Politique
Thursday, 16 March 2017
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Écrit par
Grégory Soutadé

Coq cassé (logo FFR)

C'est ainsi depuis des années, le XV de France est une équipe aux résultats aléatoires. Capable de renverser n'importe quelle nation, capable de performances individuelles et collectives d'un très haut niveau, mais aussi capable de défaites plus ou moins cuisantes, plus ou moins courageuses. Tout le monde aime son équipe nationale et tout le monde a envie qu'elle gagne !

On pourrait discuter longtemps du modèle "à la française" où les joueurs sont partagés (quand ils sont sur la feuille de match) entre un championnat national relevé, une coupe d'Europe qui est la priorité des clubs britanniques et une sélection nationale exigeante. On pourrait également pointer du doigt la formation, le choix des joueurs étrangers dans les clubs, les blessures, le manque de temps de préparation, la rotation incessante autour des postes clés...

C'est un dilemme sans fin. Le combat entre la fédération française de rugby, association sportive promouvant le rugby, et la ligue national de rugby, donc les clubs. Après huit ans passés à la tête de la fédération, Pierre Camou est battu par Bernard Laporte lors des dernières élections. Ce dernier est porteur d'un projet neuf, voulant, comme tout ancien joueur, ancien sélectionneur et ancien entraîneur, porter le rugby français au plus haut. Cela passe avant tout par les joueurs qui, sous les directives de l'entraîneur doivent mouiller le maillot, se surpasser, déchirer la défense adverse et faire la passe au bon moment pour offrir l'essai à son co équipier, son équipe, son pays.

C'est à ce moment que le récit se corse. On a pu assister lors de la dernière tournée de novembre à des actions de grande envergure, issues d'un projet de jeu (mis en place par Guy Novès) qui semblait avoir intégré. Les Bleus se sont battus comme des coqs pour défendre bec et ongle les couleurs de leur maillot ! C'est un objectif et une reconnaissance dont rêvent tous les joueurs professionnels, mais aussi et surtout un honneur de le porter, de le défendre. L'histoire n'en retiendra que le résultat, une défaite de plus à ajouter aux statistiques. Mais le grand public a (re)découvert son équipe, l'a supportée, l'a portée, l'a aimée.

Bernard Laporte est un homme de parole. Dans son programme, il était clairement inscrit qu'il apposerait un sponsor sur le maillot aux trois couleurs. En effet, la France était la dernière grande nation du rugby à ne pas l'avoir fait. Si cela peut paraître étrange pour les nations anglo-saxonnes (quand il y a de l'argent à se faire, ils sont toujours présents), c'est, de mon point de vue tout à fait inacceptable ! On dénature la valeur des joueurs, leur engagement, ce pour quoi ils devraient être si fier. Le tout, au profit d'une société commerciale (quelle qu'elle soit).

Si j'avais été joueur international, je n'aurais jamais accepté de participer à ce blasphème. Quitte à perdre ma place en équipe de France.

Les défenseurs peuvent arguer que l'argent (le nerf de la guerre) ainsi récolté pourra être ré injecter dans la fédération pour avoir une équipe plus performante. Sauf que, d'après les chiffres officiels, la fédération française de rugby enregistre des recettes à hauteur de 120 146 000 € (saison 2015/2016) et réalise même un bénéfice de 1.7M€ sur cette même saison. Recettes qui sont en constantes augmentations. D'autant plus que le projet de grand stade, dont le coût était évalué à quelques 600M€, a été annulé (autre promesse de M. Laporte). L'argent, qui pourrit le sport, N'EST DONC PAS la source du problème. De l'argent, il y en a, et même s'il y en avait dix fois plus, on nous dirait qu'il en manque toujours.

Par comparaison, le budget de la fédération Neo Zélandaise est d'un peu plus de 130M€ (2015). Elle compte 150 000 licenciés, là où il y en a 450 000 en France. La différence (outre le sponsor maillot de la Nouvelle Zélande) : une équipe qui gagne est une équipe qui rapporte (et pas l'inverse). À mi chemin, la fédération Irlandaise (qui supporte le développement du tag rugby !) possède un budget de 76M€ (sponsor maillot compris) pour 100 000 licenciés. Le rapport budget/licenciés va donc de 1 à 4, mais on peut être champion du monde avec trois fois moins de joueurs potentiels.

Autre argument avancé : le sponsor maillot est ancré dans la culture des clubs, alors pourquoi pas au niveau national ? Sauf que les revenus des clubs sont bien moindres : moins de licenciés, moins de produits dérivés, moins de subventions, plus de matchs. Côté dépenses, il y a plus de frais pour les joueurs (qui évoluent toute l'année), les structures, l'encadrement. Par exemple, le stade Toulousain a dégagé en 2016 un chiffre d'affaire de presque 30M€ et a contracté 1.5M€ de pertes. Dans ce cas, les sponsors sont nécessaires pour assurer la (sur)vie du club. D'autant plus que la fédération, même s'ils n'apparaissent pas sur le maillot, a elle aussi des sponsors officiels ! Qui sont présents lors des 8 matchs annuels, à multiplier par 3 si on ajoute les moins de 20 ans et les filles, plus ceux du rugby à 7 (même s'il est peu médiatisé). Ajoutons également, que le maillot officiel est renouvelé chaque année afin d'augmenter les ventes.

