triste exemple avec pas moins de quatre sponsors ! Pourtant, elle gagne quasiment tout depuis 15 ans, et ce n'est pas grâce à l'argent de ces grandes enseignes.

Une conclusion ? Quoi de plus navrant de voir toutes ces personnes corrompues en haut des fédérations qui vendent leur âme pour de l'argent (qui a dit rétro commission ?), au détriment des valeurs, des joueurs et du public. Rien de neuf sous le soleil donc.

Friday, 28 October 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

J'ai changé ! Ah non, ça c'est moi

On nous avait promis un choc de simplification en 2013. Le gouvernement tient un décompte des mesures annoncées sur un site conçu pour l'occasion. Seulement voilà, dans les faits, le citoyen ne voit pas vraiment de changement. Et pour cause, la simplification telle que pratiquée à l'heure actuelle ne consiste qu'à rajouter une couche et des exceptions sur les dizaines de mesures déjà présentes (ou à passer par le numérique). La France est connue pour la lourdeur de son administration, lourdeur qui provient en partie de la fiscalité. Le choix politique de notre système fiscal s'est originellement tourné vers le cas particulier. Chaque mesure, chaque taxe correspond à un cas particulier : une taxe correspond au financement d'une mesure et elle n'est appliquée qu'aux personnes concernées. Le tout est couplé à un système de progressivité : celui qui gagne plus est plus taxé, et parfois à un mécanisme d'incitation : pour une (bonne) action donnée, il y a un allègement de taxe.

Si à la base, ce système se veut le plus juste possible, il en résulte une énorme usine à gaz que personne ne peut aborder dans sa totalité. Système qui, à la fois s'alourdit d'année en année, mais qui est aussi très volatile (ce qui est mauvais pour une vision et des investissements à long terme). Ce deuxième point intéresse particulièrement les politiques. En effet, plus il y a de taxes différentes, plus il y a de leviers disponibles ! On peut augmenter les revenus de l'état de manière quasi transparente pour les citoyens. De plus, si on veut créer une nouvelle réforme, on peut l'associer à une taxe idoine qui sera payée par la tranche visée. Autant dire que c'est l'"enfer" pour ceux qui doivent le gérer (voire la complexité des systèmes d'information de l'administration fiscale et l'incompatibilité de ceux-ci entre les différentes caisses), pour ceux qui en bénéficie (le fisc vient rarement vous voir pour vous dire que vous n'avez pas usé de vos droits pour telle ou telle prime) et pour ceux qui le finance (qui doivent connaître la myriade de taxe auxquelles ils sont assujettis), particulièrement quand on ne se trouve pas dans le moule.

Pour sa campagne à l'investiture des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet propose un taux d'imposition unique (de l'ordre de 22.5% comme c'est le cas actuellement pour les auto-entrepreneurs). Fini donc les effets de seuil, mais aussi fini la progressivité. Voilà l'égalité de tous face à l'impôt. C'est donc une position plutôt libérale qu'elle adopte. Position qui suscitera de fortes réactions réfractaires si elle est mise en œuvre. Néanmoins, si l'on combine la base de cette réforme avec une volonté de simplification, l'on pourrait aller beaucoup plus loin ! Quelques idées qui se basent sur un monde utopiste et sûrement beaucoup trop simpliste : la fusion de toutes les taxes et de tous les impôts.

C'est la pauvreté qu'il faudrait taxer, ça inciterait les gens à devenir riche

Salariés

Si on regarde les taxes et impôts en détail pour un salarié standard, on peut compter au moins : charges patronales, charges salariales, impôt sur le revenu, TVA(s), impôts locaux (taxe d'habitation, taxe foncière, taxe d'ordures ménagère, taxe sur l'audiovisuel...). Ce qui nous amène à un taux d'imposition global de l'ordre de 50%/60% (à la louche). L'objectif ici est d'avoir un seul impôt, prélevé à la source, de l'ordre de 50%. Ensuite, plus aucune taxe, ni impôt supplémentaire : adieu TVA, impôts locaux, frais de succession, plus valus immobilière... Cela vaut pour les traitements et salaires, mais aussi pour tous les autres revenus. Charge au gouvernement de répartir ce budget fixe. Ce dernier devra tenir compte de la nature des revenus pour l'affecter aux canaux appropriés. Particulièrement ce qui concerne les cotisations retraite, chômage et sécurité sociale. Les communes se verront affecté un budget dépendant directement de leur taille.

