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Thursday, 18 February 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

Un instant !!!

Qu'est qui ya ?

C'est un nouveau patient, il faut l'enregistrer

On l'enregistrera plus tard, il a un couteau dans le dos

C'est la consigne

C'est où qu'on signe ?

C'est là qu'on signe

François Pérusse - Les urgences - 7

Ariane vend des confitures qu'elle fabrique artisanalement dans son petit laboratoire de Mouans-Sartoux. Un soin tout particulier est apporté, tant dans la fabrication, que dans la sélection des matières premières. C'est le parfait exemple de l'artisan de proximité, chose qui devient rare de nos jours. Seulement voilà, quand on ramène gentiment le pot de confiture vide (et propre) que l'on a acheté la semaine passée, Ariane nous indique qu'elle ne les reprend pas...

La réponse a de quoi surprendre, surtout que Mouans-Sartoux est réputée pour être une ville tournée vers l'écologie. Deux hypothèses s'offrent ici :

  • Soit Ariane achète des pots déjà stérilisés (et donc ne le fait pas elle-même)
  • Soit Ariane ne veut pas s'encombrer de cette charge de travail supplémentaire

Dans tous les cas, le pot finira dans un container de recyclage du verre. Ce type de recyclage a été le premier à voir le jour en France, suite à l'abandon progressive des consignes dans les années 60. Pour autant, même si elle est recyclée, une bouteille en verre ne pourra fournir que 80% à 90% de la matière première nécessaire à la fabrication d'une autre bouteille, le tout en étant fondu à plus de 1500°C. Il s'agit donc d'un processus complexe qui nécessite un matériel de pointe et beaucoup d'énergie. Pour faire bien, il faudrait aussi séparer le verre blanc et le verre coloré (à partir duquel on ne peut plus produire de verre blanc), ce qui n'est pas le cas en France. Le verre utilisé pour la vaisselle domestique n'est quant-à-lui pas recyclable car il utilise des composants de type vitrocéramique. On notera tout de même que le système de consigne des bouteilles persiste dans le cas des débits de boisson.

Cet exemple n'est que l'arbre qui cache la forêt. L'écologie est un domaine qui commence à toucher de plus en plus de consommateurspersonnes, faisant naître progressivement une prise de conscience collective, même si relativement réduite par rapport à l'ensemble de population mondiale dont la première des priorités est d'assurer sa propre survie (et pas forcément celle de ses descendants). On se rend compte qu'il est nécessaireimpératif de réduire la production de déchets (donc d'utilisation d'énergie et de matières premières). Les épiceries et petits commerces "bio" sont, dans ce secteur, souvent en avance. La dernière idée est de réduire les emballages au strict minimum : fini les portions individuelles, on vend désormais en vrac !

À moins d'avoir de très grosses mains pour pouvoir transporter tous ses produits, il faut donc des contenants. Le siècle dernier a été le siècle du pétrole. Pétrole à partir duquel on a pu synthétiser des plastiques plus ou moins appropriés à une utilisation alimentaire. Ces plastiques ont complètement éclipsés les contenants traditionnels tel que le verre : plus légers, plus résistants aux chocs, moins chers, aussi (voir plus) malléables. Le coût de transport et de stockage ont, de fait, été largement réduits. On pourrait arguer que le plastique est lui aussi recyclable, ce serait encore mieux s'il était réutilisable !

Le carton est l'autre grand gagnant dans la guerre des emballages : léger, peu cher, suffisamment solide pour sa tâche, facilement personnalisable, également recyclable, il peut même provenir de sources renouvelables, mais n'est toujours pas réutilisable !

Cette question des emballages est à la fois importante et universelle. Comme mentionné plus haut, certaines épiceries (bio ou non) vendent désormais en vrac. L'idée est bonne, mais n'est pas applicable à tous les produits. Un des inconvénients de ce système est la perte de fraîcheur du produit (exposé à l'air ambiant), ainsi que l'écrasement de celui-ci s'il se trouve dans des containers trop grands (les pertes sont d'autant plus grandes que le débit est faible), là où l'industrie agroalimentaire nous a habitué aux portions "individuelles".

Une solution naïve consisterait à prendre le meilleur des deux mondes : avoir des portions individuelles dans des emballages réutilisables (en verre ou non). Il faudrait donc revenir à ce fameux système de consigne. Sur le papier, l'idée est belle mais requiert un effort énorme.

En effet, l’essor des transports a permis de réduire virtuellement la distance entre producteurs et consommateurs. au XIXe siècle, il était peu envisageable de se fournir en matières premières alimentaires provenant de l'autre bout de la France. Les durées de transport et les modes de conservations n'étant pas suffisamment au point. On achetait donc des fruits et légumes du coin, le lait et les œufs provenaient de la ferme de Mme Michu... De nos jours, un Marseille-Paris se fait en une journée pour un transporteur. Rien de neuf là dedans me direz-vous. Pourtant, quand on regarde le paquet de biscuit de son supermarché, on ne réalise pas forcément combien il peut y avoir d'acteurs intervenants dans la chaîne. À minima, pour un produit 100% fabriqué en France, on peut trouver :

  • Les producteurs de matières premières
  • (Éventuellement) des grossistes
  • L'usine qui a réalisé le produit
  • Les producteurs d'emballages
  • Le distributeur (chaîne de magasins) qui possède une ou plusieurs centrales nationales
  • Le distributeur local

Le tout en ayant subi divers aller-retour via des transporteurs. La crise agricole qui secoue les médias n'en est que le reflet : le producteur ne vend plus directement au consommateur, mais à une chaîne de transformation/distribution qui se trouve alors en position de force pour négocier les tarifs (et qui peut surtout se fournir à l'étranger). Chaîne qui voit les emballages plastiques et cartons comme une aubaine extraordinaire de réduction des coûts. La charge du recyclage est alors assurée d'une part par le consommateur qui va trier ses déchets (hors emballages intermédiaires), puis par la collectivité locale qui va les récupérer, et enfin par le centre de recyclage. Il n'y a donc (pour l'industriel) aucun coût lié au produit une fois qu'il est sorti de l'usine, mis à part le service après-vente à cause d'une éventuelle erreur de fabrication.

