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Kyiv sous les bombes

Tuesday, 24 February 2026
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Écrit par
Grégory Soutadé

Encore une année écoulée et toujours la même actualité. Kiev brûle ! Le soutien général autour de ce conflit, pourtant si proche de nous, a largement baissé. Et pour cause, les informations sont plutôt redondantes : l'armée russe bombarde quotidiennement des cibles militaires, mais surtout civiles, particulièrement lors des raids nocturnes. Les Ukrainiens répliquent tant bien que mal. L'Europe va de sommets en sommets. Sans êtres divisés, ses membres ne sont pas pour autant totalement unis. Quant aux Européens, ils sont plus prompte à regarder la facture s'alourdir, car on vit tranquillement en paix, pendant que les autres font le sale boulot. Surtout que depuis l'investiture de Donald Trump, il y a eu un net ralentissement de l'effort Américain. En tout cas cet effort n'est plus gratuit. Les armes arrivent, mais sont financées par le vieux continent.

Sur le terrain, la Russie a principalement progressé à l'Est et au Sud, mais finalement pas tant que ça si on regarde la carte sur un an. En plus de celui de Belgorod, un nouveau front a été ouvert au Nord dans la région de Soumy. Les avancées y sont marginales. Il faut dire que l'Ukraine est passé en mode défense en sécurisant au maximum les zones proches de la ligne de front, rendant toute progression coûteuse et compliquée. En effet, face au nombre de soldats en opposition, il est difficile d'inverser le scénario sans aide extérieure massive. Pourtant, chaque mètre carré est défendu avec férocité et bravoure. Pour preuve, il y a un an, j'écrivais "Pokrovsk est quant à elle quasiment encerclée". Il aura fallu quasiment un an pour la faire tomber, et encore, il reste quelques quartiers à conquérir dans cette zone. Certes quasiment rien, mais les soldats n'abandonnent pas. Non loin de là, Zaporijia et sa centrale nucléaire constitue le nouveau point chaud de la région.

Si la victoire ne peut être militaire, même pour une armée aussi importante que celle de la Russie, alors il faudra tordre les esprits. Comme en 2014, face à l'échec de l'invasion, l'objectif est désormais de prendre les territoires du Donbass, faire une pause pour se régénérer avant de repartir à l'assaut. Pour contraindre la population à l'abdication, Poutine joue sur le levier psychologique en touchant (in)directement tous les citoyens. En effet, l'hiver est rude, surtout dans cette partie du monde. Avec des températures avoisinants les -20°C, le secteur de l'énergie est crucial. Non seulement pour se chauffer, mais également pour faire fonctionner l'ensemble de l'économie. Alors les russes ciblent délibérément les centrales énergétiques, qu'il est difficile de protéger en tout point tant le réseau est étendu. À cela s'ajoute la pression psychologique : les sirènes des bombardements, le bruit des explosions, l'odeur de la poudre et du sang. Les nuits passées dans des bunkers ou le métro sont harassantes. Il n'y a aujourd'hui plus une seule région épargnée et surtout pas la capitale Kyiv.

Mais la vie n'est pas forcément plus rose côté russe qui voit régulièrement son secteur pétrochimique attaqué, quel que soit sa position géographique. D'autant plus que L'Europe continue son soutien avec l'envoie d'armes et de matériel humanitaire, dont des générateurs électriques. Avec le support de pays "alliés" (qui sont surtout opportunistes) comme la Chine, l'Inde, la Turquie et toutes les régions d'Asie centrale, les sanctions économiques n'ont pas fait flancher le pays-continent, mais l'on observe malgré tout un ralentissement très net de l'économie qui de gros problèmes : à peine 1% de croissance et 5,6% d'inflation d'après les chiffres officiels. Autant dire qu'il s'agit d'une récession, notamment dans une économie portée par l'effort de guerre.

Cela démontre, l'on voit que pour être efficace, il aurait fallu imposer ces sanctions (on en est à la 19e vague et bientôt le 20e) beaucoup plus tôt. Comme pour le COVID, il faut frapper fort, immédiatement afin d'endiguer au plus tôt l’hémorragie.