Non, l'objectif n'est pas de ruiner les bas salaires. Aujourd'hui, le gouvernement redistribue en utilisant plusieurs canaux selon sa situation familiale (nombre d'enfants à charge, parent isolé), fiscale (revenu) et patrimoniale (niches fiscales) : des canaux fiscaux avec un allègement de taxe, un crédit ou une exonération des différents impôts (revenu, locaux), des primes (prime à la casse) et des allocations (allocations familiales). Le but serait de regrouper tous ces mécanismes en une seule allocation mensuelle prenant en compte l'ensemble des paramètres du foyer fiscal. Le tout, calculé automatiquement à partir de la situation déclarée du citoyen.

Régimes spéciaux

Dans la continuité d'une réforme égalitaire, il ne devrait plus exister de régime spécial, ni de différence entre employés de la fonction publique et du privé. Deux seuls types de contrats seraient disponibles : CDD et CDI. Concernant le calcul de la retraite, plutôt que des formules compliquées favorisant certaines classes ou populations, il faudrait réaliser une moyenne des cotisations indexées (comprenant plancher et plafond) afin que le système soit à l'équilibre. Contrairement au régime actuel qui fait peser le poids des retraites sur les actifs (et que se passe-t-il en cas de papy boom ??).

Entreprises et indépendants

Je voudrais placer plus de trois millions... N'importe où, en moins de 8 secondes

Comme pour les personnes physiques, les personnes morales devraient voir leurs bénéfices imposé à 50% sans autre forme de taxe ou d'impôt. Car, plus encore que les citoyens, elles sont sujettes à des dizaines de taxes en tout genre. Résultat, si une entreprise est en difficulté ou ne réalise pas de bénéfice, elle n'est pas sur taxée sur ce qu'elle n'a pas gagné. Concernant les formes, il serait là aussi plus simple de n'en retenir qu'une seule : la société par actions à responsabilité limitée. Libre au(x) fondateur(s) de choisir le mode de gérance, la répartition des actions, l'entrée ou sortie de nouveaux actionnaires, tout en gardant obligatoire la soumission des comptes annuels au tribunal de commerce ainsi que la déclaration de la masse salariale à l'URSSAF. Les dividendes perçues par les actionnaires entrent directement dans l'impôt sur le revenu. Les indépendants, artisans, agriculteurs, devront ainsi créer leur société afin de supporter légalement l'activité. Ce qui n'empêche pas d'avoir des frais de gestion liés à l'immatriculation d'une nouvelle entité. Comme pour les citoyens, les sociétés qui bénéficient d'avantages fiscaux se verraient créer un guichet unique afin de récupérer leur dû.

Conclusion

Cette on se partage le cochon

Ce nouveau système (simpliste), bien que moralement fondé, est utopique. Il empêche l'état de multiplier les taxes à foison (et la tentation de rajouter des taxes exceptionnelles serait grande). Il l'empêche également de jouer finement sur la fiscalité pour augmenter les revenus de l'état (ou faire des cadeaux fiscaux à l'approche des échéances électorales). Il empêche les taxes incitatives par bonus/malus (qui sont censées s'auto-financer). Il oblige l'ensemble des personnes morales et physiques à être imposé pour des biens et services qu'elles ne consomment pas forcément (TVA obligatoire). Autant dire, qu'aucun politique n'aura jamais l'audace de le proposer. Pourtant, les bons côtés seraient : une égalité de tous face à l'impôt, un guichet unique tant en perception qu'en rétribution, ainsi qu'une simplification des démarches administratives. L'ensemble des points positifs semblent dérisoires. Pourtant, faciliter la création et la gestion des entreprises/foyers revient à donner un coup d'accélérateur à l'économie en supprimant des millions d'heures que perdent chaque année les Français dans de la paperasse administrative inutile.

Thursday, 18 February 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

Un instant !!!

Qu'est qui ya ?

C'est un nouveau patient, il faut l'enregistrer

On l'enregistrera plus tard, il a un couteau dans le dos

C'est la consigne

C'est où qu'on signe ?

C'est là qu'on signe

François Pérusse - Les urgences - 7

Ariane vend des confitures qu'elle fabrique artisanalement dans son petit laboratoire de Mouans-Sartoux. Un soin tout particulier est apporté, tant dans la fabrication, que dans la sélection des matières premières. C'est le parfait exemple de l'artisan de proximité, chose qui devient rare de nos jours. Seulement voilà, quand on ramène gentiment le pot de confiture vide (et propre) que l'on a acheté la semaine passée, Ariane nous indique qu'elle ne les reprend pas...