La mise en place d'un système de consigne impliquerait une capacité à minima de tri, de stockage et peut-être de nettoyage (qui doit être fait au plus tôt) de la part du réseau de distribution, de gestion des retours et de nettoyage (stérilisation) de la part de l'industriel. Mécanisme qui a un coût non négligeable et qui nécessite une logistique importante. Le surcoût de la consigne était autrefois assumé par le consommateur. Une hausse généralisée des tarifs serait-elle acceptée ? Difficile de répondre oui quand on voit la guerre incessante des prix que se livrent les grandes chaînes qui compressent les coûts au maximum, quitte à vendre des produits de moins bonne qualité ou en étouffant les fournisseurs...

Autre point exploité par les industriels : l'identité visuelle. L'emballage d'un produit reflète une identité. En plus du marquage légal (composition, propriétés nutritionnelles, service après-vente...), l'industriel appose sa marque, son logo, sa publicité et même la forme de son emballage. il en résulte un moyen fort de communication et de différentiation là où un système de contenant uniforme permettrait de simplifier la consignation (multi sources, multi destinations).

Dernière barrière : la volonté du consommateur. Le monde a évolué. La gestion de l'alimentation (choix des repas, approvisionnement, préparation, vaisselle) demande beaucoup de temps. Autrefois, ce sont les femmes qui en héritaient. La situation a un peu changé avec une certaine répartition des tâches, mais, dans l'ensemble, les femmes restent maîtresses en cuisine, en plus de faire une journée complète de travail hors du domicile ! Donc, le temps lié à l'approvisionnement est une tâche que l'on essaie de réduire au maximum (d'où la popularité croissante des "drives"). La stratégie principalement appliquée par les actifs étant un seul passage au supermarché par semaine pour obtenir un (très) gros chariot. Passage qui se fait lors du peu de temps libre disponible. Dans ce cas, laver, trier et ramener des contenants d'une part, les déplacer durant toute la durée des courses d'autre part, nécessite un certain courage, d'autant plus si ces derniers se retrouvent plus lourds que le couple carton/plastique. La seule solution consisterait à fragmenter les courses en deux ou trois fois par semaine, ce qui est encore plus chronophage.

Bien que coûteux, il ne semblerait donc pas impossible de mettre en place un système de consigne. Néanmoins, cet exemple a un biais : l'usine de production se situe en France. Imposer la consignation à toute l'industrie agroalimentaire exclurait de fait une large partie des produits étrangers, ce qui reviendrait potentiellement à enfreindre la règle de libre circulation des biens et des personnes de l'Union Européenne...

Il existe également un problème technique lié aux produits de première fraîcheur (viande, poisson, produits laitiers, produits préparés...). Ceux-ci nécessitent des emballages dont tout ou partie est à usage unique. Il s'agit, par exemple, des fameux opercules fraîcheur. Il y a donc, dans ce domaine, des procédés et des matériaux à mettre au point pour les rendre recyclables et/ou réutilisables, sachant que les organismes de certifications sont très pointilleux. Si cela ne semble pas (du moins de l'extérieur) intéresser beaucoup d'industriels jusqu'à présent, je pense qu'il s'agit du produit du futur qui fera du détenteur de son brevet quelqu'un de riche. Dans la même veine, on notera que le pire exemple en matière de déchets provient des plats préparés : qualité très moyenne, emballage fraîcheur, sur emballage : tout finit à la poubelle... Il s'agit d'un marché extrêmement juteux exploitant le défaut moderne qui relègue l'alimentation à un plan secondaire par manque de temps et de motivation...

Dans un premier temps, il serait bon d'appliquer un système de consignation à tous les produits liquides alimentaires, avant de l'étendre aux contenants en verre, puis à l'ensemble des produits. Un premier pas dans la suppression des matières plastiques a été fait de part l'interdiction de distribution des sacs plastiques car, en plus d'utiliser des ressources, ils sont souvent source de pollution grave. Ce genre de mesure est de nos jours totalement comprise et acceptée (même si on râle quand on a oublié de prendre le sac des courses). On ne souhaiterait même plus revenir en arrière étant donné que les sacs réutilisables sont bien plus pratiques !

L'écologie de manière générale a un coût et nécessite une volonté et des efforts de chacun. Reste à savoir si l'on continue à exploiter aveuglément toutes nos ressources naturelles jusqu'à ce que mort s'en suive, ou si l'on décide de réagir afin d'infléchir la tendance.

Friday, 01 January 2016
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Écrit par
Grégory Soutadé

Baou de la Gaude depuis Saint-Jeannet

C'est les vacances de Noël sur la Côte d'Azur. Profitons de ce temps automnal pour faire une belle balade au baou de la Gaude. Automnal un 27 décembre ? Avec environ 14°C au soleil, c'est effectivement un temps automnal... On supporte d'ailleurs très bien le t-shirt durant l'ascension, même s'il faut se couvrir une fois arrêté.

