Musique

Eskimo Callboy

Monday, 07 April 2014
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Eskimo Callboy

Eskimo Callboy, c'est la nouvelle étoile montante du metalcore. Le groupe, originaire d'Allemagne, existe depuis 2010, mais explose depuis 2 ans. Eskimo Callboy adopte un style à la fois violent et énergique, tout en intégrant des samples électro voire carrément des passages entiers. Autre particularité : il n'y a pas un, mais deux beugleurschanteurs, dont un qui peut, comme Candice de Eths, passer du saturé au clair, l'autre ne faisant que du saturé, ce qui permet de couvrir tout le spectre et laisse peu de place au vide. Personnellement, je ne suis pas un grand fan des parties en clair comparé à ce qu'on peut trouver chez Maximum The Hormone (la référence ??).

Bury Me In Vegas (2012)

Pochette Bury Me In Vegas

Premier album studio du groupe, deux ans après leur premier EP. Il est assez violent à l'oreille avec peu de constructions originales. Sans être mauvais, il est juste banal, même si Eskimo commence doucement à se trouver son propre style. Le groupe a réalisé deux clips Muffin Purper Gurk et Is Anyone Up ?. Les meilleurs titres sont sûrement "Transilvanian Cunthunger" et "Muffin Purper Gurk", en tout cas, ce sont les plus complets.

We Are The Mess (2014)

Pochette We Are The Mess

Deuxième album studio. Celui-là vaut VRAIMENT le détour. Plus puissant, plus dynamique qu'à Végas, les Eskimos ont trouvé un style qui déchire tout, même si les parties claires ne sont pas terribles (heureusement souvent secondé par un chant saturé du tonnerre). Les parties électro, quant à elles, sont beaucoup mieux intégrées que dans le précédent opus. Cet album est vraiment mâture. Bref, avant de le mettre dans le mange-disque, pensez à bien monter le son à fond !

Après une intro très R'n'B, on attaque les choses sérieuses avec un "We Are The Mess" qui donne le ton : puissant et dynamique. Mais, on n'a pas pour autant encore attaqué le meilleur. Les titres s'enchaînent avec une puissance rare : "Party At The Horror House 2", "Blood Red Lips 1", "Jagger Swagger", tous meilleurs les uns que les autres jusqu'au point d'orgue "Final Dance". On amorce alors la descente avec "Voodoo Circus" et "Broadway's Gonna Kill Us" pour terminer calmement sur une version acoustique de "Never Let You Know" tout aussi sympa que la version brute.

Crystals (2015)

Pochette Crystals - Eskimo Callboy

Eskimo Callboy est un groupe prolifique, c'est le moins qu'on puisse dire, déjà le troisième album en quatre ans ! Après un premier EP passé un peu inaperçu, les deux dernières moutures ont fait un véritable carton. Si bien que l'étoile montante du metalcore a basculé sous le giron d'Universal Music (adieu Redfield records). Si cela représente un soutien logistique exceptionnel pour ces jeunes métalleux, c'est sans compter la nouvelle équipe de production...

Et c'est là où le bât blesse. Leur troisième album "Crystals" n'est pas mauvais en soi (même si un peu en dessous du précédent), mais le mixage anéanti tout ce qui avait fait la force d'Eskimo Callboy. Les gueulantes sont désormais reléguées au second plan dans un son totalement compressé. Sur le fond (qui n'est pas lié à Sony), les textes sont devenus plus mielleux. Bref, on passera rapidement en attendant l'année prochaine !

Pourtantn tout commence bien, le premier morceau est très énergique, même si le refrain est un peu faible. Le second est déjà plus mielleux, le nouveau style d'Eskimo semble s'adresser aux ados... Ils se rattrapent un peu avec "My Own Summer". Puis, "Kill Your Idols", avec un titre pareil, on s'attendait à quelque chose de bien péchu, encore une déception... La suivante n'est qu'une introduction à "Monster", elle même gâchée par un mixage catastrophique. Vous n'avez jamais entendu de rap Allemand ? Il faut écouter "Best day", l'effet est "particulier". Le huitième titre est plutôt punk, ce qui est fort sympathique. Petit morceau à la "elchtransformer". Ensuite, "Paradise In Hell" propose un refrain vraiment trop faible, c'est dommage. On ne retrouve du véritable Eskimo que dans "Crystals" et "Walk On The Thin Line", un peu tard pour sauver l'album. Enfin, un final acoustique plutôt réussi pour aller se reposer.

En conclusion ? Eskimo Callboy évolue et devient plus grand public. C'est un choix qui ne me plaît personnellement pas, mais ils ont encore le temps de s'améliorer !

