Musique
Tuesday, 21 April 2015
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Concert System of a Down 2015 Lyon

Ce qui est rare est précieux. Un concert de System of a Down est très précieux. Certes, la dernière fois qu'ils sont venus en France ne remonte qu'à 2 ans, mais la fois précédente, c'était il y a 4 ans à Paris. En presque 10 ans, System of a Down n'a rien perdu de sa superbe, quelques rides par ci par là, mais une vigueur toujours intacte sur scène.

Et quel concert ! Deux heures de show pendant lesquelles les morceaux s'enchaînent sans discontinue. La quasi intégralité de "Toxicity", un peu de "System of a Down", du "Steal This Album" ainsi que pas mal de "Mezmerize/Hypnotize" et pas les plus simples, avec notamment "Question!". Quatre écrans géants permettent aux spectateurs du fond de la salle Tony Garnier de Lyon d'apprécier le spectacle (un DVD de la tournée ??) autant que la foule dans la fosse, secouée de toute part. Point d'orgue du concert, "Chop Suey" où les 10 000 personnes (ou plus) présentent entonnent le morceau entier aux côtés de Serj. Même chose pour Daron en solo avec le public sur "Lonely Day". Un peu crispé au début, ils se sont lâchés sur la fin : solo, petite reprise, un peu de complicité avec le public (mais pas trop quand même), pour finir par un merci de Serj et un lancé de bâton de John. Bref, on oublie vite les trois heures d'attente debout !

Billet du concert de System of a Down 2015 Lyon

C'est l'avantage (et l'inconvénient pour les puristes) : System est un groupe qui a marqué au fer rouge son époque par sa fraîcheur et son style abordable, ce qui permet de réunir 15 ans plus tard trois générations dans une salle comble, venues des quatre coins du pays et même d'ailleurs (les billets ont été rapidement épuisé pour cette seule date en France). L'anniversaire du génocide Arménien est donc tristement le bienvenue, but originel de cette tournée mondiale. À cette occasion, System se produira gratuitement en Arménie, une concrétisation pour eux ! Pour ceux que ça intéresse, il y a une introduction au génocide Arménien narrée par Frank Ferrand dans sa chronique "Au cœur de l'histoire" sur Europe 1, qui permet de donner quelques éléments supplémentaires au débat.

Autre point positif : l'utilisation de bouchons chez certains spectateurs (jeunes comme plus âgés). C'est une pratique qui se démocratise de plus en plus. Je vais peut-être passer pour un vieux rabat-joie, mais il est beaucoup plus agréable d'en avoir lors des concerts. En effet, les enceintes sont trop fortes pour une écoute normale. Les bouchons permettent de lisser le son sans que l'oreille ne sature, on saisit donc beaucoup mieux la musique. Contrairement à ce que l'on pense, ils ne sont pas là pour couper le son, on peut parfaitement avoir une conversation avec la personne d'à côté. C'est même à se demander si les ingés du son n'en mettent pas quand ils font les balances... En tout cas le son était bien meilleur qu'à Bercy !

Ce voyage aura aussi été l'occasion de visiter un peu Lyon (où l'on pouvait croiser certains membres du groupe le lendemain !). Les lieux les plus touristiques évidemment, le reste étant assez laid. Dans le désordre : le parc de la tête d'or avec son zoo ouvert à tous, la place Belcour, la basilique Fourvière qui surplombe la ville, la croix rousse et sa vue panoramique, l'hôtel de ville, le musée des Beaux Arts, le fort Montluc, le centre d'histoire de la Résistance et de la déportation, la brasserie Georges, les bouchons Lyonnais.

Bref, une semaine pleine de bons souvenirs !

Île du souvenir, parc de la tête d'or Giraffes, zoo du parc de la tête d'or

Croix rousse Basilique Fourvière

Hôtel de ville, Lyon Lyon depuis la basilique Fourvière

La saône

Monday, 07 April 2014
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Eskimo Callboy

Eskimo Callboy, c'est la nouvelle étoile montante du metalcore. Le groupe, originaire d'Allemagne, existe depuis 2010, mais explose depuis 2 ans. Eskimo Callboy adopte un style à la fois violent et énergique, tout en intégrant des samples électro voire carrément des passages entiers. Autre particularité : il n'y a pas un, mais deux beugleurschanteurs, dont un qui peut, comme Candice de Eths, passer du saturé au clair, l'autre ne faisant que du saturé, ce qui permet de couvrir tout le spectre et laisse peu de place au vide. Personnellement, je ne suis pas un grand fan des parties en clair comparé à ce qu'on peut trouver chez Maximum The Hormone (la référence ??).