On passera sur le choix du sponsor, probablement politique, M. Altrad étant propriétaire du club de Montpellier, il a déjà apposé son nom sur le stade Yves-du-Manoir. Pour autant, lors de sa première apparition, ce dernier était plutôt discret et relativement bien intégré sur un maillot qui commence à être sérieusement surchargé ! À l'opposé, le vilain logo BMW du maillot des moins de 20 ans était tout simplement horrible. Bien sûr, il y a pire ailleurs. L'équipe de France de Handball en est le triste exemple avec pas moins de quatre sponsors ! Pourtant, elle gagne quasiment tout depuis 15 ans, et ce n'est pas grâce à l'argent de ces grandes enseignes.

Une conclusion ? Quoi de plus navrant de voir toutes ces personnes corrompues en haut des fédérations qui vendent leur âme pour de l'argent (qui a dit rétro commission ?), au détriment des valeurs, des joueurs et du public. Rien de neuf sous le soleil donc.

Friday, 28 October 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

J'ai changé ! Ah non, ça c'est moi

On nous avait promis un choc de simplification en 2013. Le gouvernement tient un décompte des mesures annoncées sur un site conçu pour l'occasion. Seulement voilà, dans les faits, le citoyen ne voit pas vraiment de changement. Et pour cause, la simplification telle que pratiquée à l'heure actuelle ne consiste qu'à rajouter une couche et des exceptions sur les dizaines de mesures déjà présentes (ou à passer par le numérique). La France est connue pour la lourdeur de son administration, lourdeur qui provient en partie de la fiscalité. Le choix politique de notre système fiscal s'est originellement tourné vers le cas particulier. Chaque mesure, chaque taxe correspond à un cas particulier : une taxe correspond au financement d'une mesure et elle n'est appliquée qu'aux personnes concernées. Le tout est couplé à un système de progressivité : celui qui gagne plus est plus taxé, et parfois à un mécanisme d'incitation : pour une (bonne) action donnée, il y a un allègement de taxe.

Si à la base, ce système se veut le plus juste possible, il en résulte une énorme usine à gaz que personne ne peut aborder dans sa totalité. Système qui, à la fois s'alourdit d'année en année, mais qui est aussi très volatile (ce qui est mauvais pour une vision et des investissements à long terme). Ce deuxième point intéresse particulièrement les politiques. En effet, plus il y a de taxes différentes, plus il y a de leviers disponibles ! On peut augmenter les revenus de l'état de manière quasi transparente pour les citoyens. De plus, si on veut créer une nouvelle réforme, on peut l'associer à une taxe idoine qui sera payée par la tranche visée. Autant dire que c'est l'"enfer" pour ceux qui doivent le gérer (voire la complexité des systèmes d'information de l'administration fiscale et l'incompatibilité de ceux-ci entre les différentes caisses), pour ceux qui en bénéficie (le fisc vient rarement vous voir pour vous dire que vous n'avez pas usé de vos droits pour telle ou telle prime) et pour ceux qui le finance (qui doivent connaître la myriade de taxe auxquelles ils sont assujettis), particulièrement quand on ne se trouve pas dans le moule.

Pour sa campagne à l'investiture des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet propose un taux d'imposition unique (de l'ordre de 22.5% comme c'est le cas actuellement pour les auto-entrepreneurs). Fini donc les effets de seuil, mais aussi fini la progressivité. Voilà l'égalité de tous face à l'impôt. C'est donc une position plutôt libérale qu'elle adopte. Position qui suscitera de fortes réactions réfractaires si elle est mise en œuvre. Néanmoins, si l'on combine la base de cette réforme avec une volonté de simplification, l'on pourrait aller beaucoup plus loin ! Quelques idées qui se basent sur un monde utopiste et sûrement beaucoup trop simpliste : la fusion de toutes les taxes et de tous les impôts.

C'est la pauvreté qu'il faudrait taxer, ça inciterait les gens à devenir riche

Salariés

Si on regarde les taxes et impôts en détail pour un salarié standard, on peut compter au moins : charges patronales, charges salariales, impôt sur le revenu, TVA(s), impôts locaux (taxe d'habitation, taxe foncière, taxe d'ordures ménagère, taxe sur l'audiovisuel...). Ce qui nous amène à un taux d'imposition global de l'ordre de 50%/60% (à la louche). L'objectif ici est d'avoir un seul impôt, prélevé à la source, de l'ordre de 50%. Ensuite, plus aucune taxe, ni impôt supplémentaire : adieu TVA, impôts locaux, frais de succession, plus valus immobilière... Cela vaut pour les traitements et salaires, mais aussi pour tous les autres revenus. Charge au gouvernement de répartir ce budget fixe. Ce dernier devra tenir compte de la nature des revenus pour l'affecter aux canaux appropriés. Particulièrement ce qui concerne les cotisations retraite, chômage et sécurité sociale. Les communes se verront affecté un budget dépendant directement de leur taille.

