Musique
Wednesday, 08 March 2017
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Écrit par
Grégory Soutadé

 Au Kao

TIC sur scène

The Inspector Cluzo est un groupe qui tourne beaucoup à l'international, un peu moins en France et (comme beaucoup d'autres) encore moins dans le Sud Est (la barrière Alpine sûrement). Donc, quand ils annoncent un passage à Lyon, on n'hésite pas !

Le concert est programmé pour 20h au Ninkasi Gerland Kao (près des halles Tony Garnier), pas de première partie (et ça c'est bien), ils entrent en scène à 20h30, ce qui est fort ponctuel pour des musicos. Sur l'estrade, les deux compères s'amusent, rigolent, interpellent le public et jouent les yeux fermés. La complicité qui règne entre ces deux-là est impressionnante. Ils s'éclatent comme des gosses devant les quelques 200 personnes présentes.

Il s'agit d'un concert de rock, c'est donc moins structuré qu'avec des groupes classiques (on aime ou on n'aime pas). L'ambiance monte crescendo. La performance vocale de Laurent est impressionnante dans les aiguës, ça accroche un peu dans les graves. Côté set-list, nous avons droit à quelques morceaux du dernier album suivis des incontournables "Two Days" et "Fuck The Bass Player" (joués trop rapidement à mon goût) avant le grand final de "Put Your Hands Up" où tout le monde se déchaîne.

Le stand des goodies est prit d'assaut en fin de concert. Dans le désordre Laurent et Mathieu vendent des albums, des t-shirts, des bérets, dédicacent. Les stickers sont offerts. La grosse attraction est la conserve de confit d'oie d'1kg (à ne consommer que d'ici trois ou quatre mois) qui part tout aussi bien que le reste.

Je crois qu'à la fin, autant les spectateurs (venant parfois de loin) que le groupe étaient ravis de la soirée.

Lyon

Panorama de Lyon depuis la colline de Fourvière

Ce concert fut également une bonne occasion pour passer quelques jours à Lyon. Malgré le temps détestable qu'il a pu faire, Lyon se révèle toujours un peu plus riche d'un point de vue culturel, culinaire et historique. Ici, quelques photos de l'île Barbe. La restauration de la chapelle sera terminée l'année prochaine et une visite guidée sera proposée par la propriétaire des lieux en personne.

Île Barbe depuis la berge

Une propriété sur l'île Allé arrière

Mais aussi, à la faveur d'une belle demi journée, les ruines de la grande cité romaine de Lugdunum près de la basilique Fourvière. La plus grande de Gaule. Elle abrita jusqu'à 80 000 personnes à son apogée voilà presque 2 000 ans.

Panorama de Lugdunum Théâtre de Lugdunum

À ne pas manquer également, la visite du musée de l'institut Lumière à Monplaisir, un dîner à l'institut Paul Bocuse ainsi que le traditionnel repas à la brasserie Georges (à la table des frères Lumière s'il vous plaît !).

Thursday, 18 August 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

Leo Moracchioli

Leo Moracchioli

Il existe des êtres doués d'une intelligence supra normale, des génies qui possèdent entre autres la faculté d'assumer n'importe quelle identité. En 1963, les chercheurs d'une entreprise appelée « Le Centre » ont mis en isolement un de ces êtres, un jeune garçon nommé Jarod et exploitèrent son génie pour des recherches secrètes. Mais un jour le « Caméléon » leur échappa...

Le Caméléon (The pretender)

C'est ainsi que je pourrais introduire cet article. Ce norvégien (dont le nom a une consonance très latine) est un véritable génie de la musique. En effet, être un bon chanteur de métal n'est pas si fréquent que ça. Être un chanteur guitariste l'est encore moins (hors pop-rock). Savoir jouer de la basse quand on maîtrise déjà la guitare, soit. Mais, en plus, maîtriser la batterie, c'est carrément exceptionnel.

Exceptionnel ? Plus encore, puisque Leo réalise lui-même ses enregistrements audio ET vidéo. Mais pas que, il est aussi capable de re créer une mélodie connue et de l'adapter en métal ! On pourrait aller jusqu'à dire qu'il a l'oreille absolue tant d'un point de vue théorique que pratique. Une sorte de Mozart des temps modernes.