Bury Me In Vegas (2012)

Pochette Bury Me In Vegas

Premier album studio du groupe, deux ans après leur premier EP. Il est assez violent à l'oreille avec peu de constructions originales. Sans être mauvais, il est juste banal, même si Eskimo commence doucement à se trouver son propre style. Le groupe a réalisé deux clips Muffin Purper Gurk et Is Anyone Up ?. Les meilleurs titres sont sûrement "Transilvanian Cunthunger" et "Muffin Purper Gurk", en tout cas, ce sont les plus complets.

We Are The Mess (2014)

Pochette We Are The Mess

Deuxième album studio. Celui-là vaut VRAIMENT le détour. Plus puissant, plus dynamique qu'à Végas, les Eskimos ont trouvé un style qui déchire tout, même si les parties claires ne sont pas terribles (heureusement souvent secondé par un chant saturé du tonnerre). Les parties électro, quant à elles, sont beaucoup mieux intégrées que dans le précédent opus. Cet album est vraiment mâture. Bref, avant de le mettre dans le mange-disque, pensez à bien monter le son à fond !

Après une intro très R'n'B, on attaque les choses sérieuses avec un "We Are The Mess" qui donne le ton : puissant et dynamique. Mais, on n'a pas pour autant encore attaqué le meilleur. Les titres s'enchaînent avec une puissance rare : "Party At The Horror House 2", "Blood Red Lips 1", "Jagger Swagger", tous meilleurs les uns que les autres jusqu'au point d'orgue "Final Dance". On amorce alors la descente avec "Voodoo Circus" et "Broadway's Gonna Kill Us" pour terminer calmement sur une version acoustique de "Never Let You Know" tout aussi sympa que la version brute.

Crystals (2015)

Pochette Crystals - Eskimo Callboy

Eskimo Callboy est un groupe prolifique, c'est le moins qu'on puisse dire, déjà le troisième album en quatre ans ! Après un premier EP passé un peu inaperçu, les deux dernières moutures ont fait un véritable carton. Si bien que l'étoile montante du metalcore a basculé sous le giron d'Universal Music (adieu Redfield records). Si cela représente un soutien logistique exceptionnel pour ces jeunes métalleux, c'est sans compter la nouvelle équipe de production...

Et c'est là où le bât blesse. Leur troisième album "Crystals" n'est pas mauvais en soi (même si un peu en dessous du précédent), mais le mixage anéanti tout ce qui avait fait la force d'Eskimo Callboy. Les gueulantes sont désormais reléguées au second plan dans un son totalement compressé. Sur le fond (qui n'est pas lié à Sony), les textes sont devenus plus mielleux. Bref, on passera rapidement en attendant l'année prochaine !

Pourtantn tout commence bien, le premier morceau est très énergique, même si le refrain est un peu faible. Le second est déjà plus mielleux, le nouveau style d'Eskimo semble s'adresser aux ados... Ils se rattrapent un peu avec "My Own Summer". Puis, "Kill Your Idols", avec un titre pareil, on s'attendait à quelque chose de bien péchu, encore une déception... La suivante n'est qu'une introduction à "Monster", elle même gâchée par un mixage catastrophique. Vous n'avez jamais entendu de rap Allemand ? Il faut écouter "Best day", l'effet est "particulier". Le huitième titre est plutôt punk, ce qui est fort sympathique. Petit morceau à la "elchtransformer". Ensuite, "Paradise In Hell" propose un refrain vraiment trop faible, c'est dommage. On ne retrouve du véritable Eskimo que dans "Crystals" et "Walk On The Thin Line", un peu tard pour sauver l'album. Enfin, un final acoustique plutôt réussi pour aller se reposer.

En conclusion ? Eskimo Callboy évolue et devient plus grand public. C'est un choix qui ne me plaît personnellement pas, mais ils ont encore le temps de s'améliorer !