Non, l'objectif n'est pas de ruiner les bas salaires. Aujourd'hui, le gouvernement redistribue en utilisant plusieurs canaux selon sa situation familiale (nombre d'enfants à charge, parent isolé), fiscale (revenu) et patrimoniale (niches fiscales) : des canaux fiscaux avec un allègement de taxe, un crédit ou une exonération des différents impôts (revenu, locaux), des primes (prime à la casse) et des allocations (allocations familiales). Le but serait de regrouper tous ces mécanismes en une seule allocation mensuelle prenant en compte l'ensemble des paramètres du foyer fiscal. Le tout, calculé automatiquement à partir de la situation déclarée du citoyen.

Régimes spéciaux

Dans la continuité d'une réforme égalitaire, il ne devrait plus exister de régime spécial, ni de différence entre employés de la fonction publique et du privé. Deux seuls types de contrats seraient disponibles : CDD et CDI. Concernant le calcul de la retraite, plutôt que des formules compliquées favorisant certaines classes ou populations, il faudrait réaliser une moyenne des cotisations indexées (comprenant plancher et plafond) afin que le système soit à l'équilibre. Contrairement au régime actuel qui fait peser le poids des retraites sur les actifs (et que se passe-t-il en cas de papy boom ??).

Entreprises et indépendants

Je voudrais placer plus de trois millions... N'importe où, en moins de 8 secondes

Comme pour les personnes physiques, les personnes morales devraient voir leurs bénéfices imposé à 50% sans autre forme de taxe ou d'impôt. Car, plus encore que les citoyens, elles sont sujettes à des dizaines de taxes en tout genre. Résultat, si une entreprise est en difficulté ou ne réalise pas de bénéfice, elle n'est pas sur taxée sur ce qu'elle n'a pas gagné. Concernant les formes, il serait là aussi plus simple de n'en retenir qu'une seule : la société par actions à responsabilité limitée. Libre au(x) fondateur(s) de choisir le mode de gérance, la répartition des actions, l'entrée ou sortie de nouveaux actionnaires, tout en gardant obligatoire la soumission des comptes annuels au tribunal de commerce ainsi que la déclaration de la masse salariale à l'URSSAF. Les dividendes perçues par les actionnaires entrent directement dans l'impôt sur le revenu. Les indépendants, artisans, agriculteurs, devront ainsi créer leur société afin de supporter légalement l'activité. Ce qui n'empêche pas d'avoir des frais de gestion liés à l'immatriculation d'une nouvelle entité. Comme pour les citoyens, les sociétés qui bénéficient d'avantages fiscaux se verraient créer un guichet unique afin de récupérer leur dû.

Conclusion

Cette on se partage le cochon

Ce nouveau système (simpliste), bien que moralement fondé, est utopique. Il empêche l'état de multiplier les taxes à foison (et la tentation de rajouter des taxes exceptionnelles serait grande). Il l'empêche également de jouer finement sur la fiscalité pour augmenter les revenus de l'état (ou faire des cadeaux fiscaux à l'approche des échéances électorales). Il empêche les taxes incitatives par bonus/malus (qui sont censées s'auto-financer). Il oblige l'ensemble des personnes morales et physiques à être imposé pour des biens et services qu'elles ne consomment pas forcément (TVA obligatoire). Autant dire, qu'aucun politique n'aura jamais l'audace de le proposer. Pourtant, les bons côtés seraient : une égalité de tous face à l'impôt, un guichet unique tant en perception qu'en rétribution, ainsi qu'une simplification des démarches administratives. L'ensemble des points positifs semblent dérisoires. Pourtant, faciliter la création et la gestion des entreprises/foyers revient à donner un coup d'accélérateur à l'économie en supprimant des millions d'heures que perdent chaque année les Français dans de la paperasse administrative inutile.

Thursday, 18 February 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

Un instant !!!

Qu'est qui ya ?

C'est un nouveau patient, il faut l'enregistrer

On l'enregistrera plus tard, il a un couteau dans le dos

C'est la consigne

C'est où qu'on signe ?

C'est là qu'on signe

François Pérusse - Les urgences - 7

Ariane vend des confitures qu'elle fabrique artisanalement dans son petit laboratoire de Mouans-Sartoux. Un soin tout particulier est apporté, tant dans la fabrication, que dans la sélection des matières premières. C'est le parfait exemple de l'artisan de proximité, chose qui devient rare de nos jours. Seulement voilà, quand on ramène gentiment le pot de confiture vide (et propre) que l'on a acheté la semaine passée, Ariane nous indique qu'elle ne les reprend pas...