The Inspector Cluzo

Friday, 31 January 2014
|
Écrit par
Grégory Soutadé

The Inspector Cluzo

En ayant marre de se retrouver régulièrement à deux aux répétitions (et après avoir ... le bassiste), Laurent Lacrouts alias "Malcolm" et Mathieu Jourdain alias "Phil" décident de fonder The Inspector Cluzo (TIC). Mais TIC, c'est avant tout deux Gascons amoureux de leurs racines : la bonne bouffe, l'armagnac, le rugby, la course landaise et surtout, surtout un groove du tonnerre. Les deux potes sont connus mondialement et paradoxalement très peu médiatisé en France. Ces amateurs du Fais-Le-Toi-Même (DIY) sortent depuis 2008 des petites merveilles et tournent à l'international où ils produisent un rock dans la plus pure tradition. Il ne s'agit pas du rock moderne, qui n'est autre que du pop-rock, mais d'un rock des origines : dynamique, agressif, fort afin (d'essayer) de faire passer un message, souvent traité de façon humoristique (comme peut l'attester l'ensemble des clips du groupe, qui tirent parfois sur le gore...), car, oui, le groupe est clairement politisé. Mais, The Inspector Cluzo sait aussi sortir des sentiers battus avec le support des cuivres qui donnent une touche funky vraiment sympa. De plus, l'amplitude vocale de Laurent est vraiment impressionnante (quand il n'en abuse pas).

The Inspector Cluzo ne sort pas des albums, mais des œuvres complètes. Chaque album œuvre bénéficie d'un travail esthétique remarquable, qui en font un objet unique. Je conseille fortement de les commander directement sur leur site afin d'en profiter, car ça vaut vraiment le coup.

The Inspector Cluzo (2008)

Album The Inspector Cluzo

Premier album pour les deux compères. Personnellement, je trouve qu'ils cherchent encore leurs marques, le concept de TIC n'est pas aussi net que sur les suivant. Le style de la pochette est d'ailleurs assez sobre, plutôt commun en fait.

On commence par une petite introduction (normal, personne ne les connaît). Puis, le second morceau un peu plus rock, mais toujours en alternant des passages tranquilles, à l'image de la première partie de l'album très funky. Le quatrième titre est l'occasion de montrer tout l'amour qu'ils portent aux bassistes. Le tournant vient assurément de "Two days" : un son qui déchire tout, même s'il y a de l'abus dans les aigus. Deuxième partie donc plus rock avec pour commencer un "Yourself". "Us Food" montre tout le style humoristique de TIC. On finit en douceur avec "Change N°2".

The French Bastards (2010)

Album French Bastards

Deux ans plus tard, sort le deuxième album de The Inspector Cluzo. Plus mûr, il fait presque passer le premier pour une "démo". Le concept est en place : on a droit à une pochette qui s'ouvre pour laisser place à plusieurs fiches style cartoon (une par titre). La jaquette du CD est elle aussi très cartoonesque. On est loin de ce qu'on trouve normalement dans le commerce ! N'ayons pas peur des mots : cet album est une tuerie. Ils ont même corrigé le problème des aigus qui sont beaucoup plus juste et introduits plus de gueulante, le tout sans oublier le côté funky qui fait tout le charme du groupe.

Dès le début on remarque que le son est plus propre et encore plus rock, les cuivres ne sont pas en reste pour autant ! Le deuxième titre éponyme a droit à son cartoon : c'est bon, on a trouvé ce qu'était TIC ! Le titre s'est très bien placé dans les charts étrangers même s'il est inconnu en France... "Empathy Blues" est une autre merveille de l'album : agressif à souhait et doux quand c'est nécessaire. La suivante à la AC/DC est très entraînante. Après un "hommage" à Michael Jackson, on enchaîne sur un "hommage" aux traders, pour arriver sur la troisième pépite de l'album : "Zombies DJ's Killers" qui montre tout le potentiel d'innovation de The Inspector Cluzo. On retrouve du gros son sur le neuvième titre. Dernière merveille avec "He's not the man". TIC n'aime pas vraiment le foot, pourtant il rend hommage (et un vrai cette fois) à Lilian Thuram, ou alors il s'agit d'un pamphlet sur les supporters, chacun se fera son opinion. L'album termine sur un titre étrange "The French Bastards #2" : un monologue en Anglais qui n'apporte rien d'intéressant. C'est dommage de finir sur une note négative.

The 2 Mousquetaires (2012)

Pochette album "The 2 Mousquetaires"

The Inspector Cluzo revient et il n'est pas content ! Les deux mousquetaires de Gascogne veulent défendre leur terre, leur peuple et leurs traditions face à une mondialisation grandissante. Cet album est aussi une occasion d'inaugurer le format BD pour la pochette. Pour chaque morceau, on a droit à une ou deux pages d'illustration. Si c'est une bonne idée, on y perd au passage les paroles. Côté musical, cet opus fait la part belle aux cuivres, ce qui le rend moins agressif que les premiers, même s'il conserve toute la patate des Cluzos ! On trouve aussi des intros/fins en Gascon qui viennent ponctuer l'album. La voix a elle aussi évolué dans les graves. On a du mal à se dire que c'est la même personne que sur les deux premiers.