Friday, 31 January 2014
|
Écrit par
Grégory Soutadé

The Inspector Cluzo

En ayant marre de se retrouver régulièrement à deux aux répétitions (et après avoir ... le bassiste), Laurent Lacrouts alias "Malcolm" et Mathieu Jourdain alias "Phil" décident de fonder The Inspector Cluzo (TIC). Mais TIC, c'est avant tout deux Gascons amoureux de leurs racines : la bonne bouffe, l'armagnac, le rugby, la course landaise et surtout, surtout un groove du tonnerre. Les deux potes sont connus mondialement et paradoxalement très peu médiatisé en France. Ces amateurs du Fais-Le-Toi-Même (DIY) sortent depuis 2008 des petites merveilles et tournent à l'international où ils produisent un rock dans la plus pure tradition. Il ne s'agit pas du rock moderne, qui n'est autre que du pop-rock, mais d'un rock des origines : dynamique, agressif, fort afin (d'essayer) de faire passer un message, souvent traité de façon humoristique (comme peut l'attester l'ensemble des clips du groupe, qui tirent parfois sur le gore...), car, oui, le groupe est clairement politisé. Mais, The Inspector Cluzo sait aussi sortir des sentiers battus avec le support des cuivres qui donnent une touche funky vraiment sympa. De plus, l'amplitude vocale de Laurent est vraiment impressionnante (quand il n'en abuse pas).

The Inspector Cluzo ne sort pas des albums, mais des œuvres complètes. Chaque album œuvre bénéficie d'un travail esthétique remarquable, qui en font un objet unique. Je conseille fortement de les commander directement sur leur site afin d'en profiter, car ça vaut vraiment le coup.

The Inspector Cluzo (2008)

Album The Inspector Cluzo

Premier album pour les deux compères. Personnellement, je trouve qu'ils cherchent encore leurs marques, le concept de TIC n'est pas aussi net que sur les suivant. Le style de la pochette est d'ailleurs assez sobre, plutôt commun en fait.

On commence par une petite introduction (normal, personne ne les connaît). Puis, le second morceau un peu plus rock, mais toujours en alternant des passages tranquilles, à l'image de la première partie de l'album très funky. Le quatrième titre est l'occasion de montrer tout l'amour qu'ils portent aux bassistes. Le tournant vient assurément de "Two days" : un son qui déchire tout, même s'il y a de l'abus dans les aigus. Deuxième partie donc plus rock avec pour commencer un "Yourself". "Us Food" montre tout le style humoristique de TIC. On finit en douceur avec "Change N°2".

The French Bastards (2010)

Album French Bastards

Deux ans plus tard, sort le deuxième album de The Inspector Cluzo. Plus mûr, il fait presque passer le premier pour une "démo". Le concept est en place : on a droit à une pochette qui s'ouvre pour laisser place à plusieurs fiches style cartoon (une par titre). La jaquette du CD est elle aussi très cartoonesque. On est loin de ce qu'on trouve normalement dans le commerce ! N'ayons pas peur des mots : cet album est une tuerie. Ils ont même corrigé le problème des aigus qui sont beaucoup plus juste et introduits plus de gueulante, le tout sans oublier le côté funky qui fait tout le charme du groupe.

Dès le début on remarque que le son est plus propre et encore plus rock, les cuivres ne sont pas en reste pour autant ! Le deuxième titre éponyme a droit à son cartoon : c'est bon, on a trouvé ce qu'était TIC ! Le titre s'est très bien placé dans les charts étrangers même s'il est inconnu en France... "Empathy Blues" est une autre merveille de l'album : agressif à souhait et doux quand c'est nécessaire. La suivante à la AC/DC est très entraînante. Après un "hommage" à Michael Jackson, on enchaîne sur un "hommage" aux traders, pour arriver sur la troisième pépite de l'album : "Zombies DJ's Killers" qui montre tout le potentiel d'innovation de The Inspector Cluzo. On retrouve du gros son sur le neuvième titre. Dernière merveille avec "He's not the man". TIC n'aime pas vraiment le foot, pourtant il rend hommage (et un vrai cette fois) à Lilian Thuram, ou alors il s'agit d'un pamphlet sur les supporters, chacun se fera son opinion. L'album termine sur un titre étrange "The French Bastards #2" : un monologue en Anglais qui n'apporte rien d'intéressant. C'est dommage de finir sur une note négative.

