Cinéma
Monday, 24 May 2021
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Écrit par
Grégory Soutadé

Affiche Adieu les cons

J'étais assez dubitatif lorsqu'Albert Dupontel (ici scénariste, acteur et réalisateur) a sorti Adieu les cons l'année dernière. À priori, un film dans lequel Virginie Effira (alias Suze), atteint d'une maladie auto immune à l'âge de 43 ans décide d'utiliser le peu de temps qui lui reste à vivre pour rechercher l'enfant qu'elle a accouché sous X 15 ans plus tôt, n'est pas forcément ma tasse de thé. D'autant plus que la bande annonce montre des passages assez simplistes.

Pourtant ce film est un véritable petit bijou, tant sur le fond que sur la forme. Les mauvaises langues diront qu'il n'y a pas eu de concurrence réelle, mais les 7 Césars reçus (sur 13 nominations) sont largement mérités ! Albert Dupontel déclarait dans Passage des arts qu'il ne "faisait qu'enfoncer des portes ouvertes". C'est exact si on s'en tient au squelette de l'action. Néanmoins, le développement qui est fait autour de ce squelette est tout simplement extraordinaire avec énormément de poésie, de justesse et d'harmonie dans le jeu des acteurs principaux comme secondaires, avec un déroulement authentique, qui ne tente pas de prendre de raccourcis, qui laisse l'histoire se décanter, se construire pour amener à une charge émotionnelle forte sans jamais tomber dans la niaiserie. Pour supporter son propos, l'auteur ajoute régulièrement des éléments comiques qui viennent sublimer l'action sans prendre le pas sur celle-ci (contrairement à ce que suggère la bande annonce). Tous ces éléments permettent de faire oublier les quelques parties extraordinaires du personnage principal incarné par Dupontel, qui relèvent plus du conte moderne. Et que dire de la réalisation ? Sublime. Que ce soit dans le cadrage, toujours juste, l'utilisation judicieuse des effets spéciaux, l'esthétique qui est juste extraordinaire, avec un immense travail sur la photo (Surtout que beaucoup de plans se déroulent de nuit où on retrouve tout un panel de couleurs chaudes).

Mon dernier coup de cœur cinéma date de 2009 avec Parasite. Dans un autre registre Adieu les cons est à sa hauteur et j'encourage fortement les spectateurs à profiter de la réouverture des salles pour foncer voir ce (pas si) long métrage (1h27) pendant qu'il est encore à l'affiche !

Monday, 21 March 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

Affiche du film 10 cloverfield lane

Cela faisait longtemps que je n'avais plus fait de critique d'un film, mais celui-là en vaut vraiment la peine. "10 cloverfield lane" raconte l'histoire de Michelle qui, après avoir fait une sortie de route la nuit, au milieu de nulle part, se retrouve dans un bunker souterrain. Howard, un ancien marine, l'a secourue, mais l'empêche de sortir. D'après lui, il y a eu une "attaque", l'air est toxique. Où est le vrai du faux ? Est-elle vraiment retenue pour son bien ? C'est ce qu'elle va essayer de déterminer avec Emmett, son compagnon de (in)fortune.

Le film est un huit clos, ce qui est assez rare pour une production américaine. Autre fait marquant : le budget, à peine 5 millions de dollars ! Ce n'est parfois même pas le cachet de certains acteurs ! Outre ces points de détails, le scénario se révèle brillant, la pression est permanente tant le personnage d'Howard est ambigu. Les situations n'auront de cesse de faire basculer le spectateur d'un côté ou de l'autre. S'ajoute à cela une réalisation parfaitement maîtrisée, égalant un Hitchcock. La comparaison n'est pas surfaite, le visuel est maîtrisé (ce qui est plus simple de nos jours), mais surtout, la gestion sonore est excellente. Ce dernier point apporte énormément à la qualité générale et contribue à imposer cette ambiance étouffante propre aux huit clos. On notera tout de même quelques américanismes dont il faudra faire abstraction.