Un platane en automne

Le baou de la Gaude est plus confidentiel que celui de Saint-Jeannet. Plus raide aussi (compter 3h aller-retour avec un pause déjeuner) ! Pourtant, il offre un environnement et un panorama bien plus intéressant. On peut y accéder depuis Gattières (indiqué par randoxygéne) ou Saint-Jeannet.

Depuis Saint-Jeannet, ce n'est pas très compliqué. Après avoir garé la voiture dans le grand parking du bas, il faut suivre le même chemin que le baou de Saint-Jeannet. L'idéal étant de faire le circuit du Castellet dans le sens inverse pour finir par le baou de la Gaude.

Départ du chemin des baous Portail entouré de verdure

Les couleurs automnales offrent un plaisir différent, mais tout aussi plaisant que celles printanières.

Chêne aux couleurs terre Contre jour sur un chêne

Même si le ciel est relativement clair, il persiste ce petit filet opaque, signe de l'activité humaine...

Colline de Nice avec restanques

Début de l'ascension.

Colline de Nice avec restanques

Quelques arbustes sont encore en fleurs.

Pissenlit

Un pissenlit Une marguerite

Le chemin étant caillouteux, il vaut mieux s'équiper de bonnes chaussures.

Chemin caillouteux

Au moment de l'ascension, il faut bifurquer sur la droite et continuer sur la partie plane jusqu'au prochain panneau.

Bifurcation Bifurcation 2

Les choses sérieuses commencent. Les chemins sont plus accidentés que ceux de l'autre baou.

On grimpe dans les cailloux On grimpe dans les cailloux

L'ascension se fait sur le versant nord-ouest, ça-et-là le chemin reste donc humide et glissant.

On grimpe dans les cailloux Le sol est encore humide

Un petit coup d'œil à mi-parcours.

Panorama colline opposée

Le sommet est un plateau (pour reposer un peu les jambes).

Panorama colline opposée

On continue ensuite vers la falaise.

Chemin vers le baou Chemin vers le baou 2

Il faut s'arrêter admirer le chêne quadri centenaire et se restaurer dans la clairière attenante.

Le gros chêne quadri centenaire

Il y a peu de monde en cette saison, contrairement au printemps et en été où beaucoup de familles viennent passer l'après-midi.

Clairière du gros chêne

On ne boudera pas le panorama de la plaine du Var.

Panorama de la plaine du Var

Ensuite, il faut s'aventurer jusqu'à la falaise en contournant par la gauche le monticule de pierres.

Chemin vers le baou 3 Monticule de pierres

Point d'orgue de la randonnée.

Méga panorama depuis le baou de la Gaude

Même de l'autre côté, le baou de Saint-Jeannet reste la star.

Le baou de Saint-Jeannet depuis le baou de la Gaude Saint-Jeannet depuis le baou de la Gaude

Un petit coup d'œil en arrière.

En tournant la tête

Il est temps de rentrer, le soleil ne va pas tarder à tomber.

Chemin du retour Chemin du retour : tout est brun

Quelques arbres sur des restanques Chemin avec un flou artistique

Retour au village.

Le clocher domine le village

Thursday, 24 December 2015
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Écrit par
Grégory Soutadé

Logo de l'Établissement Français du Sang

Pourquoi ?

Pourquoi est-ce que je donne mon sang ? J'ai beau y réfléchir, je pense que la réponse est plutôt simple : "parce que c'est bien". Bien, dans le sens bonne action. Certes, un peu influencé par la publicité émanant de l'Établissement Français du Sang, je trouve, qu'au-delà des dons classiques simplement pécuniaires, le don de soi (ou d'une partie) est important. Donner de son énergie, de son temps, de son corps est sans équivalent. C'est aussi ce qui me pousse à être présent lors des courses caritatives de fin d'année.

L'argument de l'EFS est lui plus pragmatique : sauver des vies, aider la recherche, créer des bio-médicaments. J'ai eu la chance de ne pas être confronté directement ou indirectement à un problème nécessitant une transfusion (immédiate ou non), et bien que ce soit un argument cohérent, c'est quelque chose que j'ai plus de mal à percevoir.

Au final, quelle que soit la raison, donner son sang est un geste précieux.

Quels sont les effets ?

Le volume de sang prélevé dépend du poids de la personne, il se situe entre 420ml et 480ml (>= 57 kilogrammes) Selon les sources, nous possédons entre 4 litres et 7 litres, donc, nous perdons entre 7% et 10% lors d'un don de sang. Sur le moment, on peut se sentir un peu faible, avoir des baisses de tension. Ces effets disparaissent au bout d'une heure ou deux. L'important est de bien s'hydrater afin de reconstituer rapidement le volume perdu (généralement quelques heures).

Les problèmes surviennent lors d'une pratique sportive. En effet, si le volume de sang est rapidement reconstitué, il faudra plus de temps pour recréer les globules rouges/blancs et plaquettes manquantes. Personnellement, il me faut une à deux semaines pour retrouver 100% de mes capacités sportives. C'est une raison qui fait que je donne moins que ce que je ne le voudrais (uniquement dans des périodes de creux, soit une fois l'an...). Alors que les hommes ont la possibilité de faire jusqu'à 6 dons par an et les femmes 4.

Douloureux ?

Comme pour une prise de sang, tout dépend de vous et de la personne qui prélève. Si la veine est suffisamment grosse et visible, que l'infirmière est expérimentée, le don est quasi indolore. Ces conditions ne sont pas toujours réunies, c'est alors plutôt désagréable.