The 2 Mousquetaires (2012)

Pochette album "The 2 Mousquetaires"

The Inspector Cluzo revient et il n'est pas content ! Les deux mousquetaires de Gascogne veulent défendre leur terre, leur peuple et leurs traditions face à une mondialisation grandissante. Cet album est aussi une occasion d'inaugurer le format BD pour la pochette. Pour chaque morceau, on a droit à une ou deux pages d'illustration. Si c'est une bonne idée, on y perd au passage les paroles. Côté musical, cet opus fait la part belle aux cuivres, ce qui le rend moins agressif que les premiers, même s'il conserve toute la patate des Cluzos ! On trouve aussi des intros/fins en Gascon qui viennent ponctuer l'album. La voix a elle aussi évolué dans les graves. On a du mal à se dire que c'est la même personne que sur les deux premiers.

L'album part sur les chapeaux de roues avec deux premiers morceaux très percutants. Le troisième est un délice de cuivres. TIC nous offre encore une fois une pépite musicale avec la parodie de "Téléfoot", à voir et à ré écouter tellement le clip est génial ! "Why a vulgar french band cannot play shitty" est l'occasion de revenir sur quelque chose de plus agressif toujours avec une déferlante de cuivres. Si l'inspecteur n'aime pas Sarko, il n'en est pas de même pour sa seconde épouse... Petit délire du groupe qui a préparé ce "Fuck The Bobo" spécialement pour la scène. Le suivant est un extrait arrangé du premier titre du premier album, il aurait tout à fait sa place en introduction. On alterne ensuite entre funk et rock puissant. Enfin, depuis que TIC dit défendre ses racines, on n'avait aucune chanson en Gascon ! Ils concluent donc cet album en réparant cette boulette.

Gasconha Rocks (2013)

Pochette album "Gasconha Rocks"

Il n'aura fallu qu'un an à TIC pour sortir un nouvel album. Nouvel album, nouvelle inspiration. Celui-ci est très rock'n roll et délaisse un peu les cuivres (ce qui donne moins de volume à l'ensemble). C'est néanmoins un très bon cru, mais avec seulement 25 minutes tout mouillé, on reste un peu sur notre faim... Il aurait peut être fallu un an de maturation supplémentaire (mais on ne va pas s'en plaindre !). Comme le précédent, il s'accompagne d'une pochette au format BD avec une illustration et/ou un cliché (superbe) par morceau, ainsi que les paroles cette fois ! C'est ce qui rend le groupe différent et génial à la fois.

The Inspector Cluzo étant principalement un groupe de scène, on a droit en top bonus moumoute à un reportage vidéo ("A fight for independance") d'une heure qui retrace la tournée précédente. Ce reportage fait un gros point sur les personnes (producteurs, programmateurs de festival, amis...) qui ont découvert Cluzo ces dernières années (l'occasion de s'envoyer quelques fleurs !!). Il y a aussi un gros passage sur le DIY (Do It Yourself) des Cluzos pour finalement terminer sur les limites du modèle actuel (petite séance d'auto critique). C'est dommage de ne pas avoir montré plus de parties de concerts. En effet, on n'a souvent droit qu'à des intros ou fins, forcément explosives. En tout cas, on peut voir l'énorme travail qu'abat le groupe dans et en dehors des concerts !

Le premier morceau nous met l'eau à la bouche. Les 4 titres suivants sont sympa, mais moins percutants que sur les albums précédents. Après un interlude musical fort intéressant et qui signe le retour des cuivres, on attaque les choses sérieuses par un excellent "The duck guit blues", ça sonne blues, ça sonne fort, ça sonne bon ! Puis, ils reviennent sur des bases plus agressives (qui a dit Mosanto ?). À la "DJ zombies killer", "Better Off in Afghanistan" sort de nulle part pour notre plus grand bonheur. Comme souvent, on fini sur un morceau plus calme et très émouvant pour le coup.