Le créneau de M. Moracchioli est donc les reprises (covers) de morceaux connus en (nu-)métal (genre qui se prête parfaitement à l'exercice). Ce qu'il fait très bien d'une manière générale. Si certaines sont assez proches de l'original, d'autres donnent droit à une véritable interprétation. Il publie une reprise hebdomadaire sur sa chaîne Youtube Frog Leap Studios, qui en compte 128 à ce jour.

C'est justement grâce à Youtube qu'il a pu se faire connaître. Comme quoi, quand on utilise les réseaux interrnetsociaux de la bonne façon, on peut voir émerger des perles. La génération Youtube sera également rassasiée avec les vlogs hebdomadaires, bien qu'ils ne représentent pas, à mes yeux, un contenu très intéressant (il parle de sa vie/matériel musical).

Si on devait caractériser le style de le Leo, on pourrait le classifier très clairement dans le nu-métal. Ses reprises regorgent d'une énergie impressionnante qu'il met parfaitement en valeur dans ses clips. Il n'a pas une voix très puissante et ne cherche pas à aller au-delà de ses limites (comme dans Rolling In The Deep), ce qui montre une maîtrise technique avancée. Bref, c'est un artiste complet que chacun pourra adopter rapidement !

Mon top 5 :

Patreon

Vivre de sa passion, particulièrement quand on est artiste, est un privilège assez rare. L'économie numérique le permet dans certains cas. Ainsi, Leo propose via des plateformes audio numérique (Loudr, Amazon, Google et Apple) ses morceaux (actuellement les trois quarts sont disponibles).

Un autre concept à la kickstart est également disponible. Il s'agit de la plateforme Patreon, qui propose de devenir un mécène en finançant automatiquement un artiste lorsqu'il produit quelque chose (ici une reprise) ou mensuellement.

Il est fascinant de voir comment, grâce à l'Internet, les gens commencent à se ré approprier des biens et des services autrefois uniquement délivrés par des entreprises ou des services d'état. Néanmoins, ma référence à kickstarter n'est pas anodine. Les plateformes qui proposent ce genre de service touchent une commission. Si cela n'est pas aberrant puisqu'elles proposent un réel service, il ne faut pas l'oublier. C'est le nouveau filon qui fait rêver tout entrepreneur web. Même si le concept de financement participatif est largement détourné pour devenir une plateforme de pré vente.

D'un autre côté, les utilisateurs sont de plus en plus réticents à sortir le porte monnaie. L'exemple le plus flagrant étant la mise à disposition des contenus audio/vidéo sur les réseaux pair-à-pair. Pour couronner le tout, en plus de la gratuité du produit, l'utilisateur réclame constamment du contenu nouveau, ce qui peut être un frein à la réelle création ou implique de sortir quelque chose de mauvais pour tenir le rythme.

Et si le service semble gratuit, c'est souvent que la plateforme souhaite augmenter le plus possible sa base d'utilisateur afin :

  • D'être racheté
  • De vendre les données personnelles (préférences utilisateur)
  • De proposer de la publicité (ciblée ou non)

C'est donc un mélange assez subtil qui s'opère et qu'il n'est pas toujours évident de suivre.

En plus de son activité de Youtubeur, Leo propose également la prestation de ses talents d'ingénieur de son (enregistrement, mixage) via son studio Frog Leap Studios, ainsi que la réalisation de concerts privés.

Ten Masked Men

Petit aparté concernant Ten Masked Men. Les groupes de reprise ne sont pas une idée nouvelle. 20 ans plus tôt, les britanniques de Ten Masked Men sortaient un album éponyme. Contrairement à Leo, ils jouent du death métal, ce qui donne une certaine lourdeur aux morceaux, mais nécessite des prouesses vocales pour arriver à tenir le débit, comme on peut l'entendre sur Gangster's Paradise. Hélas pour leur notoriété, ils ne s'appuient pas sur la vidéo pour propager leur musique. Leur dernier album est paru en 2014.

Bonus

Un petit bonus, qui n'a rien à voir, pour les courageux qui sont arrivés jusqu'ici : Pretty Fly (for a White Guy) mis en vidéo à partir d'un mashup de 230 films. Le résultat est bluffant.