La réponse a de quoi surprendre, surtout que Mouans-Sartoux est réputée pour être une ville tournée vers l'écologie. Deux hypothèses s'offrent ici :

  • Soit Ariane achète des pots déjà stérilisés (et donc ne le fait pas elle-même)
  • Soit Ariane ne veut pas s'encombrer de cette charge de travail supplémentaire

Dans tous les cas, le pot finira dans un container de recyclage du verre. Ce type de recyclage a été le premier à voir le jour en France, suite à l'abandon progressive des consignes dans les années 60. Pour autant, même si elle est recyclée, une bouteille en verre ne pourra fournir que 80% à 90% de la matière première nécessaire à la fabrication d'une autre bouteille, le tout en étant fondu à plus de 1500°C. Il s'agit donc d'un processus complexe qui nécessite un matériel de pointe et beaucoup d'énergie. Pour faire bien, il faudrait aussi séparer le verre blanc et le verre coloré (à partir duquel on ne peut plus produire de verre blanc), ce qui n'est pas le cas en France. Le verre utilisé pour la vaisselle domestique n'est quant-à-lui pas recyclable car il utilise des composants de type vitrocéramique. On notera tout de même que le système de consigne des bouteilles persiste dans le cas des débits de boisson.

Cet exemple n'est que l'arbre qui cache la forêt. L'écologie est un domaine qui commence à toucher de plus en plus de consommateurspersonnes, faisant naître progressivement une prise de conscience collective, même si relativement réduite par rapport à l'ensemble de population mondiale dont la première des priorités est d'assurer sa propre survie (et pas forcément celle de ses descendants). On se rend compte qu'il est nécessaireimpératif de réduire la production de déchets (donc d'utilisation d'énergie et de matières premières). Les épiceries et petits commerces "bio" sont, dans ce secteur, souvent en avance. La dernière idée est de réduire les emballages au strict minimum : fini les portions individuelles, on vend désormais en vrac !

À moins d'avoir de très grosses mains pour pouvoir transporter tous ses produits, il faut donc des contenants. Le siècle dernier a été le siècle du pétrole. Pétrole à partir duquel on a pu synthétiser des plastiques plus ou moins appropriés à une utilisation alimentaire. Ces plastiques ont complètement éclipsés les contenants traditionnels tel que le verre : plus légers, plus résistants aux chocs, moins chers, aussi (voir plus) malléables. Le coût de transport et de stockage ont, de fait, été largement réduits. On pourrait arguer que le plastique est lui aussi recyclable, ce serait encore mieux s'il était réutilisable !

Le carton est l'autre grand gagnant dans la guerre des emballages : léger, peu cher, suffisamment solide pour sa tâche, facilement personnalisable, également recyclable, il peut même provenir de sources renouvelables, mais n'est toujours pas réutilisable !

Cette question des emballages est à la fois importante et universelle. Comme mentionné plus haut, certaines épiceries (bio ou non) vendent désormais en vrac. L'idée est bonne, mais n'est pas applicable à tous les produits. Un des inconvénients de ce système est la perte de fraîcheur du produit (exposé à l'air ambiant), ainsi que l'écrasement de celui-ci s'il se trouve dans des containers trop grands (les pertes sont d'autant plus grandes que le débit est faible), là où l'industrie agroalimentaire nous a habitué aux portions "individuelles".

Une solution naïve consisterait à prendre le meilleur des deux mondes : avoir des portions individuelles dans des emballages réutilisables (en verre ou non). Il faudrait donc revenir à ce fameux système de consigne. Sur le papier, l'idée est belle mais requiert un effort énorme.

En effet, l’essor des transports a permis de réduire virtuellement la distance entre producteurs et consommateurs. au XIXe siècle, il était peu envisageable de se fournir en matières premières alimentaires provenant de l'autre bout de la France. Les durées de transport et les modes de conservations n'étant pas suffisamment au point. On achetait donc des fruits et légumes du coin, le lait et les œufs provenaient de la ferme de Mme Michu... De nos jours, un Marseille-Paris se fait en une journée pour un transporteur. Rien de neuf là dedans me direz-vous. Pourtant, quand on regarde le paquet de biscuit de son supermarché, on ne réalise pas forcément combien il peut y avoir d'acteurs intervenants dans la chaîne. À minima, pour un produit 100% fabriqué en France, on peut trouver :

  • Les producteurs de matières premières
  • (Éventuellement) des grossistes
  • L'usine qui a réalisé le produit
  • Les producteurs d'emballages
  • Le distributeur (chaîne de magasins) qui possède une ou plusieurs centrales nationales
  • Le distributeur local

Le tout en ayant subi divers aller-retour via des transporteurs. La crise agricole qui secoue les médias n'en est que le reflet : le producteur ne vend plus directement au consommateur, mais à une chaîne de transformation/distribution qui se trouve alors en position de force pour négocier les tarifs (et qui peut surtout se fournir à l'étranger). Chaîne qui voit les emballages plastiques et cartons comme une aubaine extraordinaire de réduction des coûts. La charge du recyclage est alors assurée d'une part par le consommateur qui va trier ses déchets (hors emballages intermédiaires), puis par la collectivité locale qui va les récupérer, et enfin par le centre de recyclage. Il n'y a donc (pour l'industriel) aucun coût lié au produit une fois qu'il est sorti de l'usine, mis à part le service après-vente à cause d'une éventuelle erreur de fabrication.