Rockfarmers (2016)

Pochette RockFarmers

Pour reprendre la présentation officielle, Rockfarmers a été écrit et composé durant la tournée Gasconha Rocks (2013-2015), c'est-à-dire aux quatre coins du monde ! Pour cet opus, les Gascons ont eu la chance d'être mixés par Vance Powell à Nashville dans le Tenessee. Ce dernier a travaillé avec (entre autres) The Raconteurs, The White Stripes et les Arctic Monkeys. Le mixage a, comme l'enregistrement, été effectué avec du matériel 100% analogique, qui donne ce fameux grain à certains morceaux.

Côté visuel, c'est encore une fois une grosse claque. Abu, le dessinateur a pu passer un mois à la ferme Lou Casse. Les croquis semi colorisés ressortent superbement à côté des photos du livre de 40 pages au format 24cmx24cm d'une qualité irréprochable. De quoi balancer à la poubelle les miteuses pochettes carton ainsi que les boîtes CD plastiques au format standard qui se font traditionnellement.

Outre les paroles, le livre contient deux CD audio (pour 1h05 de musique) à l’effigie de Laurent et Mathieu, ainsi qu'un documentaire réalisé, lui aussi, lors de la tournée mondiale. Seul regret, ils sont insérés dans des pochettes carton (on y revient !) collées, ce qui les rend assez fragiles et difficile à manipuler (faites des sauvegardes !). À noter que les morceaux sont assez longs (4-5 minutes en moyenne).

Le tout est sorti officiellement en février 2016, mais des lots (avec du foie gras) étaient disponibles durant la période de noël. Et parce que ça n'apporte rien, mais que c'est à la modeclasse, une version vinyle existe également.

Voilà, tout est dit... Gasconha Rocks était déjà un peu plus sombre que les précédents opus, ici on abandonne complètement les cuivres. Pour innover, il y a quelques instruments acoustiques (guitare, banjo, harmonica...), une chorale d'enfants, mais l'esprit originel et original, sympa, agressif, fou, vitaminé, festif de The Inspector Cluzo se noie dans un rock lent et souvent dépressif. Laurent retrouve aussi son principal défaut : une montée dans les aigus tout à fait désagréable, bien que le tout soit compressé pour ne pas faire exploser les enceintes.

Seuls quelques titres méritent le détour : l'introduction très oisive ;) qui entame sur du bon rock, le second morceau avec un refrain accrocheur. "Lost In Traditions" annonçait pourtant un blues sympa, mais aurait mérité d'être amputé d'une bonne minute. On sautera directement au second titre du deuxième disque pour entendre un rock plutôt sympathique gâché par les chœurs. Dans un registre plus classique, "Quit The Rat Race" propose du bon rock à l'ancienne (un des rares titres qui sauve l'album). L'hommage à leur dessinateur de toujours, Abu, est un long solo avec des choeurs tristesspirituels. Pour terminer, on fera abstraction du chant sur "Romana" pour écouter une compo jazzy très fraîche.

Grosse déception donc pour cet opus. TIC a voulu faire les choses en grand, mais a oublié les fondamentaux comme qui dirait. Il ne reste qu'à se rabattre sur le foie gras d'oie de Lou Casse pour se consoler !

Saturday, 09 November 2013
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Guerilla Poubelle

Au début étaient Les Betteraves, un groupe d'ado jouant un punk festif et déjanté qui naquit en 1999. Au travers de leur concerts partout en France, ils acquirent une certaine notoriété sur la scène underground française. 4 ans plus tard, les Betteraves se séparent après un concert d'adieu (face B de "Vide-ordures et Sabordage"). Till et Kojack se retrouvent pour fonder Guerilla Poubelle. Certains y voient un simple changement de nom, pourtant l'objectif et les moyens sont complètement différents. Guerilla Poubelle (GxP) est un groupe politisé, le punk y est plus dur et engagé. Cette politisation se retrouve aussi dans Guerilla Asso, le label crée dans la foulée pour promouvoir le punk indépendant. Guerilla comme Les Betteraves ont toujours fixé le prix des concerts et des albums (5€ et 10€) afin que la musique soit accessible au plus grand nombre. Leur premier morceau est d'ailleurs une reprise de "Zwibir" (face A de "Vide-ordures et Sabordage") où le style tranche franchement avec celui des Betteraves.