De son côté, l'armée Ukrainienne capitalise un retour d'expérience d'une valeur inestimable et des compétences très avancées en matière de drones. D'ailleurs, l'Ukraine est en passe de devenir un acteur majeur de la production d'armes en Europe, même si elle reste encore loin derrière en matière d'équipement lourd et plus complexe. D'après les sources gouvernementales, près de la moitié du matériel utilisé au combat est produit en Ukraine. Fait notable, la désactivation des terminaux Starlink a porté un grand coup à l'offensive Russe, permettant des reconquêtes opportuniste de la part de Kiev. Le renseignement et la communication sont des atouts majeurs lors d'un conflit, après l'argent bien sûr. D'ailleurs le Kremlin est en train de vendre (principalement à la Chine) de grandes quantités d'or de ses réserves stratégiques, car, pour elle aussi, la facture s'alourdit de jour en jour. Notamment par l'utilisation régulière de missiles sophistiqués qui ont un coût unitaire de plusieurs centaines de milliers d'euros (si ce n'est plus).

Il est difficile aujourd'hui d'entrevoir l'issue de ce conflit et encore moins une issue positive. Mais on ne peut être qu'admiratif face à la résilience de tout un peuple et espérer que ce drame qui se joue quotidiennement sous nos yeux puisse prendre fin avec le retrait des troupes de l'envahisseur.

Déambulations Génoise

Sunday, 30 November 2025
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Écrit par
Grégory Soutadé

Parmi les villes les plus populaires d'Italie, Gênes doit se trouver au delà de la 10e place. On y fait surtout référence à cause de son port, du terrible accident de 2018 et du fameux pesto "alla genovese". C'est justement grâce à son port que Gênes a connu ses plus belles heures de gloire du XIe siècle jusqu'au XIXe siècle. Car, qui dit port, dit commerce, donc argent ! Le port est encore aujourd'hui l'un des plus grands de méditerranée. Un des rares capable d'accueillir les méga paquebots de croisière (ceux à plus de 9 000 personnes) et qui font rager les locaux quand ces derniers se déversent dans la ville. Surtout qu'entre le port, l'important traffic routier (dont énormément de scooters, une religion quasi nécessité face à l'absence de parkings/garages) et l'aéroport, la pollution atmosphérique y est importante et constante.

Mairie Place Mairie

Aquarium

Mais Gênes (Genova/Zena) est avant tout la capitale de la puissante République de la Ligurie. République qui d'alors possédait plusieurs colonies un peu partout en Europe (dont la Corse et la Sardaigne), au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Cette riche histoire (dans tous les sens du terme) est omniprésente quand on arpente la ville : la plupart des bâtiments sont construits avec des facades très travaillées et des matériaux de qualité.

Hotel Immeuble

Et ce, malgré le dénivelé important. Car Gênes est construit au bord d'une montagne assez abrupte. Il faudra donc bien se muscler les cuisses pour se déplacer (ou emprunter les transports en commun, dont font partis les ascenseurs !). Pour optimiser l'espace, les bâtiments sont donc bâtis tout en hauteur : entre 6 et 7 étages, avec des rues étroites. De ce fait, rien n'est droit (ce qui n'est pas évident pour aligner les photos).

Rue Rue

Fiat

Curiosité : le drapeau avec la croix rouge sur fond blanc qui flotte un peu partout dans la ville n'est pas celui de l'Angleterre, mais bel et bien celui de la ville (qui est repris dans les armoiries) !

Parc Lampadaire

Pour rester dans le côté historique. Gênes a été le berceau d'un homme qui changea littéralement la face du monde : Cristoforo Colombo, plus connu en France sous le nom de Christophe Colomb. Il est possible de visiter sa bicoque, qui se situe en périphérie de la vieille ville.

Parmi les autres grands noms, on peut citer le compositeur Niccolò Paganini et plus récemment Rinaldo Piaggio, un puissant industriel du secteur aéronautique, qui n'est autre que le fondateur de la marque Piaggio. Même si, dans l'imaginaire collectif, Piaggio fait référence au constructeur de deux roues de la marque Vespa qui a été crée après-guerre par ses deux fils.

Enfin l'auteur-compositeur-interprète Nino Ferrer (de son vrai nom Agostino Arturo Maria Ferrari) est lui aussi Génois. Il a été naturalisé Français en 1989 à l'âge de 55 ans, 9 ans à peine avant son décès.