L'album part sur les chapeaux de roues avec deux premiers morceaux très percutants. Le troisième est un délice de cuivres. TIC nous offre encore une fois une pépite musicale avec la parodie de "Téléfoot", à voir et à ré écouter tellement le clip est génial ! "Why a vulgar french band cannot play shitty" est l'occasion de revenir sur quelque chose de plus agressif toujours avec une déferlante de cuivres. Si l'inspecteur n'aime pas Sarko, il n'en est pas de même pour sa seconde épouse... Petit délire du groupe qui a préparé ce "Fuck The Bobo" spécialement pour la scène. Le suivant est un extrait arrangé du premier titre du premier album, il aurait tout à fait sa place en introduction. On alterne ensuite entre funk et rock puissant. Enfin, depuis que TIC dit défendre ses racines, on n'avait aucune chanson en Gascon ! Ils concluent donc cet album en réparant cette boulette.

Gasconha Rocks (2013)

Pochette album "Gasconha Rocks"

Il n'aura fallu qu'un an à TIC pour sortir un nouvel album. Nouvel album, nouvelle inspiration. Celui-ci est très rock'n roll et délaisse un peu les cuivres (ce qui donne moins de volume à l'ensemble). C'est néanmoins un très bon cru, mais avec seulement 25 minutes tout mouillé, on reste un peu sur notre faim... Il aurait peut être fallu un an de maturation supplémentaire (mais on ne va pas s'en plaindre !). Comme le précédent, il s'accompagne d'une pochette au format BD avec une illustration et/ou un cliché (superbe) par morceau, ainsi que les paroles cette fois ! C'est ce qui rend le groupe différent et génial à la fois.

The Inspector Cluzo étant principalement un groupe de scène, on a droit en top bonus moumoute à un reportage vidéo ("A fight for independance") d'une heure qui retrace la tournée précédente. Ce reportage fait un gros point sur les personnes (producteurs, programmateurs de festival, amis...) qui ont découvert Cluzo ces dernières années (l'occasion de s'envoyer quelques fleurs !!). Il y a aussi un gros passage sur le DIY (Do It Yourself) des Cluzos pour finalement terminer sur les limites du modèle actuel (petite séance d'auto critique). C'est dommage de ne pas avoir montré plus de parties de concerts. En effet, on n'a souvent droit qu'à des intros ou fins, forcément explosives. En tout cas, on peut voir l'énorme travail qu'abat le groupe dans et en dehors des concerts !

Le premier morceau nous met l'eau à la bouche. Les 4 titres suivants sont sympa, mais moins percutants que sur les albums précédents. Après un interlude musical fort intéressant et qui signe le retour des cuivres, on attaque les choses sérieuses par un excellent "The duck guit blues", ça sonne blues, ça sonne fort, ça sonne bon ! Puis, ils reviennent sur des bases plus agressives (qui a dit Mosanto ?). À la "DJ zombies killer", "Better Off in Afghanistan" sort de nulle part pour notre plus grand bonheur. Comme souvent, on fini sur un morceau plus calme et très émouvant pour le coup.

Rockfarmers (2016)

Pochette RockFarmers

Pour reprendre la présentation officielle, Rockfarmers a été écrit et composé durant la tournée Gasconha Rocks (2013-2015), c'est-à-dire aux quatre coins du monde ! Pour cet opus, les Gascons ont eu la chance d'être mixés par Vance Powell à Nashville dans le Tenessee. Ce dernier a travaillé avec (entre autres) The Raconteurs, The White Stripes et les Arctic Monkeys. Le mixage a, comme l'enregistrement, été effectué avec du matériel 100% analogique, qui donne ce fameux grain à certains morceaux.

Côté visuel, c'est encore une fois une grosse claque. Abu, le dessinateur a pu passer un mois à la ferme Lou Casse. Les croquis semi colorisés ressortent superbement à côté des photos du livre de 40 pages au format 24cmx24cm d'une qualité irréprochable. De quoi balancer à la poubelle les miteuses pochettes carton ainsi que les boîtes CD plastiques au format standard qui se font traditionnellement.

Outre les paroles, le livre contient deux CD audio (pour 1h05 de musique) à l’effigie de Laurent et Mathieu, ainsi qu'un documentaire réalisé, lui aussi, lors de la tournée mondiale. Seul regret, ils sont insérés dans des pochettes carton (on y revient !) collées, ce qui les rend assez fragiles et difficile à manipuler (faites des sauvegardes !). À noter que les morceaux sont assez longs (4-5 minutes en moyenne).

Le tout est sorti officiellement en février 2016, mais des lots (avec du foie gras) étaient disponibles durant la période de noël. Et parce que ça n'apporte rien, mais que c'est à la modeclasse, une version vinyle existe également.

Voilà, tout est dit... Gasconha Rocks était déjà un peu plus sombre que les précédents opus, ici on abandonne complètement les cuivres. Pour innover, il y a quelques instruments acoustiques (guitare, banjo, harmonica...), une chorale d'enfants, mais l'esprit originel et original, sympa, agressif, fou, vitaminé, festif de The Inspector Cluzo se noie dans un rock lent et souvent dépressif. Laurent retrouve aussi son principal défaut : une montée dans les aigus tout à fait désagréable, bien que le tout soit compressé pour ne pas faire exploser les enceintes.

