Cinéma
Monday, 24 December 2012
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Écrit par
Grégory Soutadé

Affiche De l'autre côté du périph

Après avoir joué en second plan face aux agents Bullit et Riper, Omar Sy et Laurent Lafitte ont décidé de squatter le devant de la scène avec "De l'autre côté du périph". Ousmane Diakité, simple flic de banlieue est sur la piste de "gros bonnets" jouant dans des tripots clandestins. Il découvre par hasard le corps de la femme d'un grand patron français. La crim, incarnée par le capitaine François Monge, prend le relais. Mais, pour le plus grand malheur de François, qui vise le poste de commissaire, il va devoir faire équipe avec Ousmane.

Le film alterne entre la comédie et le film policier. Cet aspect schizophrénique fait que ni l'une, ni l'autre des deux parties n'est complètement aboutie : l'intrigue est présente, mais on se retrouve avec quelques incohérences, des scènes qui ne servent à rien... Néanmoins, le film évite de tomber dans la caricature facile. La bande originale est un point fort. Les acteurs sont très convaincant dans leurs rôles respectifs, capables de jouer l'émotion comme la comédie à la perfection. Le réalisateur et co-scénaristes David Charhon s'est avant tout fait plaisir, notamment avec la scène de course poursuite dès le début du film (comme dans Intouchables). Sans être extraordinaire, "De l'autre côté du périph" est sympathique.

Wednesday, 19 December 2012
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Écrit par
Grégory Soutadé

Affiche du film : Mais qui a re-tué Pamela Rose ?

Les fans le plébiscitaient depuis longtemps, un "Mais qui a tué Pamela Rose ?" 2. Neuf ans après leurs exploits, les agents Bullit et Riper sont de retour pour résoudre un nouveau mystère : la tombe de Pamela Rose a été profanée, qui a fait le coup et pourquoi ?. Enquête qui les mènera jusqu'en France ! Impossible d'en dire plus, tant l'action part dans tous les sens. Pour ce deuxième volet Kad et Olivier (qui co-réalisent tous les deux pour la première fois) se sont fait plaisir, le duo fonctionne parfaitement et ça se ressent : le film est drôle du début à la fin. Il faudra le visionner plusieurs fois tant il regorge de détails, et c'est tant mieux. "Mais qui a re-tué Pamela Rose ?" est à voir et à revoir sans modération !

Monday, 19 November 2012
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Écrit par
Grégory Soutadé

Affiche du film Reality

Depuis qu'Enzo est passé dans l'émission de télé réalité "Il Grande Fratello" (le loft story Italien, qui existe depuis 2000), il est devenu une star. Il est riche, tout le monde se l'arrache. De l'autre côté de l'échelle il y à Luciano qui tient une poissonerie dans un quartier pauvre de Naples. Avec sa femme et son ami/employé, ils organisent un trafic de robot ménager pour pouvoir finir le mois. Un jour, ses trois enfants le poussent à passer un casting pour la nouvelle saison de "Il Grande Fratello". Son premier essai étant concluant, il est convié à un second casting à Rome. C'est alors que Luciano commence à perdre pied. Persuadé qu'il va être rappelé pour entrer dans la Maison, il va peu à peu détruire sa vie et sa famille.

"Reality" a obtenu le Grand Prix lors du 65ème festival de Cannes (2012) et ce n'est que juste récompense pour le réalisateur/co-producteur et co-scénariste Matteo Garrone. Plus encore depuis le début de la crise économique de 2007, "Reality" est en phase avec son époque : sur-médiatisation générale, besoin de reconnaissance, crise et argent facile. Il faut vendre du rêve ! Si d'un point de vue réalisation, Garrone livre une pépite, ce n'est pas le cas pour le fond. En effet, les 1h55 de film paraissent très très longues. Sans être complexe, l'histoire met du temps à se poser. De plus, il faut faire un effort incroyable pour arriver à associer les personnages et les actions à l'histoire. La lenteur de l'action qu'impose la dimension dramatique du projet ne fait qu'amplifier cet effet de lourdeur. La représentation des acteurs est néanmoins très bonne. De l'autre côté, il y a la réalisation, et, pour le coup, c'est un gros point fort du film. Matteo Garrone nous offre de très beau plans et des angles de vue vraiment intéressants. Le jeu qu'il peut faire avec les ombres est recherché et les flous sont enfin utilisés de manière pertinentes. Les deux seuls points négatifs sont l'utilisation un peu trop fréquente de la caméra portée ainsi que la scène de la boîte de nuit qui fera exploser les yeux ou la tête (ou les deux) du spectateur. Bref, "Reality" est un bon film, mais il ne faut pas le mettre entre toutes les mains.