Où donner ?

Le plus commode étant lors du passage du camion mobile. Cependant, on peut aussi donner dans des établissements de l'EFS et ce, sans rendez-vous. Ils sont en général plus confortables. Le personnel y est toujours charmant et qualifié. Le don dure environ une demi-heure, le temps d'arriver, de remplir le questionnaire de santé, de passer l'entretien médical, ensuite il faut compter 15 minutes pour le don en lui-même et, enfin, aller à la petite collation offerte par l'EFS (pensez à bien boire). Ce sera plus long dans le cas d'un don de plasma ou de plaquettes (60-90 minutes), car il faut prélever le sang, séparer les éléments et le-réinjecter.

Que faire quand on est homosexuel, drogué et atteint d'une hépatite ?

Les autorités sont très regardantes quant à la qualité du sang prélevé. Celui-ci est systématiquement analysé afin de détecter les éventuelles infections comme le VIH, l'hépatite B et C. Après analyse et validation des échantillons, la poche peut être distribuée selon les besoins. Le sang étant un produit frais, il ne pourra être transfusé que dans un délai de 42 jours après prélèvement. Les périodes de vacances (surtout de l'été) et de fêtes sont hélas très accidentogènes, c'est à ce moment que les besoins en sang sont le plus important. Mais pas que, il faut donner (si possible) toute l'année.

Tout est tracé : le nom du donneur, la personne qui a prélevé, l'établissement, le laboratoire... Afin de réduire les coûts (transport, stockage, analyse), les personnes à risque sont d'office refusées (on se souvient du scandale du sang contaminé qui a éclaté dans les années 90), qu'il s'agisse d'une infection plus ou moins grave, de drogue, de changement de partenaire, tout se retrouve dans le sang. Il faut, de plus, être en forme pour faire un don.

On pourra cependant regretter que les homosexuels soient encore exclus. Certes, les mœurs du milieu sont plutôt volages, mais, suite aux énormes campagnes de prévention, les comportements sont beaucoup plus responsables de nos jours (même chez les hétéros). Peut-être un peu moins chez la nouvelle génération, qui n'a pas bénéficié d'autant de sensibilisation.

Conclusion

Donner son sang, c'est aider les autres. Rapide et gratuit, il ne faut surtout pas s'en priver ! Au bout du second don, vous obtiendrez la carte de fidélité (carte de donneur) avec des informations relatives à votre groupe sanguin. C'est d'ailleurs aberrant que ces informations ne soient pas d'office présentes sur les papiers d'identité et/ou la carte vitale tellement elles sont importantes.

Friday, 20 November 2015
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Écrit par
Grégory Soutadé

Je suis Paris

C'était il y a quelques mois. Nadine Morano, en perte de vitesse dans un parti qui n'a d'unité que celle de son président, a déclaré publiquement "La France est un pays judéo-chrétien, de race blanche.". C'est pas moi qui l'ai dit, c'est De Gaulle.

"Ce qui me choque, c'est que vous fassiez encore cette distinction" rétorque Laurent Ruquier. La bombe était lâché, elle a alimenté les médias pendant une bonne semaine. Le débat dérive alors sur les terres de la laïcité, pour y revenir un peu plus tard.

"Si vous voulez être présidente de la République un jour, n'utilisez plus jamais le mot race, parce que c'est indécent" conclu Yann Moix.

En effet, ce type de déclaration choque en dehors de contexte et de réflexion. Une petite phrase, plusieurs notions : Qu'est-ce que la France ? Qu'est-ce que la République Française ? Qu'est-ce qu'une race ? Quel est le rôle des médias et de la société dans le formatage de l'information ?

Tout d'abord, qu'est-ce que la France ? La France d'aujourd'hui est géographiquement définie par des frontières connues vis-à-vis des autres états. Elle est composée de citoyens Français et non Français. Son interlocuteur au niveau international est représenté par le gouvernement. Gouvernement élu lors d'élections démocratiques. Il s'agit d'un schéma classique dans le monde actuel, schéma lui-même issu du modèle de ... la révolution Française !

Cet état de fait n'a pas toujours été en vigueur. Ses frontières, par exemple, ont variés dans le temps. Il y a peu, l'Alsace ne faisait plus partie de son territoire. Si l'on remonte un peu plus, on peut éventuellement associer la notion de France au royaume des Francs, ou du moins à une partie de ce qu'il a pu être il y a 1500 ans. Et avant ? Elle faisait partie de l'Empire Romain d'Occident. Et avant ? Une terre peuplée de "barbares". Et avant ? Une terre.

L'origine de la France est donc sujette à discussion. Néanmoins, ce qui fait une nation, ce n'est pas tant ses frontières, ni ses représentants politique, mais bel et bien les humains qui la compose. Des humains, donc une culture, une langue, une histoire commune. En somme, une identité. Cette identité est ce qui distingue un Français, d'un Italien ou d'un Allemand. La culture Française est à la fois un brassage Européen, national et local. Fait étonnant, le mode de vie est différent entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest du fait des disparités géographiques et micro culturelles. Pourtant, il n'y a qu'un seul pays.

Force est de reconnaître que la religion majoritaire et traditionnelle est le Christianisme.