Seuls quelques titres méritent le détour : l'introduction très oisive ;) qui entame sur du bon rock, le second morceau avec un refrain accrocheur. "Lost In Traditions" annonçait pourtant un blues sympa, mais aurait mérité d'être amputé d'une bonne minute. On sautera directement au second titre du deuxième disque pour entendre un rock plutôt sympathique gâché par les chœurs. Dans un registre plus classique, "Quit The Rat Race" propose du bon rock à l'ancienne (un des rares titres qui sauve l'album). L'hommage à leur dessinateur de toujours, Abu, est un long solo avec des choeurs tristesspirituels. Pour terminer, on fera abstraction du chant sur "Romana" pour écouter une compo jazzy très fraîche.

Grosse déception donc pour cet opus. TIC a voulu faire les choses en grand, mais a oublié les fondamentaux comme qui dirait. Il ne reste qu'à se rabattre sur le foie gras d'oie de Lou Casse pour se consoler !

We The People Of The Soil (2018)

Pochette de l'album We The People Of the Soil

10 ans, ça se fête ! À cet effet, les Cluzo sont retournés dans le Tenesee, chez Vance Powell déjà responsable de "Rockfarmers". On peut donc s'attendre à retrouver les mêmes ingrédients pour ce nouvel album. C'est le cas, ceux qui ont aimé le précédent n'en seront que plus conquis. Pour les 10 ans, le duo a voulu marquer encore plus profondément leur ancrage à la terre (the soil), on retrouve donc une musique plus folk/blues, avec une présence forte de la guitare sèche ainsi que la thématique paysanne, l'amitié, l'entraide.

Force est de reconnaître la qualité exceptionnelle de la production. Il y a un fossé très clair avec "Rockfarmers", plus brut de décoffrage, tandis que cet opus offre un son lisse où chaque élément est à sa place. Les mélodies sont beaucoup plus travaillées que précédemment (tout album confondu). Le résultat donne un style rock/blues fusion puissant avec des refrains très doux dûs en partie à un nouveau venu : l'orgue (de type hammond b3). Si on en avait eu un aperçu précédemment, elle est désormais présente dans la plupart des titres. Le premier, "A Man Outstanding In His Field", en est le meilleur exemple avec toute la palette de nuances qu'offre les 40 minutes de l'album. Mais pas que, on trouve beaucoup de ballades : presque la moitié des chansons, avec comme figure de proue "Little Girl And The Whistling Train", ainsi que quelques surprises, comme la participation de Marianne Dissard pour un super duo sur "The Best".

Les fans de la première heure seront peut-être déçus de cette compression excessive du son, mais où est la rock bordel ?? Il est pourtant présent, de manière très propre, relativement profond et énergique. À ce sujet, deux titres sortent du lot : "Pressure on Madalands" proposant un rock psyché avec un son volontairement "crade" et "The Globalisation blues" qui se rapproche plus de "Rockfarmers". Autre élément à souligner, le travail exceptionnel de Laurent quant à sa voix. Certes, les ballades qu'il interprète ne requièrent pas de monter trop haut dans les aiguës, mais la maîtrise qu'il pose sur chaque morceau est énorme. Malheureusement, le final est bâclé avec un chant clairement faux (il fallait passer moins de temps à la piscine et plus en studio).

Autre bémol : malgré sa très bonne qualité d'impression, les pages du livret sont imprimées à l'envers. Livret qui reprend le même format que pour l'album précédent, à savoir un melting pot de photos en noir et blanc et d'aquarelles de leur ami Abu.

N'ayant pas pu l'écouter plus tôt, je ne comprenais pas l'engouement de la presse (L'obs, les inrockuptibles, FIP de la FNAC, C À Vous, France Inter ...) pour ce 6e cru. Mais avec autant d'éléments "mainstream", il est clair que ce dernier sera apprécié d'un large public !

Les Cluzo proposent un pack spécial "10 ans" (en édition limitée), comprenant l'album, 10cl d'Armagnac ainsi que le livre "The Inspector Cluzo - Rockfarmers" de Romain Lejeune (les Inrockuptibles). À la base, il s'agissait d'un article voulu par le journaliste qui donnera finalement lieu, de part la masse d'information recueillie, à l'édition d'une biographie complète du groupe, des deux hommes et de leur parcours formateur jusqu'à la réalisation de leur dernier opus. Un peu réticent au début, je conseille fortement de le commander car il permet de comprendre le cheminement humain des deux "frères". Les premiers chapitres apportent beaucoup d'informations intéressantes, des anecdotes croustillantes. Les derniers étant malheureusement trop redondants concernant le message et le mode de vie des deux fermiers rockeurs : chaque témoignage, bien qu'il émane d'une personnalité reconnue, ressemble au précédent. Une relecture un peu plus attentive aurait également été souhaitée pour corriger les fautes qui émaillent l'ensemble de l'ouvrage ainsi que la fausse transition vers "We the people of the soil", car ce n'est pas avec cet album, mais bien avec "Rockfarmers" que le groupe a signé sa première collaboration avec Vance Powell.