Saturday, 19 March 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

Rockfarmers (2016)

Pochette RockFarmers

Pour reprendre la présentation officielle, Rockfarmers a été écrit et composé durant la tournée Gasconha Rocks (2013-2015), c'est-à-dire aux quatre coins du monde ! Pour cet opus, les Gascons ont eu la chance d'être mixés par Vance Powell à Nashville dans le Tenessee. Ce dernier a travaillé avec (entre autres) The Raconteurs, The White Stripes et les Arctic Monkeys. Le mixage a, comme l'enregistrement, été effectué avec du matériel 100% analogique, qui donne ce fameux grain à certains morceaux.

Côté visuel, c'est encore une fois une grosse claque. Abu, le dessinateur a pu passer un mois à la ferme Lou Casse. Les croquis semi colorisés ressortent superbement à côté des photos du livre de 40 pages au format 24cmx24cm d'une qualité irréprochable. De quoi balancer à la poubelle les miteuses pochettes carton ainsi que les boîtes CD plastiques au format standard qui se font traditionnellement.

Outre les paroles, le livre contient deux CD audio (pour 1h05 de musique) à l’effigie de Laurent et Mathieu, ainsi qu'un documentaire réalisé, lui aussi, lors de la tournée mondiale. Seul regret, ils sont insérés dans des pochettes carton (on y revient !) collées, ce qui les rend assez fragiles et difficile à manipuler (faites des sauvegardes !). À noter que les morceaux sont assez longs (4-5 minutes en moyenne).

Le tout est sorti officiellement en février 2016, mais des lots (avec du foie gras) étaient disponibles durant la période de noël. Et parce que ça n'apporte rien, mais que c'est à la modeclasse, une version vinyle existe également.

Voilà, tout est dit... Gasconha Rocks était déjà un peu plus sombre que les précédents opus, ici on abandonne complètement les cuivres. Pour innover, il y a quelques instruments acoustiques (guitare, banjo, harmonica...), une chorale d'enfants, mais l'esprit originel et original, sympa, agressif, fou, vitaminé, festif de The Inspector Cluzo se noie dans un rock lent et souvent dépressif. Laurent retrouve aussi son principal défaut : une montée dans les aigus tout à fait désagréable, bien que le tout soit compressé pour ne pas faire exploser les enceintes.

Seuls quelques titres méritent le détour : l'introduction très oisive ;) qui entame sur du bon rock, le second morceau avec un refrain accrocheur. "Lost In Traditions" annonçait pourtant un blues sympa, mais aurait mérité d'être amputé d'une bonne minute. On sautera directement au second titre du deuxième disque pour entendre un rock plutôt sympathique gâché par les chœurs. Dans un registre plus classique, "Quit The Rat Race" propose du bon rock à l'ancienne (un des rares titres qui sauve l'album). L'hommage à leur dessinateur de toujours, Abu, est un long solo avec des choeurs tristesspirituels. Pour terminer, on fera abstraction du chant sur "Romana" pour écouter une compo jazzy très fraîche.

Grosse déception donc pour cet opus. TIC a voulu faire les choses en grand, mais a oublié les fondamentaux comme qui dirait. Il ne reste qu'à se rabattre sur le foie gras d'oie de Lou Casse pour se consoler !

Sunday, 03 January 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

Paris brûle-t-il ? (2015)

Jaquette du DVD

Je sais, je suis en retard... Sorti trois ans plus tard, ce live est celui du divan qui date du 1er mars 2012. De ce que j'ai compris, le DVD a surtout été poussé par Dooweet Records, mais, comme d'habitude, The CNK ne fait pas les choses à moitié : bien qu'un peu épileptique, tant le son que l'image sont parfaits. Trois bonus (dont deux lives exclusifs) complètent le DVD.

L'épreuve du DVD musical est toujours complexe : arriver à faire ressentir les émotions d'un concert au travers d'une vidéo (qui a tendance à aplatir les choses), tout en fournissant une prestation de qualité (stress du tournage). Même s'il y a du travail en studio pour peaufiner le live, le challenge est réussi. Il faut avouer que les 1h16 de projection donnent vraiment envie. Tout le concert est agrémenté de vidéos projetées sur écran géant. De plus, le spectacle regorge de pleins de surprises, de guests... Un point noir ? En cherchant bien, on pourrait trouver qu'Hreidmarr est un peu sur la retenue afin d'économiser sa voix. Le public est quant-à lui plutôt calme, si ce n'est quelques slams, la base de fans n'étant, hélas, pas très grande. On ne peut d'ailleurs que regretter de ne pas avoir plus de prestations de leurs part !