En ces temps de tensions religieuses, qui n'est rien d'autre qu'une guerre de pouvoir sous couvert de la religion, chaque mot compte. Attiser les tensions est facile, et même, politiquement intéressant. Car, si la France est traditionnellement issue de peuples d'Europe occidentale, elle possède une histoire forte avec ses anciennes colonies, et plus particulièrement les colonies issues d'Afrique, reflet d'un âge d'or dont le point culminant se situe au XIXe siècle.

Du fait de leur supériorité technologique, les Européens ont toujours considéré les populations locales comme des esclaves ou assimilés. La différence culturelle forte pour ces minorités grandissantes n'a pas aidé à leur intégration lorsque ceux-ci sont venus s'installer en métropole. Pas plus que le rejet du statut de citoyen Français post seconde guerre mondiale, et encore moins la décolonisation sanglante qui s'en suivie. Il faut ajouter à cela la pauvreté et la concentration urbaine, pour parer au plus pressé dans une France en reconstruction. En découle de la misère, de la violence et du communautarisme. On vit ensemble, mais chacun de son côté.

C'est un cercle vicieux, dont il est difficile de sortir. On ne voit et on ne nous montre que les mauvaises expériences avec les populations défavorisées. Populations, qui, bien que travaillant dans l'ombre, ne sont vues que comme délinquants et mangeurs de ressources. Statistiques à l'appui, il y a une relation entre population d'origine étrangère et délinquance. On pourrait conclure ici, pourtant, la délinquance n'est pas une caractéristique des étrangers, mais bel et bien de la pauvreté (tant matérielle qu'intellectuelle).

En ces temps économiquement difficiles, il n'est pas évident de se faire à l'idée qu'il faudra partager encore plus le gâteau, alors qu'on le voit fondre régulièrement. C'est pourtant la notion de Fraternité à la base de notre République. Cependant, la fraternité n'est pas à sens unique, et chacun doit y mettre du sien pour que le système fonctionne. Comme pour l'amitié, c'est une relation multi-parties. Faire le premier pas pour une réconciliation est un acte difficile.

Où est passé l'ascenseur social me direz-vous ? J'entends au loin hurler qu'il est cassé, ce qui est faux. L'ascenseur social, est là, mais on refuse de le voir, il s'appelle "éducation". L'éducation, c'est ce qui nous distingue des animaux. L'éducation, c'est apprendre la notion de ce qui est bon, de ce qui est mauvais, du respect, de la vie en société. On pourra mettre des milliards pour lutter contre la pauvreté sans résultat si on n'en accorde pas une grande partie à l'éducation. À l'éducation, il faudra ajouter l'instruction afin d'avoir des repères intellectuels, pratiques, d'avoir des connaissances suffisantes pour connaître le monde, le comprendre, y évoluer et développer son sens critique (permettant d'évaluer la véracité de telle information ou de tel discours). Ces notions sont des armes puissantes, si bien que les régimes totalitaires en restreignent le plus possible l'accès, particulièrement aux femmes. Pourquoi les femmes ? Parce que ce sont elles qui s'occupent des enfants ! Par l'éducation on peut modeler un homme comme on le souhaite.

Il n'y a pas de secret, la réussite est directement liée à l'éducation/l'instruction. Les personnes sortant des meilleures écoles auront une bonne situation. Mais il ne faut pas restreindre l'instruction à un point de vue purement intellectuel. L'éducation aux métiers manuels peut aussi mener à une excellence technique reconnue (et donc rémunérée), quel que soit le domaine. Bien sûr, prendre cet ascenseur demande plus d'effort que de monter dans celui de la facilité, de la délinquance, où on finit par stagner rapidement...

C'est en 1932 que le ministère de l'Instruction Publique (initié sous la Restauration) devient celui de l'Éducation Nationale. L'Éducation Nationale porte mal son nom, puisque sa mission n'est pas d'éduquer, mais d'instruire. Autrefois elle en avait les moyens (et même un peu trop). Ces abus ont progressivement été restreints dans le statut de l'enseignant, qui doit désormais se concentrer sur l'instruction. Instruction qui est impossible s'il n'y a pas d'éducation à la base.

L'autre fait sociétal est le déclin de l'instruction en lui-même, particulièrement sous le gouvernement actuel. Les enfants sont pris pour des idiots incapables de travailler et d'apprendre par cœur les notions de base (le b-a ba). Tout est mis en œuvre pour qu'ils ne se retrouvent pas devant une situation d'échec. Résultat, on n'inculque plus de repères et de notions simples. Alors qu'il faudrait plutôt travailler (et donc former les enseignants) à la gestion de l'échec. Le problème est pris à l'envers. Un article satirique particulièrement drôle est paru sur legorafi à ce sujet.

Il y a donc en France plusieurs peuples qui cohabitent plus ou moins bien. Mais peut-on parler de "race" ? Le dictionnaire (Larousse) donne des définitions antagonistes :

Population animale résultant, par sélection, de la subdivision d'une même espèce et possédant un certain nombre de caractères communs transmissibles d'une génération à la suivante.

Catégorie de classement de l'espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels, sans aucune base scientifique et dont l'emploi est au fondement des divers racismes et de leurs pratiques. (Face à la diversité humaine, une classification sur les critères les plus immédiatement apparents [couleur de la peau surtout] a été mise en place et a prévalu tout au long du XIXe siècle. Les progrès de la génétique conduisent aujourd'hui à rejeter toute tentative de classification raciale chez les êtres humains.)