La réponse a de quoi surprendre, surtout que Mouans-Sartoux est réputée pour être une ville tournée vers l'écologie. Deux hypothèses s'offrent ici :

  • Soit Ariane achète des pots déjà stérilisés (et donc ne le fait pas elle-même)
  • Soit Ariane ne veut pas s'encombrer de cette charge de travail supplémentaire

Dans tous les cas, le pot finira dans un container de recyclage du verre. Ce type de recyclage a été le premier à voir le jour en France, suite à l'abandon progressive des consignes dans les années 60. Pour autant, même si elle est recyclée, une bouteille en verre ne pourra fournir que 80% à 90% de la matière première nécessaire à la fabrication d'une autre bouteille, le tout en étant fondu à plus de 1500°C. Il s'agit donc d'un processus complexe qui nécessite un matériel de pointe et beaucoup d'énergie. Pour faire bien, il faudrait aussi séparer le verre blanc et le verre coloré (à partir duquel on ne peut plus produire de verre blanc), ce qui n'est pas le cas en France. Le verre utilisé pour la vaisselle domestique n'est quant-à-lui pas recyclable car il utilise des composants de type vitrocéramique. On notera tout de même que le système de consigne des bouteilles persiste dans le cas des débits de boisson.

Cet exemple n'est que l'arbre qui cache la forêt. L'écologie est un domaine qui commence à toucher de plus en plus de consommateurspersonnes, faisant naître progressivement une prise de conscience collective, même si relativement réduite par rapport à l'ensemble de population mondiale dont la première des priorités est d'assurer sa propre survie (et pas forcément celle de ses descendants). On se rend compte qu'il est nécessaireimpératif de réduire la production de déchets (donc d'utilisation d'énergie et de matières premières). Les épiceries et petits commerces "bio" sont, dans ce secteur, souvent en avance. La dernière idée est de réduire les emballages au strict minimum : fini les portions individuelles, on vend désormais en vrac !

À moins d'avoir de très grosses mains pour pouvoir transporter tous ses produits, il faut donc des contenants. Le siècle dernier a été le siècle du pétrole. Pétrole à partir duquel on a pu synthétiser des plastiques plus ou moins appropriés à une utilisation alimentaire. Ces plastiques ont complètement éclipsés les contenants traditionnels tel que le verre : plus légers, plus résistants aux chocs, moins chers, aussi (voir plus) malléables. Le coût de transport et de stockage ont, de fait, été largement réduits. On pourrait arguer que le plastique est lui aussi recyclable, ce serait encore mieux s'il était réutilisable !

Le carton est l'autre grand gagnant dans la guerre des emballages : léger, peu cher, suffisamment solide pour sa tâche, facilement personnalisable, également recyclable, il peut même provenir de sources renouvelables, mais n'est toujours pas réutilisable !

Cette question des emballages est à la fois importante et universelle. Comme mentionné plus haut, certaines épiceries (bio ou non) vendent désormais en vrac. L'idée est bonne, mais n'est pas applicable à tous les produits. Un des inconvénients de ce système est la perte de fraîcheur du produit (exposé à l'air ambiant), ainsi que l'écrasement de celui-ci s'il se trouve dans des containers trop grands (les pertes sont d'autant plus grandes que le débit est faible), là où l'industrie agroalimentaire nous a habitué aux portions "individuelles".

Une solution naïve consisterait à prendre le meilleur des deux mondes : avoir des portions individuelles dans des emballages réutilisables (en verre ou non). Il faudrait donc revenir à ce fameux système de consigne. Sur le papier, l'idée est belle mais requiert un effort énorme.

En effet, l’essor des transports a permis de réduire virtuellement la distance entre producteurs et consommateurs. au XIXe siècle, il était peu envisageable de se fournir en matières premières alimentaires provenant de l'autre bout de la France. Les durées de transport et les modes de conservations n'étant pas suffisamment au point. On achetait donc des fruits et légumes du coin, le lait et les œufs provenaient de la ferme de Mme Michu... De nos jours, un Marseille-Paris se fait en une journée pour un transporteur. Rien de neuf là dedans me direz-vous. Pourtant, quand on regarde le paquet de biscuit de son supermarché, on ne réalise pas forcément combien il peut y avoir d'acteurs intervenants dans la chaîne. À minima, pour un produit 100% fabriqué en France, on peut trouver :

  • Les producteurs de matières premières
  • (Éventuellement) des grossistes
  • L'usine qui a réalisé le produit
  • Les producteurs d'emballages
  • Le distributeur (chaîne de magasins) qui possède une ou plusieurs centrales nationales
  • Le distributeur local

Le tout en ayant subi divers aller-retour via des transporteurs. La crise agricole qui secoue les médias n'en est que le reflet : le producteur ne vend plus directement au consommateur, mais à une chaîne de transformation/distribution qui se trouve alors en position de force pour négocier les tarifs (et qui peut surtout se fournir à l'étranger). Chaîne qui voit les emballages plastiques et cartons comme une aubaine extraordinaire de réduction des coûts. La charge du recyclage est alors assurée d'une part par le consommateur qui va trier ses déchets (hors emballages intermédiaires), puis par la collectivité locale qui va les récupérer, et enfin par le centre de recyclage. Il n'y a donc (pour l'industriel) aucun coût lié au produit une fois qu'il est sorti de l'usine, mis à part le service après-vente à cause d'une éventuelle erreur de fabrication.