The CNK nous emmènent ce soir dans l'Afrique des années 50 : un petit film d'introduction sur l'écran géant, entrée sur scène, costume, maquillage avant d'entamer "Dinner Is Ready" pour se mettre dans l'ambiance. Puis vient "Vote For Winners". Pour se détendre un peu, on écoute "Blood Is Thicker Than Water".

Les chemises tombent lors de "Jim Beamed Ahnenerbe TV". La voix off annonce le prochain titre "Total Eclipse Of Dead Europa". Vient le premier live de "Bunkermoon Khaos 3", puis le moment le plus chaud du DVD (il faut bien vendre ;)) avec "Cosa Nostra Klub" où le groupe joue son morceau mythique entouré de deux hôtesses. Alors que Zoé se requinque au Jack Dianel's, ils entament "I Am The Black Wizards" puis "The Doomsday". Un guest monte sur scène à la rescousse pour "Kommando '96 Übercharged". On enchaîne avec le très populaire "Political Police". Trois guests pour "Too Fast For Love", dont seulement un qui était prévu ! La dernière étant "Sabotage", mais tout le monde sait que ce n'est pas le final de The CNK. Cette fois Hreidmarr tombe la chemise pour "Gadd Ist Gott" avant de conclure par "Get A Gun Shoot At random".

La conclusion est comme l'introduction : une belle réussite, que je regrette de ne pas avoir acquis plus tôt ! La liste des morceaux est vraiment bien équilibrée sur tous les albums, sans faux rythme et avec des transitions rapides. S'il fallait une seule raison pour l'acheter ? La reprise absolument géniale de "You Spin Me Round" (Dead Or Alive) en bonus. En plus, Findie propose une remise de 25% sur l'album. Il est aussi possible de n'acheter que la bande son du concert sur bandcamp.

Tuesday, 26 May 2015
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Écrit par
Grégory Soutadé

Pochette Crystals - Eskimo Callboy

Eskimo Callboy est un groupe prolifique, c'est le moins qu'on puisse dire, déjà le troisième album en quatre ans ! Après un premier EP passé un peu inaperçu, les deux dernières moutures ont fait un véritable carton. Si bien que l'étoile montante du metalcore a basculé sous le giron d'Universal Music (adieu Redfield records). Si cela représente un soutien logistique exceptionnel pour ces jeunes métalleux, c'est sans compter la nouvelle équipe de production...

Et c'est là où le bât blesse. Leur troisième album "Crystals" n'est pas mauvais en soi (même si un peu en dessous du précédent), mais le mixage anéanti tout ce qui avait fait la force d'Eskimo Callboy. Les gueulantes sont désormais reléguées au second plan dans un son totalement compressé. Sur le fond (qui n'est pas lié à Sony), les textes sont devenus plus mielleux. Bref, on passera rapidement en attendant l'année prochaine !

Pourtantn tout commence bien, le premier morceau est très énergique, même si le refrain est un peu faible. Le second est déjà plus mielleux, le nouveau style d'Eskimo semble s'adresser aux ados... Ils se rattrapent un peu avec "My Own Summer". Puis, "Kill Your Idols", avec un titre pareil, on s'attendait à quelque chose de bien péchu, encore une déception... La suivante n'est qu'une introduction à "Monster", elle même gâchée par un mixage catastrophique. Vous n'avez jamais entendu de rap Allemand ? Il faut écouter "Best day", l'effet est "particulier". Le huitième titre est plutôt punk, ce qui est fort sympathique. Petit morceau à la "elchtransformer". Ensuite, "Paradise In Hell" propose un refrain vraiment trop faible, c'est dommage. On ne retrouve du véritable Eskimo que dans "Crystals" et "Walk On The Thin Line", un peu tard pour sauver l'album. Enfin, un final acoustique plutôt réussi pour aller se reposer.

En conclusion ? Eskimo Callboy évolue et devient plus grand public. C'est un choix qui ne me plaît personnellement pas, mais ils ont encore le temps de s'améliorer !