Monday, 12 May 2014
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Écrit par
Grégory Soutadé

Affiche Libre et assoupi

La section cinéma est fermée, pourtant je ne résiste pas à l'envie de raconter un peu du film que j'ai eu le plaisir de voir. "Libre et assoupi", comédie française inspiré du livre "Libre, seul et assoupi" écrit par Romain Monnery et paru en 2010, raconte l'histoire de Sébastien. Sébastien a 29 ans, c'est un rêveur. Poussé hors de chez lui par ses parents, il se retrouve en colocation à Paris avec Anna et Bruno. Certains pourraient le qualifier de fainéant, mais ce n'est pas vrai. Sébastien, encore appelé l'autre, a une vision différente de la vie. Il ne conçoit pas l'existence par le travail. "boulot, métro, dodo" ce n'est pas pour lui. Ce qu'il aime faire par dessus tout ? Dormir.

"Libre et assoupi" est un conte philosophique moderne où l'on va suivre l'autre dans sa démarche et ses questionnements. Qui suis-je ? Qu'est ce que je dois faire ? Comment être heureux ? Qu'est ce que le bonheur ? Qu'est ce que vivre ? Parfois un peu cru, souvent drôle, mais surtout loin de tout ce qu'on en attendait. Il surclasse le genre sans jamais avoir à forcer le trait. "Libre et assoupi" est un délice rare où l'action laisse place à des dialogues d'une richesse incroyable, pour peu qu'on veuille bien se donner la peine de les écouter.

Monday, 24 March 2014
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Écrit par
Grégory Soutadé

Un cochon qui mange du popcorn

Un samedi soir, une sortie ciné, une salle sombre, un bon film dans un siège confortable à manger du pop-corn. STOOOOOOOOOOP ! La boîte de pop-corn au cinéma c'est un cliché qui emmerde tout le monde. Alors, certes, quand on va voir un blockbuster où il n'y a pas plus de dix secondes de silence dans tout le film (action oblige), ça passe, mais pour l'ensemble des autres films où une scène de silence peut avoir autant d'importance que l'explosion du World Trade Center (qui a vu Gravity ???), entendre "creck creck creck" est passablement insupportable.

Mais ce n'est pas tout. Outre le désagrément généré par les mangeurs pendant le film, il y a les désagréments générés avant. Un pop-corn, ça colle aux doigts, ça tombe, ça s'écrase, ça se colle sur le sol et les sièges. Idem pour la boisson qui l'accompagne, parce que, ne nous voilons pas la face, le pop-corn en soit c'est fade. Il faut donc l'agrémenter (au choix) de sel, de sucre, de caramel, de chocolat, ce qui donne ... soif.

Pire encore : toutes ces sucreries font monter la note (parking, essence, péage, place de ciné, forfait 3D, lunettes 3D, pop-corn, boissons...), 20€ par personne pour voir UN film, ça commence à faire cher... À ce propos : cinéma != pathé. Hormis les gros films d'action qui nécessitent des infrastructures à la pointe, il y a plein de petits cinémas qui projettent l'ensemble des sorties nationales (et même plus) pour un tarif inférieur aux prix exorbitants des multiplex. Et, pour les plus courageux, le prix des places peut être divisé par deux pour les projections en dehors des horaires de grande affluence (notamment le week-end en matinée).

Bref, à tous ceux qui prennent du pop-corn au cinéma : RESTEZ CHEZ VOUS !

Tuesday, 07 May 2013
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Écrit par
Grégory Soutadé

Affiche Denis

Denis lui a déjà piqué deux de ses petites-amies alors qu'ils filaient le parfait amour. Pourtant, Denis est en apparence moche et lourd. Pourquoi ? Comment ? C'est ce que va tenter de découvrir Vincent en se rapprochant de lui.

Comédie qui frôle la comédie romantique, "Denis" s'en sort plutôt bien, même si le rythme (imposé par la comédie) est parfois dur à tenir. Tant Fabrice Eboué que Jean-Paul Rouve sont parfaits dans leur personnage. On assiste à des scènes complètement loufoques, comme au temps des "Robins des Bois".