Littéraire. Lignée familiale considérée dans sa continuité ; ensemble des ascendants ou des descendants d'un personnage ou d'un groupe humain

Ensemble de personnes présentant des caractères communs (profession, comportement, etc.), et que l'on réunit dans une même catégorie

En résumé, une race est un groupe d'une même espèce possédant des caractéristiques communes. Cependant, s'il est permit de subdiviser les espèces animales, on ne doit plus faire de distinction de race en ce qui concerne l'espèce humaine. Scientifiquement, l'humain est une espèce animale, cette décision est donc purement philosophique. On touche ici aux mœurs sociétales qui ne veulent pas faire de distinction entre les êtres humains. Si la volonté est bonne, à savoir que tous les humains sont égaux (concept d'Égalité de la République), on en vient simplement à nier progressivement nos différences.

Cette recherche absolue de l'égalité est absurde. Charles Darwin (ah mince, un contemporain du XIXe) a développé la théorie de l'évolution. Théorie (bien qu'affinée) que personne ne conteste aujourd'hui. Un organisme biologique évolue dans son environnement physique direct dans le sens de la survie de l'espèce. Il va muter afin qu'un maximum de ses représentants puissent survivre. Les plus faibles et les moins adaptés mourront et/ou ne se reproduiront pas.

Toujours en suivant cette théorie, on peut avancer l'hypothèse que tous les êtres vivants actuellement sur Terre sont issus d'une ou plusieurs souches.

Les mammifères (donc l'Homme) en particulier ont une seule souche commune. Si on avance dans le temps, on peut trouver le groupe des Hominidés, dont l'Homo Sapiens est un sous-ensemble. C'est le père de tous les humains. Voilà où s'arrêtent les philosophes. Pourtant, selon sa répartition géographique, l'Homo Sapiens a légèrement muté. On a ainsi une multitude de morphotypes distincts, chacun étant adapté à son environnement, à son alimentation, à son mode de vie, que l'on se refuse de classer en race, ne voulant pas retenir un critère particulier. S'ils ne sont pas incompatibles entre eux, les humains sont bel et bien différents : la peau foncée est adaptée à un soleil fort, au contraire, la peau claire permet de capter le soleil, les peuples vivant en altitude ont un système cardiovasculaire en conséquence, les Européens, ayant un mode de vie confortable seront en moyenne plus grands, les yeux bridés permettent de se protéger de la réverbération du soleil et du vent...

Pour éviter toute forme de racisme, on impose une restriction plutôt que d'éduquer à la compréhension et la tolérance de nos différences. Le problème est encore une fois pris à l'envers. Comble de l'hypocrisie, les gens policés parleront de "type", ce qui revient strictement au même.

Reconnaître nos différences, ce ne serait pas établir un ordre hiérarchique, ce n'est pas dire celui-là est mieux, celui-là est mal. L'aberration actuelle, dans la recherche de l'égalité absolue conduit à des comportements tels que, par exemple, réaliser de la discrimination positive, qui impose des personnes pas forcément compétentes là où d'autres auraient été beaucoup plus efficaces. La parité obligatoire est une autre forme de discrimination positive. Ce n'est pas en imposant que l'on va changer les mentalités. La seule chose importante étant la compétence et la capacité d'intégration à une équipe. C'est cela qu'il faut inculquer, non pas trouver une solution de substitution bancale.

La nature, par essence, c'est la diversité, c'est l'inégalité. La société essaie de compenser cette inégalité grâce aux armes juridiques dont elle dispose, parfois un peu trop. Il n'est nul question de segmenter ou de créer des interdictions, mais, typiquement, certains domaines professionnels sont plus favorables aux hommes qu'aux femmes, et inversement. Les hommes sont plus à l'aise pour des aspects techniques et matériels, tandis que les femmes ont une plus grande sensibilité dans les contacts humains. Caractères qui sont le fruit de notre condition animale : la force de chasser et subvenir aux besoins primaires pour l'un, la douceur d'enfanter et d'élever pour l'autre. La négation de ces éléments traduit l'incompréhension de ce que nous sommes. Chose encore plus terrible car il en découle un manque de repères clairs pour les générations actuelles et futures.

En poussant ce concept d'égalité à l'extrême, on pourrait imposer un salaire, une habitation, des biens matériels, une religion, une façon de penser, un morphotype (certains petits bruns Austro-Hongrois seraient ravis). Il n'y aurait plus que des clones d'Humains sur terre. C'est, au fond, un simili de communisme. Bien que cette thèse se base sur des idées louables, son application est contre nature. En imposant l'égalité, on divise. D'un côté ceux qui imposent, de l'autre ceux qui sont imposés. On freine l'évolution, l'innovation, l'imagination, qui découle de la liberté, et donc de la différence.

Heureusement pour nous, le premier fondement de la République est la Liberté. Liberté qui permet à tout un chacun de vivre selon ses principes, du moment qu'ils sont conformes à la législation en vigueur. C'est cette liberté qui fait que notre société évolue en fonction des peuples qui la compose. Nadine Morano ne veut pas que son quartier change, que des mosquées s'y construisent. Elle a peur de perdre son identité. Question est épineuse que celle de l'identité. D'ailleurs, le pseudo débat national d'il y a quelques années n'a aboutit à rien. Le monde évolue constamment, les choses changent tôt ou tard. Si l'on veut conserver son identité, il faut l'entretenir, qu'il y ait une mosquée en face de chez soi ou non. La culture, les traditions, les langues, la gastronomie, le savoir faire, les produits, la philosophie, il faut les entretenir activement. C'est un travail réel qui ne se fera pas juste parce qu'on le souhaite. Comme une vieille église, on ne peut déplorer son érosion si on ne fait rien pour la conserver.