Il faut repeindre le monde ... en noir (2005)

Il faut repeindre le monde en noir

Pour ses deux ans, Guerilla fait simple : guitare/chant, basse, batterie. Ils ne vont pas chercher dans les mélodies profondes (du punk quoi), mais ont quand même gardé l'énergie des Betteraves pour poser sur des textes révoltés. Tout commence avec un moyen "Si Jamais". Des morceaux avaient déjà fuités sur les premières démos comme "Demain Il Pleut". Sur la même lancée "Sur le trottoir" développe une sacrée énergie. S'ensuit la révolte anti américaine avec "J'ai perdu mes mains". Après une petite pause accoustisque, on repart sur "Le pendu" qui avait lui aussi fuité, pour enchaîner sur un excellent "Comme un sourrire". Finalement on comprend la genèse de Guerilla Poubelle avec "Culture Poubelle". Le morceau suivant est un peu brouillon. Malgré un début difficile "Mort à l'hôpital" est vraiment excellente. "Exception Culturelle & Trafic D'Armes" est probablement le meilleur titre de l'album. Si la suivante n'est qu'une suite de larsens, ils se rattrapent avec "Tout est niais". Le dernier titre intéressant est "La mort douce".

Punk = Existentialisme (2007)

Pochette Punk = Existentialisme

En 2007, Guerilla remet ça avec "Punk = Existentialisme". Les critiques sont assez mauvaises. Personnellement, je n'ai pas pu aller jusqu'au bout quand je l'ai reçu et il est resté longtemps sur une étagère... Le CD est assorti d'un DVD contenant un documentaire sur la tournée de Guerilla. Le punk est un art difficile car il n'y a pas beaucoup de composantes musicale. Du coup, si une d'entre elle fait défaut, c'est tout l'album qui en pâtie. Musicalement, cet opus est réussit, surtout pour ses parties de basses vraiment sympa, mais, côté chant, ça ne passe pas du tout. Till tente de faire passer ses textes en force et perd au passage toute l'énergie développée par ses acolytes. Pourtant, les deux premiers morceaux sont prometteurs. Le soutient de Justin(e) pour "Dans la diagonale" apporte une bouffée d'air, contrairement au dernier titre qui termine l'album sur une très mauvaise note. Le morceau le plus réussit reste "Être une femme" qui faisait partie des premiers titres enregistrés par Guerilla et ré enregistré pour l'occasion (l'originale est plus brut de décoffrage et a ma préférence). Le reste est assez lourd à l'oreille même s'il y a plein de bonnes choses sur la partie musicale pure.

Amor Fati (2013)

Pochette Amor Fati

Après une période un peu creuse et pour fêter les 10 ans du label, GxP semble avoir retrouvé son énergie originelle avec "Amor Fati". La voix a mûrie, comme le groupe, amputé de Kojack et Jokoko. Pour son deuxième titre, Marx met le feu avant de nous servir un excellent "Nulle part c'est chez moi". Petite pause par "Les rats quittent le navire", avant d'enchainer sur un très bon Martin Luther King (qui propose même un interlude musical !). Till déverse sa rage sur "Pire père" aux allures plus ska que punk. Les deux suivantes sont sympa. Ambiance spatiale pour "Présent composé". On ne peut pas se passer du titre incompréhensible qui consiste simple à se défouler au chant. Les morceaux suivants sont classiques mais tout de même agréables. "Prévert, Kosma, Paris" moins agressive vient clôturer l'album de la meilleure des façons possibles. Elle tourne et tourne dans la tête encore après l'écoute.

Les Betteraves comme Guerilla écrivent toutes leur paroles en Français, fait rare pour un groupe de punk. On peut ne pas aimer leur style simple (et percutant ?), il n'en reste pas moins que GxP est une des (rares) références du punk français aussi bien sur scène que dans la vie associative. Cette réputation est loin d'être immérité à la vue de ce qu'ils produisent et, malgré les tumultes inhérents à tout groupe de musique, ils sont encore là et je l'espère pour longtemps !

Wednesday, 14 August 2013
|
Écrit par
Grégory Soutadé

6 ans qu'on l'attendait : Yoshu Fukushu est le nouvel album de Maximum The Hormone !! J'écrirai une revue plus détaillée quand j'aurai ce nouveau jouet. En attendant il faut se consoler avec ce clip (On dirait qu'ils ont troqués leur partie punk pour quelque chose de plus sombre, reste encore à voir s'il représente tout ou partie de l'album).