La mise en place d'un système de consigne impliquerait une capacité à minima de tri, de stockage et peut-être de nettoyage (qui doit être fait au plus tôt) de la part du réseau de distribution, de gestion des retours et de nettoyage (stérilisation) de la part de l'industriel. Mécanisme qui a un coût non négligeable et qui nécessite une logistique importante. Le surcoût de la consigne était autrefois assumé par le consommateur. Une hausse généralisée des tarifs serait-elle acceptée ? Difficile de répondre oui quand on voit la guerre incessante des prix que se livrent les grandes chaînes qui compressent les coûts au maximum, quitte à vendre des produits de moins bonne qualité ou en étouffant les fournisseurs...

Autre point exploité par les industriels : l'identité visuelle. L'emballage d'un produit reflète une identité. En plus du marquage légal (composition, propriétés nutritionnelles, service après-vente...), l'industriel appose sa marque, son logo, sa publicité et même la forme de son emballage. il en résulte un moyen fort de communication et de différentiation là où un système de contenant uniforme permettrait de simplifier la consignation (multi sources, multi destinations).

Dernière barrière : la volonté du consommateur. Le monde a évolué. La gestion de l'alimentation (choix des repas, approvisionnement, préparation, vaisselle) demande beaucoup de temps. Autrefois, ce sont les femmes qui en héritaient. La situation a un peu changé avec une certaine répartition des tâches, mais, dans l'ensemble, les femmes restent maîtresses en cuisine, en plus de faire une journée complète de travail hors du domicile ! Donc, le temps lié à l'approvisionnement est une tâche que l'on essaie de réduire au maximum (d'où la popularité croissante des "drives"). La stratégie principalement appliquée par les actifs étant un seul passage au supermarché par semaine pour obtenir un (très) gros chariot. Passage qui se fait lors du peu de temps libre disponible. Dans ce cas, laver, trier et ramener des contenants d'une part, les déplacer durant toute la durée des courses d'autre part, nécessite un certain courage, d'autant plus si ces derniers se retrouvent plus lourds que le couple carton/plastique. La seule solution consisterait à fragmenter les courses en deux ou trois fois par semaine, ce qui est encore plus chronophage.

Bien que coûteux, il ne semblerait donc pas impossible de mettre en place un système de consigne. Néanmoins, cet exemple a un biais : l'usine de production se situe en France. Imposer la consignation à toute l'industrie agroalimentaire exclurait de fait une large partie des produits étrangers, ce qui reviendrait potentiellement à enfreindre la règle de libre circulation des biens et des personnes de l'Union Européenne...

Il existe également un problème technique lié aux produits de première fraîcheur (viande, poisson, produits laitiers, produits préparés...). Ceux-ci nécessitent des emballages dont tout ou partie est à usage unique. Il s'agit, par exemple, des fameux opercules fraîcheur. Il y a donc, dans ce domaine, des procédés et des matériaux à mettre au point pour les rendre recyclables et/ou réutilisables, sachant que les organismes de certifications sont très pointilleux. Si cela ne semble pas (du moins de l'extérieur) intéresser beaucoup d'industriels jusqu'à présent, je pense qu'il s'agit du produit du futur qui fera du détenteur de son brevet quelqu'un de riche. Dans la même veine, on notera que le pire exemple en matière de déchets provient des plats préparés : qualité très moyenne, emballage fraîcheur, sur emballage : tout finit à la poubelle... Il s'agit d'un marché extrêmement juteux exploitant le défaut moderne qui relègue l'alimentation à un plan secondaire par manque de temps et de motivation...

Dans un premier temps, il serait bon d'appliquer un système de consignation à tous les produits liquides alimentaires, avant de l'étendre aux contenants en verre, puis à l'ensemble des produits. Un premier pas dans la suppression des matières plastiques a été fait de part l'interdiction de distribution des sacs plastiques car, en plus d'utiliser des ressources, ils sont souvent source de pollution grave. Ce genre de mesure est de nos jours totalement comprise et acceptée (même si on râle quand on a oublié de prendre le sac des courses). On ne souhaiterait même plus revenir en arrière étant donné que les sacs réutilisables sont bien plus pratiques !

L'écologie de manière générale a un coût et nécessite une volonté et des efforts de chacun. Reste à savoir si l'on continue à exploiter aveuglément toutes nos ressources naturelles jusqu'à ce que mort s'en suive, ou si l'on décide de réagir afin d'infléchir la tendance.