L'Armagnac est à l'image de l'album : d'un équilibre saisissant. D'une belle robe ambrée parée de jambes très lourdes, la bouche offre un bouquet assez riche de fruits compotés pour finir sur une touche légèrement épicée. L'alcool se fait discret, un peu trop présent au nez peut être. Il s'agit d'une cuvée spéciale provenant de la distillerie "La Tuilerie" dont The Inspector Cluzo est partenaire depuis le début. Malheureusement il n'y a pas plus d'informations sur l'étiquette.

Brothers In Ideals (2020)

Pochette "Brothers In Ideals"

La genèse de Brothers In Ideals se trouve dans la tournée réalisée à l'occasion de la sortie (et de la promo) de We The People Of The Soil. Certains morceaux sont alors joués de façon acoustique, ce qui semble plaire au public. S'en suit la tournée aux États-Unis sous la houlette de Clutch. C'est l'occasion de passer voir Vance Powell dans le Tennessee, lui qui a déjà contribué aux deux albums précédents. Ils décident alors, pour le plaisir dans un premier temps, d'enregistrer de nouveau l'intégralité de We The People Of The Soil en acoustique (en version unplugged). Deux jours suffisent. Visiblement, le résultat étant suffisamment qualitatif, et surtout déjà enregistré, alors pourquoi ne pas le sortir ? C'est ce qui est décidé. Le temps de caler une nouvelle tournée pour 2020 (100 dates en 2019), c'est donc le 17 janvier que devient disponible ce 7e album. 14 dates sont prévues en France, 5 dans la foulée au Royaume-Uni et encore bien d'autres à partir de l'été (dont une représentation au HellFest).

Bref, le succès est clairement au rendez-vous ! Qu'en est-il de ce nouvel opus ? Sans surprise, les morceaux (paroles et mélodies) sont connues. Pour autant, le rendu est totalement différent. Là où We The People Of The Soil apparaît très brut de décoffrage, son pendant acoustique apporte beaucoup de douceur et de profondeur aux différents morceaux. La grande nouveauté réside dans le fait qu'il ne s'agit plus d'un duo, mais d'un quintet avec la venue d'un violon, d'une contrebasse et d'une orgue électronique. Exit la guitare électrique, bonjour la guitare sèche. Le style bascule sur de la "folk". Quelques points noirs subsistent comme certaines montées dans les aigus (comme dans Ideologies) toujours aussi désagréable.

Mais ne boudons pas notre plaisir, c'est un album tout à fait délicieux qui se laisse écouter sans aucun problème autant en premier qu'en arrière plan. Note spéciale pour Globalisation Blues qui conserve toutes ses qualités. D'un point de vue général, chaque instrument occupe parfaitement sa place (le violon un peu trop présent parfois comme sur No Deals At The Crossroads). L'orgue remplace allègrement la guitare électrique, et souligne la mélodie. La contrebasse apporte un appui et une douceur très agréable. Les parties rythmiques, plus jazzy, sont parfaitement maîtrisées. Il n'en reste que les deux derniers morceaux sont toujours aussi décevants.

Il faudra attendre quelques années et le prochain album, néanmoins il est amusant de retracer la trajectoire musicale des deux compères qui sont partis d'un funk endiablé pour progressivement passer vers du rock puis blues/rock et finalement de la folk. Chaque transformation s'apparente à une décennie de leur vie, de maturation intérieure et du monde qui les entoure.

Guerilla Poubelle

Saturday, 09 November 2013
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Guerilla Poubelle

Au début étaient Les Betteraves, un groupe d'ado jouant un punk festif et déjanté qui naquit en 1999. Au travers de leur concerts partout en France, ils acquirent une certaine notoriété sur la scène underground française. 4 ans plus tard, les Betteraves se séparent après un concert d'adieu (face B de "Vide-ordures et Sabordage"). Till et Kojack se retrouvent pour fonder Guerilla Poubelle. Certains y voient un simple changement de nom, pourtant l'objectif et les moyens sont complètement différents. Guerilla Poubelle (GxP) est un groupe politisé, le punk y est plus dur et engagé. Cette politisation se retrouve aussi dans Guerilla Asso, le label crée dans la foulée pour promouvoir le punk indépendant. Guerilla comme Les Betteraves ont toujours fixé le prix des concerts et des albums (5€ et 10€) afin que la musique soit accessible au plus grand nombre. Leur premier morceau est d'ailleurs une reprise de "Zwibir" (face A de "Vide-ordures et Sabordage") où le style tranche franchement avec celui des Betteraves.

Il faut repeindre le monde ... en noir (2005)

Il faut repeindre le monde en noir

Pour ses deux ans, Guerilla fait simple : guitare/chant, basse, batterie. Ils ne vont pas chercher dans les mélodies profondes (du punk quoi), mais ont quand même gardé l'énergie des Betteraves pour poser sur des textes révoltés. Tout commence avec un moyen "Si Jamais". Des morceaux avaient déjà fuités sur les premières démos comme "Demain Il Pleut". Sur la même lancée "Sur le trottoir" développe une sacrée énergie. S'ensuit la révolte anti américaine avec "J'ai perdu mes mains". Après une petite pause accoustisque, on repart sur "Le pendu" qui avait lui aussi fuité, pour enchaîner sur un excellent "Comme un sourrire". Finalement on comprend la genèse de Guerilla Poubelle avec "Culture Poubelle". Le morceau suivant est un peu brouillon. Malgré un début difficile "Mort à l'hôpital" est vraiment excellente. "Exception Culturelle & Trafic D'Armes" est probablement le meilleur titre de l'album. Si la suivante n'est qu'une suite de larsens, ils se rattrapent avec "Tout est niais". Le dernier titre intéressant est "La mort douce".