Monday, 15 October 2012
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Écrit par
Grégory Soutadé

Affiche "Dans la maison"

Germain Germain aurait voulu être écrivain, seulement il n'a jamais eu le talent de ceux qu'il admire. Il s'est donc ré orienté en professeur de littérature. En ce début d'année, il corrige un devoir donné à sa classe de seconde : faire une rédaction sur son week end. Au milieu des copies médiocres il tombe sur le récit de Claude. Claude dit avoir observé tout l'été la maison de son camarade Raphaël, en imaginant comment la vie pouvait être à l'intérieur, la vie d'une famille normale. Cette année il a décidé de se lier d'amitié avec ce Raphaël pour pouvoir pénétrer la maison de ses fantasmes, concluant par un "À suivre". Germain, certainement curieux de connaître la suite de l'histoire, décèle dans la prose de Claude un talent indéniable. Il décide alors de l'encadrer pour la construction de sa nouvelle, sans savoir où s'arrête la fiction et commence la réalité.

Que l'on aime ou pas, "Dans la maison" est un des ces films qui sortent de l'ordinaire. En réalité c'est une adaptation d'une pièce Espagnole (Le Garçon du dernier rang). On assiste tout au long du film à la construction de la nouvelle qui alterne récit de Claude (qui va toujours plus loin dans la maison et dans la vie des Rapha) et correction du professeur, le tout avec une réalisation très audacieuse. Fabrice Luchini apparaît en second rôle, corrigeant, modifiant le script de son élève, mais il est parfaitement à l'aise à son poste. On sait l'amour qu'il porte pour la langue française, c'était donc un rôle prédestiné pour ce grand narrateur. Kristin Scott Thomas apparaît, elle aussi, en second rôle. S'il est un peu long sur la fin, il n'en reste pas moins un film très sympathique et original !

Monday, 01 October 2012
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Écrit par
Grégory Soutadé

affiche "Le magasin des suicides"

Entre "Là-bas" et "Ailleurs" se trouve une ville, une ville grise, pluvieuse, morose, une ville où même les pigeons se suicident. À tel point que se suicider sur la voir publique est passible d'une amende ! Seulement, depuis 1854, la famille Tuvache veille au bien être des futurs suicidés : cordes, poison, armes blanches ou à feu, lames de rasoir, le Magasin des suicides vous offre tout ce dont vous avez besoin pour réussir votre suicide. Pour vous accueillir Mishima et Lucrèce sont là, accompagnés de leurs deux enfants Marylin et Vincent. Mais voilà que le troisième, Alan de son prénom, pointe le bout de son nez. Que diable, un enfant qui sourit ! Un enfant qui aime la vie ! Serait-ce bientôt la fin de l'entreprise familiale ?

"Le magasin des suicides" se pose en tant que comédie, même si certains propos peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes. Une comédie, mais aussi une comédie musicale : il y a beaucoup de parties chantées. Cet aspect là n'est pas forcément le plus réussi, les chansons sont simples, pas forcément mélodieuses et ont la rime facile. En réalité c'est la transcription en film d'animation (2d ou 3d) du roman de Jean Teulé. Et sur ce point-là c'est une vraie réussite, le style graphique mis en avant est vraiment superbe et s'accorde parfaitement avec cet univers emplit de sinistrose. Un peu court du haut de son 1h25, il mérite toutefois le détour pour son originalité.