Friday, 20 November 2015
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Écrit par
Grégory Soutadé

Je suis Paris

C'était il y a quelques mois. Nadine Morano, en perte de vitesse dans un parti qui n'a d'unité que celle de son président, a déclaré publiquement "La France est un pays judéo-chrétien, de race blanche.". C'est pas moi qui l'ai dit, c'est De Gaulle.

"Ce qui me choque, c'est que vous fassiez encore cette distinction" rétorque Laurent Ruquier. La bombe était lâché, elle a alimenté les médias pendant une bonne semaine. Le débat dérive alors sur les terres de la laïcité, pour y revenir un peu plus tard.

"Si vous voulez être présidente de la République un jour, n'utilisez plus jamais le mot race, parce que c'est indécent" conclu Yann Moix.

En effet, ce type de déclaration choque en dehors de contexte et de réflexion. Une petite phrase, plusieurs notions : Qu'est-ce que la France ? Qu'est-ce que la République Française ? Qu'est-ce qu'une race ? Quel est le rôle des médias et de la société dans le formatage de l'information ?

Tout d'abord, qu'est-ce que la France ? La France d'aujourd'hui est géographiquement définie par des frontières connues vis-à-vis des autres états. Elle est composée de citoyens Français et non Français. Son interlocuteur au niveau international est représenté par le gouvernement. Gouvernement élu lors d'élections démocratiques. Il s'agit d'un schéma classique dans le monde actuel, schéma lui-même issu du modèle de ... la révolution Française !

Cet état de fait n'a pas toujours été en vigueur. Ses frontières, par exemple, ont variés dans le temps. Il y a peu, l'Alsace ne faisait plus partie de son territoire. Si l'on remonte un peu plus, on peut éventuellement associer la notion de France au royaume des Francs, ou du moins à une partie de ce qu'il a pu être il y a 1500 ans. Et avant ? Elle faisait partie de l'Empire Romain d'Occident. Et avant ? Une terre peuplée de "barbares". Et avant ? Une terre.

L'origine de la France est donc sujette à discussion. Néanmoins, ce qui fait une nation, ce n'est pas tant ses frontières, ni ses représentants politique, mais bel et bien les humains qui la compose. Des humains, donc une culture, une langue, une histoire commune. En somme, une identité. Cette identité est ce qui distingue un Français, d'un Italien ou d'un Allemand. La culture Française est à la fois un brassage Européen, national et local. Fait étonnant, le mode de vie est différent entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest du fait des disparités géographiques et micro culturelles. Pourtant, il n'y a qu'un seul pays.

Force est de reconnaître que la religion majoritaire et traditionnelle est le Christianisme.

En ces temps de tensions religieuses, qui n'est rien d'autre qu'une guerre de pouvoir sous couvert de la religion, chaque mot compte. Attiser les tensions est facile, et même, politiquement intéressant. Car, si la France est traditionnellement issue de peuples d'Europe occidentale, elle possède une histoire forte avec ses anciennes colonies, et plus particulièrement les colonies issues d'Afrique, reflet d'un âge d'or dont le point culminant se situe au XIXe siècle.

Du fait de leur supériorité technologique, les Européens ont toujours considéré les populations locales comme des esclaves ou assimilés. La différence culturelle forte pour ces minorités grandissantes n'a pas aidé à leur intégration lorsque ceux-ci sont venus s'installer en métropole. Pas plus que le rejet du statut de citoyen Français post seconde guerre mondiale, et encore moins la décolonisation sanglante qui s'en suivie. Il faut ajouter à cela la pauvreté et la concentration urbaine, pour parer au plus pressé dans une France en reconstruction. En découle de la misère, de la violence et du communautarisme. On vit ensemble, mais chacun de son côté.

C'est un cercle vicieux, dont il est difficile de sortir. On ne voit et on ne nous montre que les mauvaises expériences avec les populations défavorisées. Populations, qui, bien que travaillant dans l'ombre, ne sont vues que comme délinquants et mangeurs de ressources. Statistiques à l'appui, il y a une relation entre population d'origine étrangère et délinquance. On pourrait conclure ici, pourtant, la délinquance n'est pas une caractéristique des étrangers, mais bel et bien de la pauvreté (tant matérielle qu'intellectuelle).

En ces temps économiquement difficiles, il n'est pas évident de se faire à l'idée qu'il faudra partager encore plus le gâteau, alors qu'on le voit fondre régulièrement. C'est pourtant la notion de Fraternité à la base de notre République. Cependant, la fraternité n'est pas à sens unique, et chacun doit y mettre du sien pour que le système fonctionne. Comme pour l'amitié, c'est une relation multi-parties. Faire le premier pas pour une réconciliation est un acte difficile.