La mise en place d'un système de consigne impliquerait une capacité à minima de tri, de stockage et peut-être de nettoyage (qui doit être fait au plus tôt) de la part du réseau de distribution, de gestion des retours et de nettoyage (stérilisation) de la part de l'industriel. Mécanisme qui a un coût non négligeable et qui nécessite une logistique importante. Le surcoût de la consigne était autrefois assumé par le consommateur. Une hausse généralisée des tarifs serait-elle acceptée ? Difficile de répondre oui quand on voit la guerre incessante des prix que se livrent les grandes chaînes qui compressent les coûts au maximum, quitte à vendre des produits de moins bonne qualité ou en étouffant les fournisseurs...

Autre point exploité par les industriels : l'identité visuelle. L'emballage d'un produit reflète une identité. En plus du marquage légal (composition, propriétés nutritionnelles, service après-vente...), l'industriel appose sa marque, son logo, sa publicité et même la forme de son emballage. il en résulte un moyen fort de communication et de différentiation là où un système de contenant uniforme permettrait de simplifier la consignation (multi sources, multi destinations).

Dernière barrière : la volonté du consommateur. Le monde a évolué. La gestion de l'alimentation (choix des repas, approvisionnement, préparation, vaisselle) demande beaucoup de temps. Autrefois, ce sont les femmes qui en héritaient. La situation a un peu changé avec une certaine répartition des tâches, mais, dans l'ensemble, les femmes restent maîtresses en cuisine, en plus de faire une journée complète de travail hors du domicile ! Donc, le temps lié à l'approvisionnement est une tâche que l'on essaie de réduire au maximum (d'où la popularité croissante des "drives"). La stratégie principalement appliquée par les actifs étant un seul passage au supermarché par semaine pour obtenir un (très) gros chariot. Passage qui se fait lors du peu de temps libre disponible. Dans ce cas, laver, trier et ramener des contenants d'une part, les déplacer durant toute la durée des courses d'autre part, nécessite un certain courage, d'autant plus si ces derniers se retrouvent plus lourds que le couple carton/plastique. La seule solution consisterait à fragmenter les courses en deux ou trois fois par semaine, ce qui est encore plus chronophage.

Bien que coûteux, il ne semblerait donc pas impossible de mettre en place un système de consigne. Néanmoins, cet exemple a un biais : l'usine de production se situe en France. Imposer la consignation à toute l'industrie agroalimentaire exclurait de fait une large partie des produits étrangers, ce qui reviendrait potentiellement à enfreindre la règle de libre circulation des biens et des personnes de l'Union Européenne...

Il existe également un problème technique lié aux produits de première fraîcheur (viande, poisson, produits laitiers, produits préparés...). Ceux-ci nécessitent des emballages dont tout ou partie est à usage unique. Il s'agit, par exemple, des fameux opercules fraîcheur. Il y a donc, dans ce domaine, des procédés et des matériaux à mettre au point pour les rendre recyclables et/ou réutilisables, sachant que les organismes de certifications sont très pointilleux. Si cela ne semble pas (du moins de l'extérieur) intéresser beaucoup d'industriels jusqu'à présent, je pense qu'il s'agit du produit du futur qui fera du détenteur de son brevet quelqu'un de riche. Dans la même veine, on notera que le pire exemple en matière de déchets provient des plats préparés : qualité très moyenne, emballage fraîcheur, sur emballage : tout finit à la poubelle... Il s'agit d'un marché extrêmement juteux exploitant le défaut moderne qui relègue l'alimentation à un plan secondaire par manque de temps et de motivation...

Dans un premier temps, il serait bon d'appliquer un système de consignation à tous les produits liquides alimentaires, avant de l'étendre aux contenants en verre, puis à l'ensemble des produits. Un premier pas dans la suppression des matières plastiques a été fait de part l'interdiction de distribution des sacs plastiques car, en plus d'utiliser des ressources, ils sont souvent source de pollution grave. Ce genre de mesure est de nos jours totalement comprise et acceptée (même si on râle quand on a oublié de prendre le sac des courses). On ne souhaiterait même plus revenir en arrière étant donné que les sacs réutilisables sont bien plus pratiques !

L'écologie de manière générale a un coût et nécessite une volonté et des efforts de chacun. Reste à savoir si l'on continue à exploiter aveuglément toutes nos ressources naturelles jusqu'à ce que mort s'en suive, ou si l'on décide de réagir afin d'infléchir la tendance.