Punk = Existentialisme (2007)

Pochette Punk = Existentialisme

En 2007, Guerilla remet ça avec "Punk = Existentialisme". Les critiques sont assez mauvaises. Personnellement, je n'ai pas pu aller jusqu'au bout quand je l'ai reçu et il est resté longtemps sur une étagère... Le CD est assorti d'un DVD contenant un documentaire sur la tournée de Guerilla. Le punk est un art difficile car il n'y a pas beaucoup de composantes musicale. Du coup, si une d'entre elle fait défaut, c'est tout l'album qui en pâtie. Musicalement, cet opus est réussit, surtout pour ses parties de basses vraiment sympa, mais, côté chant, ça ne passe pas du tout. Till tente de faire passer ses textes en force et perd au passage toute l'énergie développée par ses acolytes. Pourtant, les deux premiers morceaux sont prometteurs. Le soutient de Justin(e) pour "Dans la diagonale" apporte une bouffée d'air, contrairement au dernier titre qui termine l'album sur une très mauvaise note. Le morceau le plus réussit reste "Être une femme" qui faisait partie des premiers titres enregistrés par Guerilla et ré enregistré pour l'occasion (l'originale est plus brut de décoffrage et a ma préférence). Le reste est assez lourd à l'oreille même s'il y a plein de bonnes choses sur la partie musicale pure.

Amor Fati (2013)

Pochette Amor Fati

Après une période un peu creuse et pour fêter les 10 ans du label, GxP semble avoir retrouvé son énergie originelle avec "Amor Fati". La voix a mûrie, comme le groupe, amputé de Kojack et Jokoko. Pour son deuxième titre, Marx met le feu avant de nous servir un excellent "Nulle part c'est chez moi". Petite pause par "Les rats quittent le navire", avant d'enchainer sur un très bon Martin Luther King (qui propose même un interlude musical !). Till déverse sa rage sur "Pire père" aux allures plus ska que punk. Les deux suivantes sont sympa. Ambiance spatiale pour "Présent composé". On ne peut pas se passer du titre incompréhensible qui consiste simple à se défouler au chant. Les morceaux suivants sont classiques mais tout de même agréables. "Prévert, Kosma, Paris" moins agressive vient clôturer l'album de la meilleure des façons possibles. Elle tourne et tourne dans la tête encore après l'écoute.

Les Betteraves comme Guerilla écrivent toutes leur paroles en Français, fait rare pour un groupe de punk. On peut ne pas aimer leur style simple (et percutant ?), il n'en reste pas moins que GxP est une des (rares) références du punk français aussi bien sur scène que dans la vie associative. Cette réputation est loin d'être immérité à la vue de ce qu'ils produisent et, malgré les tumultes inhérents à tout groupe de musique, ils sont encore là et je l'espère pour longtemps !

Yoshu Fukushu

Wednesday, 14 August 2013
|
Écrit par
Grégory Soutadé

6 ans qu'on l'attendait : Yoshu Fukushu est le nouvel album de Maximum The Hormone !! J'écrirai une revue plus détaillée quand j'aurai ce nouveau jouet. En attendant il faut se consoler avec ce clip (On dirait qu'ils ont troqués leur partie punk pour quelque chose de plus sombre, reste encore à voir s'il représente tout ou partie de l'album).

The CNK

Tuesday, 15 May 2012
|
Écrit par
Grégory Soutadé

The CNK

Quatre gars qui font du métal indus' déguisés en pseudo nazis, cela ressemble furieusement à la référence du genre : Rammstein. Néanmoins la comparaison s'arrête là ! The CNK (Cosa Nostra Klub) propose quelque chose de beaucoup plus brutal et rapide. Si le style est clairement du métal industriel, on retrouve un chant qui alterne black et death, et pas n'importe quel chant, puisqu'il s'agit de Mr Hreidmarr, figure du métal underground très appréciée pour sa participation dans Anorexia Nervosa. Bref, CNK est un des rares groupes Français à avoir pris la direction du métal indus, et ça envoie du lourd. Ils ne proposent hélàs pas de clip :( Je les ai découverts grâce à ce blog (confiture & cake). Globalement je ne suis pas fan de ce que demi propose Guillaume, mais à côté de CNK, il y a également "The Cat's Pajamas" de iwrestledabearonce qui est aussi une très bonne surprise.