Où est passé l'ascenseur social me direz-vous ? J'entends au loin hurler qu'il est cassé, ce qui est faux. L'ascenseur social, est là, mais on refuse de le voir, il s'appelle "éducation". L'éducation, c'est ce qui nous distingue des animaux. L'éducation, c'est apprendre la notion de ce qui est bon, de ce qui est mauvais, du respect, de la vie en société. On pourra mettre des milliards pour lutter contre la pauvreté sans résultat si on n'en accorde pas une grande partie à l'éducation. À l'éducation, il faudra ajouter l'instruction afin d'avoir des repères intellectuels, pratiques, d'avoir des connaissances suffisantes pour connaître le monde, le comprendre, y évoluer et développer son sens critique (permettant d'évaluer la véracité de telle information ou de tel discours). Ces notions sont des armes puissantes, si bien que les régimes totalitaires en restreignent le plus possible l'accès, particulièrement aux femmes. Pourquoi les femmes ? Parce que ce sont elles qui s'occupent des enfants ! Par l'éducation on peut modeler un homme comme on le souhaite.

Il n'y a pas de secret, la réussite est directement liée à l'éducation/l'instruction. Les personnes sortant des meilleures écoles auront une bonne situation. Mais il ne faut pas restreindre l'instruction à un point de vue purement intellectuel. L'éducation aux métiers manuels peut aussi mener à une excellence technique reconnue (et donc rémunérée), quel que soit le domaine. Bien sûr, prendre cet ascenseur demande plus d'effort que de monter dans celui de la facilité, de la délinquance, où on finit par stagner rapidement...

C'est en 1932 que le ministère de l'Instruction Publique (initié sous la Restauration) devient celui de l'Éducation Nationale. L'Éducation Nationale porte mal son nom, puisque sa mission n'est pas d'éduquer, mais d'instruire. Autrefois elle en avait les moyens (et même un peu trop). Ces abus ont progressivement été restreints dans le statut de l'enseignant, qui doit désormais se concentrer sur l'instruction. Instruction qui est impossible s'il n'y a pas d'éducation à la base.

L'autre fait sociétal est le déclin de l'instruction en lui-même, particulièrement sous le gouvernement actuel. Les enfants sont pris pour des idiots incapables de travailler et d'apprendre par cœur les notions de base (le b-a ba). Tout est mis en œuvre pour qu'ils ne se retrouvent pas devant une situation d'échec. Résultat, on n'inculque plus de repères et de notions simples. Alors qu'il faudrait plutôt travailler (et donc former les enseignants) à la gestion de l'échec. Le problème est pris à l'envers. Un article satirique particulièrement drôle est paru sur legorafi à ce sujet.

Il y a donc en France plusieurs peuples qui cohabitent plus ou moins bien. Mais peut-on parler de "race" ? Le dictionnaire (Larousse) donne des définitions antagonistes :

Population animale résultant, par sélection, de la subdivision d'une même espèce et possédant un certain nombre de caractères communs transmissibles d'une génération à la suivante.

Catégorie de classement de l'espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels, sans aucune base scientifique et dont l'emploi est au fondement des divers racismes et de leurs pratiques. (Face à la diversité humaine, une classification sur les critères les plus immédiatement apparents [couleur de la peau surtout] a été mise en place et a prévalu tout au long du XIXe siècle. Les progrès de la génétique conduisent aujourd'hui à rejeter toute tentative de classification raciale chez les êtres humains.)

Littéraire. Lignée familiale considérée dans sa continuité ; ensemble des ascendants ou des descendants d'un personnage ou d'un groupe humain

Ensemble de personnes présentant des caractères communs (profession, comportement, etc.), et que l'on réunit dans une même catégorie

En résumé, une race est un groupe d'une même espèce possédant des caractéristiques communes. Cependant, s'il est permit de subdiviser les espèces animales, on ne doit plus faire de distinction de race en ce qui concerne l'espèce humaine. Scientifiquement, l'humain est une espèce animale, cette décision est donc purement philosophique. On touche ici aux mœurs sociétales qui ne veulent pas faire de distinction entre les êtres humains. Si la volonté est bonne, à savoir que tous les humains sont égaux (concept d'Égalité de la République), on en vient simplement à nier progressivement nos différences.

Cette recherche absolue de l'égalité est absurde. Charles Darwin (ah mince, un contemporain du XIXe) a développé la théorie de l'évolution. Théorie (bien qu'affinée) que personne ne conteste aujourd'hui. Un organisme biologique évolue dans son environnement physique direct dans le sens de la survie de l'espèce. Il va muter afin qu'un maximum de ses représentants puissent survivre. Les plus faibles et les moins adaptés mourront et/ou ne se reproduiront pas.

Toujours en suivant cette théorie, on peut avancer l'hypothèse que tous les êtres vivants actuellement sur Terre sont issus d'une ou plusieurs souches.

