Scandale sanitaire à Paris

Monday, 20 March 2023
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Écrit par
Grégory Soutadé

Scandale sanitaire à Paris : les rats pullulent sur les montagnes de poubelles qui jonchent la capitale. Ces derniers n'ont jamais vraiment eu bonne presse dans notre société. Ce muridé est considéré comme ravageur des cultures et comme porteur sain de dangereuses maladies (dont la fameuse peste bubonique). On l'associe donc à un environnement malsain, mais c'est oublier qu'il agit également comme nettoyeur ! Et surtout, en tant de disette, comme lors du siège de Paris par les Prussiens en 1870, il était même proposé à la carte des restaurants ! C'est également un des sujets vivants plébiscités par les chercheurs pour leurs expérimentations. En astrologie Chinoise, le rat est le symbole de la mesquinerie/intelligence. Il peut également être associé à l'argent ou au commerce.

Mais revenons à notre actualité. Parmi ces nouvelles, laquelle est (la plus) scandaleuse :

Les deux premières sont éminemment politiques et chacun jugera de leur pertinence. Par contre, la troisième a de quoi faire peur. Surtout si on prend en compte le fait que le ramassage des ordures n'est suspendu que partiellement (au moins dans la moitié des arrondissements). En extrapolant un peu, on peut considérer que dans Paris, l'on génère 2000 tonnes de déchets par jour... Soit environ 1kg/jour/habitant ! Bien sûr, pour être tout à fait précis, il faudrait prendre en compte toutes les personnes travaillant à Paris, ainsi que les touristes. Mais je pense qu'en ordre de grandeur, on n'est pas très loin du compte. Ne portons pas gage uniquement aux Parisiens, tous les foyers contemporains produisent des déchets à un niveau plus ou moins égal. Le non ramassage des ordures est un moyen de pression très fort, ce n'est pas donc pas une surprise d'apprendre que la Camorra (mafia Napolitaine) en a fait une de ses spécialités

Il faut dire que la poubelle a ça de pratique : elle disparaît (ou pas) tous les jours, rendant notre environnement immédiat "propre". Malheureusement, derrière cet objet si pratique, il y a toute la problématique de la gestion des déchets. Déchets que l'on pourrait classer en trois catégories principales :

  • Déchets alimentaires végétaux
  • Déchets alimentaires issus de produits animal
  • Déchets ménagers

Tous sont réunis dans un même container pour être traités "comme on peut" : incinération ou enfouissement... Et quel gâchis en ce qui concerne les déchets végétaux. Ces derniers sont de vraies ressources organiques qui, s'ils étaient triés, permettrait d'alimenter les animaux d'élevage, de produire des engrais naturels ou encore être mis dans des cuves de méthaniseurs. Il y a d'ailleurs une loi publiée en septembre 2022 qui impose que Tous les ménages devront pouvoir trier leurs déchets alimentaires à partir du 1er janvier 2024, soit dans 9 mois... Malheureusement, aujourd'hui RIEN n'est fait pour se mettre en accord avec cette directive. D'autant plus que ce genre de "déchets" produisent de gros volumes et ne sont pas vraiment combustibles. Les ré employer allègerait la charge de beaucoup de monde.

Concernant les produits animal, ce sont les "pires" en terme sanitaire, car les bactéries s'y développent rapidement (surtout en période de chaleur). Ce sont également les plus odorants du fait de la putréfaction des chairs.

Reste les déchets ménagers. On retrouve principalement des produits à base de plastique. Même si nous nous donnons bonne conscience en pratiquant le "recyclage", la réalité est bien moins reluisante. Les matières que l'on recycle réellement sont le verre et l'aluminium. Mais ils nécessitent beaucoup d'énergie afin de les faire fondre et re créer ... les mêmes contenants ! Papier et cartons se recyclent moins bien, car les fibres se détériorent, mais ils peuvent (avec de la chimie) avoir une seconde vie. Malheureusement, le plus gros reste les emballages plastiques présents PARTOUT. Il s'agit d'une bombe à retardement qui contamine petit à petit toute la planète (et notamment les pays pauvres). Même si l'on en traite une petite partie, la plupart finit brûlée (et ce qui n'est pas complètement calciné est disséminé par le vent dans les fumées) ou enfoui (dégradation : plusieurs centaines voir milliers d'années).

La production de déchets est donc un mal tout aussi important que les autres pollutions (air, eau, sols...), mais l'on y est moins sensible du fait qu'elle ne soit pas directement sous nos yeux.

Pourtant, il y a quelques actions simples pour la limiter (liste non exhaustive) :

  • Éviter absolument de consommer "à emporter" (véritable fléau en terme de déchets)
  • Se fournir dans des magasins de vrac en apportant ses propres contenants
  • Réutiliser ses contenants le plus possible (exemple : ré utiliser le sachet du pain, apporter une boîte chez son poissonnier, son boucher, son primeur, sa crémerie)
  • Avoir un sac sur soi pour les imprévus
  • Éviter de consommer des produits transformés (utiliser des produits de base pour cuisiner ses repas)
  • Composter ses déchets alimentaires
  • Consommer moins de produits animal (qui sont en général emballés de manière hermétique)
  • Privilégier les petits producteurs/commerçants qui accepteront plus facilement nos récipients
  • Éviter les commandes en ligne et leur utilisation massive de carton/sur emballage
  • Faire attention même quand on est en dehors de chez soi (entreprise, vacances...)

En prenant un peu de recul, on se rend compte de l'impact causé par l'éloignement (voir de la rupture) entre les producteurs et les consommateurs. Cette séparation crée artificiellement la nécessité des contenants intermédiaires à usage unique, largement manipulés par les distributeurs. L'essor du plastique a ainsi permit à toute l'industrie agroalimentaire de se développer. Si, pour le moment, chacun y trouve son compte (producteurs, intermédiaires, consommateurs), ce n'est pas une solution pérenne sur le long terme. Et encore, je n'ai pas évoqué la situation des autres déchets (électronique en tête). Sans changement des comportements, il faudra bientôt payer l'addition, qui risque d'être très salée (voir même acide).

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