Place Ascenseur

Rue

Si la plupart de la ville est très bien entretenue, certains endroits sont, comme à Turin, couverts de tags. Il s'agit là d'un petit rappel de toute la périphérie Génoise "moderne" qui contraste fortement avec le centre historique, puisqu'elle laisse plutôt l'impression d'une suite assez immonde d'HLM. Il faut dire que parmi les 560 000 habitants, tous n'ont pas un niveau de vie élevé, notamment les nombreux ouvriers qui travaillent au bon fonctionnement du port.

Eglise Eglise

Autre démonstration de sa puissance d'antan : il y a pas moins de 12 édifices religieux (église, basilique, cathédrale) disséminés un peu partout.

Eglise Toit église

À peine de quoi satisfaire les 4 papes originaires de Gênes.

Statue

Pigeon Pigeon

Au delà du pesto, la grande spécialité de la Ligurie (en plus des fameuses pâtes trofie et de la farinata), en concurrence directe avec la pizza, est la foccacia. Elle est disponible partout, en sucré ou salé (principalement), garnie à toutes les sauces (dont les plus populaires : huile d'olives et fromage). Cette dernière fait même partie du petit déjeuner Italien (surtout en version salée), que l'on prend traditionnellement au bar/boulangerie avec un espresso, le tout avalé debout. Selon la faim et la gourmandise, certains se laisseront tenter par un croissant ou une "douceur".

Urbain Urbain toit

La viennoiserie est dans son ensemble très bien maîtrisée, mais c'est en rentrant dans une boulangerie (qui est la plupart du temps plus une pâtisserie) que l'on se rend compte à quel point les Italiens ont un problème d'addiction au sucre. Un croissant ? Il sera fourré (confiture ou diverses crèmes). Il est nature ? Il y a quand même du sucre par dessus. Un gâteau à la noisette ? Oui, mais avec une fine couche de confiture. En témoigne également la grande variété de biscuits disponible. La population ne semble pourtant pas obèse (même si ce n'est pas un indicateur fiable à 100%).

Ferrari Terrasse

Autre déception : les cartes des restaurants sont peu ou prou des copier-coller et se concentrent sur les classiques (faisant fi de beaucoup de plats traditionnels de la Ligurie). Autant dire qu'il est difficile de trouver quelque chose d'un peu plus léger, travaillé et original sans taper dans des menus à plus de 50€/personne. Comme pour le petit-déjeuner, le déjeuner se fait souvent sur le pouce (avec une foccacia bien évidemment !).

Immeuble Immeuble

Parce qu'on ne rigole ni avec la mort, ni avec la religion, le cimetière de Gênes est une étape à découvrir. Situé un peu à l'extérieur de la ville, il est relativement récent puisqu'ouvert en 1851. Il est pourtant l'une des plus grandes nécropoles d'Europe avec une superficie de 33 hectares ! Divers espaces sont réservés (parfois avec chapelle) pour satisfaire les multiples confessions. On peut circuler en voiture à l'intérieur. Il y a même une ligne de bus qui en fait le tour. Des visites guidées y sont organisées, et pour cause, certaines parties abritent nombre de sculptures remarquables.

Plus sobrement, il y a la tombe de Constance Lloyd, la femme d'Oscar Wilde, dans l'espace protestant.

Santa Margherita

À environ 30 minutes à l'Est se trouve Santa Margherita (Ligure), petite ville balnéaire cossue qui fait partie de l'agglomération Génoise. Elle se situe peu avant Portofino, le Saint Tropez Italien.

Balade en Provence

Sunday, 28 September 2025
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Écrit par
Grégory Soutadé

Un petit tour en Provence.

L'Isle sur la Sorgue

Cette première étape à L'Isle sur la Sorgue se mérite. Une fois sorti de l'autoroute et passé Cavaillon, le réseau routier devient très campagnard dès lors que l'on s'éloigne de la départementale ! Après avoir laissé la voiture au parking, il ne faut pas hésiter à s'enfoncer dans la vieille ville, la périphérie étant surtout résidentielle. On y découvre alors une petite ville à l'esprit typique Provençale. Le centre étant très vivant, particulièrement la place de la liberté. Nous sommes en pays d'Aix (en Provence), il est donc possible d'y déguster des Calissons ! (Ceux de la chocolaterie de Puyricard sont délicieux).

Avignon

On ne présente plus Avignon, cité des Papes et haut lieu de théâtre (plus d'une dizaine de salles dans le centre) avec son festival incontournable, qui préfigure de le saison nationale à venir. La ville est nichée entre le Gard et le Vaucluse, bordé par le Rhône et la Durance. C'est en 1309 que Clément V en fait une résidence pontificale. Les Papes étaient jusqu'à alors plus ou moins itinérants, avec plusieurs résidences réparties un peu partout.