Encore une fois, il faut éduquer les gens, c'est notre seul salut. Nous ne nous rendons pas forcément compte de la richesse et de la diversité culturelle que nous possédons en France. Du savoir et de l'expérience de nos anciens (qui ont connu un monde simple et brut), qui disparaît avec eux. L'ère de l'instantanéité, de la mono culture, de la mono idéologie, de la mondialisation nous fait souvent oublier nos racines, nos repères et nous fait parfois perdre de vue les fondamentaux.

Les paroles de Mme Morano sont choquantes dans un monde où il faut être politiquement correct, où l'on ne peut pas exposer une réflexion dans un temps de parole très court. D'un certain côté, heureusement, car l'arrière pensée n'est pas celle que je viens de développer, mais uniquement à but électoral, politicien. Pour que les médias s'intéressent à une personne en manque de lumière, ayant un discours populiste primaire. Malheureusement, ce n'est pas la seule dans ce cas...

Réflexions à la mémoire d'André Gastaud (1940-2015)

Tuesday, 20 October 2015
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Écrit par
Grégory Soutadé

Un canal

Amsterdam

Amsterdam, la Venise du nord est une ville-capitale incroyable. Belle et cosmopolite, elle a su préserver son âme tout en évoluant dans la modernité. Ce n'est, hélas, pas le cas des constructions modernes en périphérie, d'une laideur effrayante. À contrario, les maisons du XVIIe de style baroque longeant les berges d'innombrables canaux sont magnifiques avec leurs grandes fenêtres et leurs plafonds immenses, le calme paisible de certains quartiers et la foule de la rue adjacente.

Une rue

Un pontUn autre canal

Qu'est ce qu'il y a à voir ? Simplement tout ! Il suffit de prendre la carte et de se balader dans les rues d'Amsterdam. Chaque quartier a ses spécificités. Tout est atteignable à pied (< 25 minutes) qui permet, contrairement au vélo, de mieux s'immerger.

Il faut dire que le vélo est une institution. La quasi totalité de la population l'utilise pour ses déplacements, même quand il pleut (ce qui n'est pas rare). Et pour cela, il existe de réelles infrastructures. Les pistes cyclables ne sont pas ces espèces de bandes discontinues coincées entre la route et le caniveau, où un vélo a du mal à circuler seul (quand elles sont praticables) et où l'on risque de se faire renverser tous les 100 mètres.

Vélo pour 12 personnesVélos rempli de canard en plastique

Non ! Aux Pays-Bas, les pistes sont de vrais voies séparées à double sens où quatre vélos peuvent circuler de front. Elles ont souvent la priorité sur les voitures. Les infrastructures sont pensées avec cette contrainte et non rajoutée à posteriori. Chose amusante (ou pas) : Il est rare de trouver un mur sans vélo stationné à proximité. Sans parler des immenses garages à vélo ça et là. Il existe également des panneaux "Interdit de stationner son vélo", plutôt amusant.

Un parc à vélos !

Néanmoins, pensez à bien vous couvrir ! S'il ne fait pas forcément froid en soit, le vent peut être glacial. Après quelques heures de marche, on prendra donc une pause dans un des nombreux bars pour déguster une bière ou un café/thé en compagnie d'un waffel (gaufre) ou (plus typique encore), d'un stroopwaffel : gaufrette fourrée au miel. Côté bière, ce sera une Amstel ou une Heineken.

Centraal Station et la basilique van de H. Nicolaas

Froid oblige, la nourriture est riche. Il y a beaucoup de steak house (argentins) et pas mal de "all you can eat" (à volonté), de frites, de burgers... De la street food quoi. Pour le reste, les Français seront agréablement surpris de voir beaucoup de références culinaires, voir de menus complets, en français ! De manière générale, les Néerlandais ont l'air d'apprécier notre culture. Autre spécialité locale : le fromage, Gouda en tête.

Rijskmuseum

Deux jours suffisent pour tout voir, plus une demie journée par vrai musée. Les principaux étant : le musée national (Rijksmuseum), le musée d'art contemporain (Stedelijk museum), le musée de cire (Madame Tussauds), et surtout le musée Van Gogh. Très prisé des touristes, la circulation y devient difficile passé 10h30. On pourra découvrir la vie et l’œuvre de ce peintre de génie qui s'est suicidé à 37 ans. Le musée propose un parallèle intéressant avec le Norvégien Edvard Munch et montre comment Vincent a été influencé par ses contemporains (notamment français) avant de développer son style unique.

TulipmuseumDans le KattenKabinet

Mais Amsterdam abrite plein de mini musées de quelques pièces seulement, qui font parfois office de façades commerciale. Pêle-mêle, il y a : le musée du fromage, de la tulipe, des sacs, du diamant, de l'art félin (KattenKabinet), de la torture, de l'érotisme, du sex, de la prostitution. L'entrée est généralement de 7/8€.

Magasin cheese & more

Ce sera l'occasion de rentrer dans ces demeures aux plafonds immenses, comme les vitres, par lesquelles on peut voler un peu d'intimité aux locaux.

Une maison de nuit

Autre curiosité : le Néerlandais est grand. Ce ne sont pas des escaliers qu'ils ont, mais des échelles ! Ce qui ne les empêche pas de courir dedans !