Les mammifères (donc l'Homme) en particulier ont une seule souche commune. Si on avance dans le temps, on peut trouver le groupe des Hominidés, dont l'Homo Sapiens est un sous-ensemble. C'est le père de tous les humains. Voilà où s'arrêtent les philosophes. Pourtant, selon sa répartition géographique, l'Homo Sapiens a légèrement muté. On a ainsi une multitude de morphotypes distincts, chacun étant adapté à son environnement, à son alimentation, à son mode de vie, que l'on se refuse de classer en race, ne voulant pas retenir un critère particulier. S'ils ne sont pas incompatibles entre eux, les humains sont bel et bien différents : la peau foncée est adaptée à un soleil fort, au contraire, la peau claire permet de capter le soleil, les peuples vivant en altitude ont un système cardiovasculaire en conséquence, les Européens, ayant un mode de vie confortable seront en moyenne plus grands, les yeux bridés permettent de se protéger de la réverbération du soleil et du vent...

Pour éviter toute forme de racisme, on impose une restriction plutôt que d'éduquer à la compréhension et la tolérance de nos différences. Le problème est encore une fois pris à l'envers. Comble de l'hypocrisie, les gens policés parleront de "type", ce qui revient strictement au même.

Reconnaître nos différences, ce ne serait pas établir un ordre hiérarchique, ce n'est pas dire celui-là est mieux, celui-là est mal. L'aberration actuelle, dans la recherche de l'égalité absolue conduit à des comportements tels que, par exemple, réaliser de la discrimination positive, qui impose des personnes pas forcément compétentes là où d'autres auraient été beaucoup plus efficaces. La parité obligatoire est une autre forme de discrimination positive. Ce n'est pas en imposant que l'on va changer les mentalités. La seule chose importante étant la compétence et la capacité d'intégration à une équipe. C'est cela qu'il faut inculquer, non pas trouver une solution de substitution bancale.

La nature, par essence, c'est la diversité, c'est l'inégalité. La société essaie de compenser cette inégalité grâce aux armes juridiques dont elle dispose, parfois un peu trop. Il n'est nul question de segmenter ou de créer des interdictions, mais, typiquement, certains domaines professionnels sont plus favorables aux hommes qu'aux femmes, et inversement. Les hommes sont plus à l'aise pour des aspects techniques et matériels, tandis que les femmes ont une plus grande sensibilité dans les contacts humains. Caractères qui sont le fruit de notre condition animale : la force de chasser et subvenir aux besoins primaires pour l'un, la douceur d'enfanter et d'élever pour l'autre. La négation de ces éléments traduit l'incompréhension de ce que nous sommes. Chose encore plus terrible car il en découle un manque de repères clairs pour les générations actuelles et futures.

En poussant ce concept d'égalité à l'extrême, on pourrait imposer un salaire, une habitation, des biens matériels, une religion, une façon de penser, un morphotype (certains petits bruns Austro-Hongrois seraient ravis). Il n'y aurait plus que des clones d'Humains sur terre. C'est, au fond, un simili de communisme. Bien que cette thèse se base sur des idées louables, son application est contre nature. En imposant l'égalité, on divise. D'un côté ceux qui imposent, de l'autre ceux qui sont imposés. On freine l'évolution, l'innovation, l'imagination, qui découle de la liberté, et donc de la différence.

Heureusement pour nous, le premier fondement de la République est la Liberté. Liberté qui permet à tout un chacun de vivre selon ses principes, du moment qu'ils sont conformes à la législation en vigueur. C'est cette liberté qui fait que notre société évolue en fonction des peuples qui la compose. Nadine Morano ne veut pas que son quartier change, que des mosquées s'y construisent. Elle a peur de perdre son identité. Question est épineuse que celle de l'identité. D'ailleurs, le pseudo débat national d'il y a quelques années n'a aboutit à rien. Le monde évolue constamment, les choses changent tôt ou tard. Si l'on veut conserver son identité, il faut l'entretenir, qu'il y ait une mosquée en face de chez soi ou non. La culture, les traditions, les langues, la gastronomie, le savoir faire, les produits, la philosophie, il faut les entretenir activement. C'est un travail réel qui ne se fera pas juste parce qu'on le souhaite. Comme une vieille église, on ne peut déplorer son érosion si on ne fait rien pour la conserver.

Encore une fois, il faut éduquer les gens, c'est notre seul salut. Nous ne nous rendons pas forcément compte de la richesse et de la diversité culturelle que nous possédons en France. Du savoir et de l'expérience de nos anciens (qui ont connu un monde simple et brut), qui disparaît avec eux. L'ère de l'instantanéité, de la mono culture, de la mono idéologie, de la mondialisation nous fait souvent oublier nos racines, nos repères et nous fait parfois perdre de vue les fondamentaux.

Les paroles de Mme Morano sont choquantes dans un monde où il faut être politiquement correct, où l'on ne peut pas exposer une réflexion dans un temps de parole très court. D'un certain côté, heureusement, car l'arrière pensée n'est pas celle que je viens de développer, mais uniquement à but électoral, politicien. Pour que les médias s'intéressent à une personne en manque de lumière, ayant un discours populiste primaire. Malheureusement, ce n'est pas la seule dans ce cas...

Réflexions à la mémoire d'André Gastaud (1940-2015)