Le choix du comté de Venaissin est très politique, l'Europe étant alors très morcelée et le royaume de France n'occupait que les deux-tiers (d'Ouest en Est) de sa configuration actuelle. Il était donc important d'avoir ce centre de pouvoir dans son propre Royaume. Les différents palais ne furent construits que par ses successeurs (dont Clément VI, qui acheta la ville à la comtesse de Provence en 1348). Peine perdue, puisque le 7e Pape d'Avignon, Grégoire XI, revint à Rome. Après sa mort précoce, guerre de pouvoir oblige, il y eu un schisme et 2 Papes ont officié en parallèle : un à Avignon et un à Rome ! La situation revint à la normale en 1411.

La situation géographique idéale de la ville au confluent de deux fleuves est un atout indéniable pour le commerce. Mieux encore, avec le pontificat, nombre de communautés religieuses ainsi que de riches bourgeois et hommes de pouvoir s'y installent. La ville bénéficie ainsi d'habitations et de palais cossues, tout en pierre de taille. Il y fourmille également beaucoup de places, petites ou grandes, où trônent des arbres majestueux (plusieurs fois centenaires), apportant un peu de fraîcheur pendant les chaudes journées d'été.

On pourra visiter le palais des Papes, dont ne subsiste d'origine que la chambre du Pape. Le reste ayant été pillé lors de la révolution et transformé ultérieurement en caserne. Il ne subsiste donc majoritairement que des immenses salles vides où il faudra s'orienter, dans un dédale d'escaliers, en suivant un marquage peu clair.

Saint Rémy de Provence

Encore un village typiquement Provençal, mais dont la notoriété est largement surévaluée. La faute à Vincent van Gogh qui passera un an ... à l'asile psychiatrique (de manière volontaire). Ce qui ne l'empêchera pas de peindre ! Aujourd'hui, le village est bondé, particulièrement les jours de marché, et il n'est pas très agréable de s'y promener.

Les Baux de Provence

Les Baux de Provence a joué un rôle important par le passé en tant que place stratégique, cette dernière étant situé tout en haut du massif des Alpilles, évitant ainsi un grand détour et permettant de voir loin l'arrivée d'envahisseurs. Là encore, il faudra y aller hors saisons car elle est prise d'assaut. Il n'y a d'ailleurs quasiment plus personne qui habite le village, mais, commerce oblige, le prix du parking est de 5€ minimum, pour 0 minutes ! La forteresse, aujourd'hui en ruines, se visite (prévoir un chapeau). L'autre attraction sont les carrières des lumières où des œuvres (thème qui change régulièrement) sont projetées dans les anciennes carrières de roche calcaire (qui ont notamment servies à l'édification des Baux de Provence et des villes alentours). Les plus gourmands pourront faire une halte à L'Oustau de Baumanière, le restaurant où officie le chef Glenn Viel, 3 étoiles au guide Michelin. Quant aux Alpilles qu'elle domine, elles renferment de nombreux chemins de randonnées.

Arles

Situé à la frontière des Bouches-du-Rhône et du Gard, Arles bénéficie elle-aussi du contrôle du Rhône. Même si elle n'a pas forcément bonne réputation, c'est pourtant une ville magnifique où trône en son cœur des arènes romaine très bien conservées, ainsi qu'un théâtre antique. Au delà de la partie HLM en périphérie, qui masque son rayonnement passé, on pourra découvrir un petit village dans la ville. Ville qui s'étend elle-même jusqu'à la mer !

Car, en plus des férias et de la tauromachie, traditions fortes en ces terres de Camargue (bonjour le sel, le riz de Camargue et sa Gardiane de taureau), Arles est le lieux incontournable pour tous les amateurs de photographie, avec la manifestation Les rencontres d'Arles qui se tiennent chaque été depuis 1970 ! Comme pour le festival d'Avignon, les expositions s'adressent avant tout à un public averti. Mais il se déroule en parallèle le festival "off" : des mini expositions dans toute la ville (librairie, restaurant...), et même parfois dans des lieux insolites comme un garage ! Les gloutons prendront le plan et feront tout le circuit d'une traite. Il est pourtant plus intéressant de flâner et de rentrer au hasard dans des lieux insoupçonnés. Pour marquer encore un peu plus ce lien avec la photo, il a été crée en 1982 l'École Nationale Supérieure de la Photographie, qui bénéficie depuis 2019 d'un bâtiment très moderne. Pour les amateurs de passage dans le coin hors saison, il existe également plusieurs galeries permanentes d'artistes photographes.