Marché aux fleurs (de dos)Vondelpark

Parmi les attractions touristiques, on peut compter sur : le marché aux fleurs (qui vend principalement des tulipes), les coffee shop où l'on peut fumer du cannabis légalement (ils vendent des graines au marché aux fleurs), le quartier rouge (la nuit), Centraal station, les maisons d'Anne Franck et de Rembrandt, le zoo, les parcs, les galeries marchandes, les bars, les boîtes (Amsterdam ne dort jamais), l'usine Heinekein et tous les autres musées que je n'ai pas cité.

Un café au bord du canal

De plus, les Amsterdamers sont vraiment très sympa et n'hésitent pas à venir vers vous quand vous semblez perdus. Pour la langue, pas de panique, ils sont quasiment tous bilingues Neerlandais/Anglais. De plus, tout est systématiquement traduit en Anglais.

Tout ceci fait d'Amsterdam une ville très agréable, si ce n'est à vivre, en tout cas à visiter !

Une péniche habitéeUne péniche

Quelques bonnes adresses à Amsterdam :

  • The pantry près de Liedsplein. Un des rares restaurants typique
  • El Vino sur Liedsplein. Un excellent Mexicain. Je recommande fortement le burrito !
  • Le Starbucks sur Rembrandtplein pour un bon café/thé/chocolat chaud

Bordeaux

Place du parlement

Très grosse déception pour la deuxième étape des vacances. Il faut dire que le contraste avec Amsterdam a été trop fort pour réellement apprécier cette ville. Les conditions d'arrivées n'ont en rien aidé : levé à 6h pour se rendre à l'aéroport, 1h30 de voyage inconfortable dans un siège étroit et trop droit (devant la sortie de secours), pas de place pour les jambes (avec un billet à 23€ il ne faut pas s'attendre à mieux...), arrivée à Mérignac, la banlieue Bordelaise, dans un terminal ressemblant plus à des toilettes publiques, quelques averses aléatoires...

Sur les berges

J'avais placé trop d'espoirs (et peut-être de fantasmes) dans cette ville, surtout après avoir été enchanté par Lyon. Bordeaux a 2000 ans, et 2000 ans que les façades n'ont pas été ravalées. Bordeaux est bruyante, polluée, les trottoirs y sont de mauvaise qualité. Bordeaux n'est qu'un amas d'habitations sans charme, Bordeaux n'a pas d'âme.

Porte Cailhau

Voilà, il fallait le dire, et c'est la prime impression qui s'en dégage. Les deux jours suivants ont permis de nuancer un peu ce désastre.

Des façades ravalées, c'est mieux !

Tout d'abord, les habitations : un ou deux étages maximum, et ceci sur l'ensemble de la ville. Il s'agit d'anciennes maisons bourgeoises de négociants avec des façades très travaillées, mais qui sont construites à partir de pierres calcaires, donc qui pompent la pollution (surtout lorsque les Bordelais se chauffaient au charbon). Résultat, on déambule dans des quartiers "sales". Le pire étant le quartier Saint Michel où tout semble à l'abandon.

Basilique Saint Michel Mais que vient-faire ce panier de basket à côté de la Basilique et de son clocher ?

Comme la plupart des grandes villes, les voitures (ou autre beaucoup plus bruyant) font la loi. Résultat : bruit et pollution dans des rues qui font caisse de résonance. Ajouter à cela le fait qu'il faille parler d'agglomération Bordelaise, donc qu'il y a beaucoup de personnes immigrant le matin pour émigrer le soir.

Bordeaux n'a pas d'âme. Très peu de caves à vin, très peu de vente de spécialités. Les cartes des restaurants sont uniformes et orientées brasserie du midi, sans les spécialités locales. Pas d'huîtres (le bassin d'Arcachon est à moins d'une heure de route). On est dans le sud-ouest, en pleine Gascogne, bordel ! Pas de vie de quartier non plus (juste des habitations).

Tour Pay BerlandMonument des Girondins sur la place des Quinconces

Pourtant Bordeaux possède d'immenses richesses. Le quartier des Quinconces, par exemple, est tout simplement splendide. Plusieurs chefs étoilés ont des établissements. La jeunesse Bordelaise est très présente et ingénieuse (voir la réhabilitation des entrepôts "Darwin" sur l'autre rive).

Entrepôts Darwin

Bordeaux possède un système de déplacement (bus et tram) performant et peu onéreux (à condition de rester dans l'enceinte de la ville).

Le tramLe grand hôtel

Le jour où elle arrivera à se débarrasser du carcan des voitures, à rénover et faire vivre ses quartiers, elle sera un petit paradis.

Mais ne soyons pas complètement pessimiste, des travaux sont en cours comme la rénovation du quartier de l'hôtel de ville (forcément le maire y pose ses fesses), la rénovation des berges, l'ouverture d'une (future) quatrième ligne de métro. Il reste encore beaucoup de travail (on part de loin...) et il faudra une vraie volonté politique pour que dans 10 ou 15 ans elle atteigne des critères d'excellence. Pour le moment, Bordeaux est belle la nuit, quand la pénombre fait disparaître tous ses défauts pour ne laisser qu'un flot de lumière.

Les berges rénovéesLe pont Chamband Delmas

En attendant, il ne faut pas trop s'y attarder, mais prendre du temps pour visiter le Bordelais, qui offre (sûrement) plus de richesses.

Bordeaux depuis l'autre rive

Quelques bonnes adresses sur Bordeaux :

  • Le restaurant de l'hôtel quatre étoiles De Sèze derrière la place des Quinconces : cuisine gastronomique pour tarifs très abordables.
  • Le Japonais près de la place de la victoire (rue Sainte Catherine) : prenez-y un bol de ramens !