Ultraviolence Über Alles (2002)

Album Ultraviolence Über Alles

Après deux démos datant de 1996 et 1998, le Count Nosferatu Kommando sort son premier album "Ultraviolence Über Alles" en 2002. Le groupe arbore des sujets très politisés sur des riffs puissants avec une rythmique quasi militaire (du métal indus' quoi) tout en incluant ça et là quelques samples electro. Cet album est "une bonne petite fête d'ultraviolence" et durant 40 minutes l'intensité ne baisse pas d'un iota. 40 minutes pour seulement 8 morceaux, c'est la grande force de CNK : la qualité plutôt que la quantité. Le groupe pousse à fond les univers de leurs morceaux, il y a un gros travail de composition pour arriver à cette moyenne de 5 minutes/morceau là où d'autres peinent à dépasser les 3 minutes. Autre point caractéristique : ils n'hésitent pas à changer brutalement de thème en plein milieu d'un morceau (ce sont des bouchers). Si ça peut paraître déroutant au début on s'y fait rapidement (surtout que ce n'est pas si fréquent). Trois morceaux à écouter absolument : "Political Police" qui donne le ton d'entrée de jeu (l'intro est particulièrement réussie), "Get A Gun, Shoot A Random" et "Love Game Over".

L'album (difficile à trouver dans le commerce) a été réédité en 2007 et contient un remix de chaque morceau par 8 groupes différents. Il faut écouter cette partie au moins une fois car elle contraste avec les morceaux originaux, ce qui permet parfois de mieux apprécier certains détails que l'on a n'a pas entendu parce qu'on sautait partout.


L'hymne à la joie (2007)

Album l'hymne à la joie

Après un détour par Anorexia Nervosa, Mr Hreidmarr revient se consacrer au Cosa Nostra Klub. Cet album (censuré pour sa pochette) marque le pas avec ce qui a été fait 5 ans plus tôt, c'est pourquoi beaucoup de fans du Kommando et d'Anorexia sont déçus. S'il est moins brutal que le premier, "L'hymne à la joie" montre encore une fois tout le travail de composition du groupe. En effet, CNK pousse le vice jusqu'à détourner des pans entiers de classique pour les incorporer dans leur univers de métalleux. Certains groupes ont déjà tenté l'expérience avec un résultat très moyen car, c'est soit le classique qui s'adapte au métal, soit l'inverse, alors que dans cet opus les membres ont vraiment re travaillé chaque sample afin qu'il soit parfaitement intégré, ce qui donne un résultat très cohérent. On le remarque très bien dans "C[osa] N[ostra] K[lub]" où les choeurs reprennent le refrain du morceau. Bien sûr cela diminue l'intensité (violence et rythme) et donc déçoit les fans, comme avait pu le faire "Vol. 3: (The Subliminal Verses)" en son temps, mais il n'en reste pas moins très agréable à écouter. Comme pour le précédent album : un set réduit de 9 morceaux pour un total de 40:40 (soit 4 minutes 52 en moyenne). L'immanquable titre étant "C[osa] N[ostra] K[lub]", suivi de "Dinner Is Ready". Les fans de black seront séduit par "The Doomsday" (qui ne colle pas vraiment avec le reste).

Le prochain album devrait sortir incessament sous peu (ils se consacrent beaucoup à la scène). Il est attendu avec impatiente ! Pour ceux qui veulent découvrir un peu plus le monde de CNK, il y a une interview de Radio Métal réalisée peu après la sortie de "L'hymne à la joie".


Révisionnisme (2012)

Album Révisionnisme

Les premiers enregistrements datent du début 2011, mais ce n'est que le 19 octobre 2012 que sort Révisionnisme, un album uniquement composé de reprises. Valnoir ayant cédé sa place à Zoé, ce dernier s'occupe de la basse, des samples et d'une partie de l'enregistrement. Pour ce nouvel album les CNK ont invité leurs potes : Snowy Shaw vient tenir la gueulante auprès de Mr Hreidmarr, mais aussi Pills des Prime Sinister ainsi que Swan des BlackRain. L'objectif est de retrouver l'essence du métal, à savoir une bonne dose de violence. Le son devient donc un peu plus lourd. On gagne en volume, mais on perd un peu en intensité. Autre point marquant, principalement dû aux guests, est l'exploration de sonorités heavy et glam.

Encore une fois, CNK livre une oeuvre aussi bien travaillée sur le fond que sur la forme. Sur la forme, on a droit à un album au format digipack A5 tournant en dérision l'univers de la mode : c'est sobre, beau et caricatural. Tour de force du groupe : la face avant du CD est quasiment vierge tandis que la face arrière est noire (comme les CD de playstation). C'est dans ce soucis du détail que l'on reconnait les grands groupes. Sur le fond, on voit encore un gros travail musical, ne serait-ce que par la durée : 50 minutes 34 secondes pour seulement 11 morceaux.


Comme à l'accoutumée, l'album commence fort avec un "Gadd ist Gott" où on a le plaisir de (re)découvrir la voix de Snowy. "Sabotage" des Beastie boys, bien pêchu, n'est pas réellement une surprise dans le sens où elle était disponible sur internet depuis quasiment deux ans. C'est finalement ce morceau qui adopte le plus la philosophie de CNK : Ultra Violence. Dans le plus pur style heavy, Pills réalise un superbe solo à l'entrée de "You Could Be Mine", l'expérience de Snowy fait le reste. "Everybody Knows" était, elle aussi, disponible depuis longtemps sur la toile. Néanmoins cette version est plus lourde avec les guitares en fond. "Blood Is Thicker Than Water" est, de mon point de vue, le morceau le plus réussit de l'album. Il aurait pu être entièrement composé par le groupe. Tandis que "Seasons In The Abyss" propose un interlude sombre avec une pointe de heavy. Swan intervient pour la reprise de "Too Fast For Love", du glam ! Puis vient "Weißes Fleisch", un des succès de Rammstein. Cette version est proche de l'originale. Fait rare, mais fort sympathique, "Where The Wild Roses Grow" est une ballade. Pour (presque) finir, le groupe reprend "I Am The Black Wizards". L'album conclut sur une version plus calme de "Blood Is Thicker Than Snow" avec (encore) Snowy Shaw.


7 ans ce sont écoulés depuis leur dernier album et le résultat est très bon. Personnellement je n'aime du tout les voix du heavy ni du glam, donc je passe sur un tiers de l'album. Pour ce qui est du reste, CNK a réussi la difficile épreuve des reprises : non pas refaire ce qui a déjà été fait, mais réellement s'approprier chaque morceau pour pouvoir imprégner sa marque, au-delà du fait que les reprises soient meilleures ou mien bonnes que les originales. Comparé aux précédents, l'album perd en cohérence du fait des différents univers explorés. Étrangement le groupe, préférant communiquer via Facebook, a mis longtemps à mettre à jour son site (un mois après la sortie de l'album), il n'avait de toutes façons pas été mis à jour depuis mars 2011, mais le résultat est à la hauteur de l'attente. Il ne reste plus qu'à attendre le prochain comme qui dirait, et d'aller les voir lorsqu'ils passent pas loin de chez vous !

Paris brûle-t-il ? (2015)

Jaquette du DVD

Je sais, je suis en retard... Sorti trois ans plus tard, ce live est celui du divan qui date du 1er mars 2012. De ce que j'ai compris, le DVD a surtout été poussé par Dooweet Records, mais, comme d'habitude, The CNK ne fait pas les choses à moitié : bien qu'un peu épileptique, tant le son que l'image sont parfaits. Trois bonus (dont deux lives exclusifs) complètent le DVD.

L'épreuve du DVD musical est toujours complexe : arriver à faire ressentir les émotions d'un concert au travers d'une vidéo (qui a tendance à aplatir les choses), tout en fournissant une prestation de qualité (stress du tournage). Même s'il y a du travail en studio pour peaufiner le live, le challenge est réussi. Il faut avouer que les 1h16 de projection donnent vraiment envie. Tout le concert est agrémenté de vidéos projetées sur écran géant. De plus, le spectacle regorge de pleins de surprises, de guests... Un point noir ? En cherchant bien, on pourrait trouver qu'Hreidmarr est un peu sur la retenue afin d'économiser sa voix. Le public est quant-à lui plutôt calme, si ce n'est quelques slams, la base de fans n'étant, hélas, pas très grande. On ne peut d'ailleurs que regretter de ne pas avoir plus de prestations de leurs part !

The CNK nous emmènent ce soir dans l'Afrique des années 50 : un petit film d'introduction sur l'écran géant, entrée sur scène, costume, maquillage avant d'entamer "Dinner Is Ready" pour se mettre dans l'ambiance. Puis vient "Vote For Winners". Pour se détendre un peu, on écoute "Blood Is Thicker Than Water".

Les chemises tombent lors de "Jim Beamed Ahnenerbe TV". La voix off annonce le prochain titre "Total Eclipse Of Dead Europa". Vient le premier live de "Bunkermoon Khaos 3", puis le moment le plus chaud du DVD (il faut bien vendre ;)) avec "Cosa Nostra Klub" où le groupe joue son morceau mythique entouré de deux hôtesses. Alors que Zoé se requinque au Jack Dianel's, ils entament "I Am The Black Wizards" puis "The Doomsday". Un guest monte sur scène à la rescousse pour "Kommando '96 Übercharged". On enchaîne avec le très populaire "Political Police". Trois guests pour "Too Fast For Love", dont seulement un qui était prévu ! La dernière étant "Sabotage", mais tout le monde sait que ce n'est pas le final de The CNK. Cette fois Hreidmarr tombe la chemise pour "Gadd Ist Gott" avant de conclure par "Get A Gun Shoot At random".

La conclusion est comme l'introduction : une belle réussite, que je regrette de ne pas avoir acquis plus tôt ! La liste des morceaux est vraiment bien équilibrée sur tous les albums, sans faux rythme et avec des transitions rapides. S'il fallait une seule raison pour l'acheter ? La reprise absolument géniale de "You Spin Me Round" (Dead Or Alive) en bonus. En plus, Findie propose une remise de 25% sur l'album. Il est aussi possible de n'acheter que la bande son du concert sur bandcamp.