Arles et ses 2500 ans d'histoire est notamment le berceau de Constance d'Arles (986 - 1032), fille de Guillaume Ier (comte de Provence), et future reine des Francs, ainsi que de Jeanne Calment et Christian Lacroix (entre autre). Pour faire le lien avec les étapes précédentes, van Gogh y séjournera un an et s'y coupera une oreille à cause de ses troubles psychiatriques et/ou d'une dispute avec Gauguin.

Le monde en petit

Sunday, 21 September 2025
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Écrit par
Grégory Soutadé

Il y a quelques années (2016) sortait Pokémon Go, un des premiers jeux mobile en réalité augmentée. L'objectif ? Les capturer tous ! Le succès a été fulgurant, générant plusieurs milliards de dollars de revenus. On pouvait observer sans cesse des personnes, téléphone à la main, s'amasser dans les spots les plus intéressants pour chasser du pokémon. Aujourd'hui, l'inverse se produit : c'est le téléphone portable capture toute notre attention. Dès qu'il y a un temps "mort", c'est à dire qui ne génère pas de stimulation intellectuelle, il est dégainé et nous accroche. Même en marchant, même en mangeant. Le concept de notifications, de micros services, de défilement continu ainsi que la connexion permanente à haut débit sont le cœur de ce système.

Mais le téléphone intelligent est également un appareil qui détrône tous ses concurrents : appareil photo, GPS, télévision, radio, montre, ordinateur... Rien de neuf me direz-vous. C'est exact, il y a déjà beaucoup d'études sur les dangers de la connexion permanente vis à vis de l'activité cognitive et surtout de l'apprentissage (plus encore avec l'arrivée de l'intelligence artificielle). Néanmoins, il existe un point moins défriché : la taille des écrans !

En tant que créateur de contenu auteur, j'ai un site web (avec un blog extraordinaire). Pour répondre aux usages "modernes", j'ai implémenté dans le CSS une interface adaptée aux petits écrans (-> téléphones), avec en prime un mode sombre ! Nous n'épiloguerons pas sur mes qualités de graphiste... Malgré mes efforts de programmation et la volonté d'écrire du texte aéré et découpé en plusieurs paragraphes, je trouve que le rendu est toujours trop dense pour un petit écran (lors de mes tests avec mon téléphone). Mais c'est également le cas quand je consulte des sites "professionnels" : l'ergonomie est grandement réduite, avec le minimum des fonctionnalités nécessaires. Il est également difficile d'échapper aux publicités et popups en tout genre. Le tactile ne distingue pas le clic droit du gauche, est moins précis que la souris, et le clavier y est très inconfortable.

De fait, de par leur nature réduite, la lecture d'un texte sur petit écran est donc fastidieuse. Les contenus les plus adaptés sont soit des textes très courts (micro blogging, commentaire), soit des images et des vidéos. Le problème étant que l'information que l'on peut extraire de ces supports est beaucoup moins conséquentes : l'essentiel uniquement. Fini le détail, fini les nuances, fini les explications. Et même quand il s'agit d'image, le fait de les voir sur petit écran gomme les détails et réduit fortement le nombre de points d'intérêts, notre attention se focalisant sur les éléments les plus gros et les plus contrastés. Inversement : une image qui paraît bien sur un petit écran peut facilement perdre de son intérêt avec un agrandissement car, si elle n'est pas bien prise, elle sera remplie de zones inutiles ou de mauvaise qualité et aura donc un rendu global moins bon. À contrario, une image ou une vidéo peut être parfaitement adaptée à certains types de contenus (cuisine, danse...) ou venir supporter le propos (schéma, image...).

Étant donné qu'il supplante ses concurrents électroniques, le téléphone portable est quasiment en passe de devenir la seule source d'entrée (donc d'information) du grand public. Particulièrement chez les jeunes générations qui grandissent avec cet outil. Il est alors difficile de changer de paradigme quand on a déjà été "formé". J'ai pu noter un exemple assez frappant de ces nouveaux usages chez un des stagiaires ingénieur : Si le résultat de sa recherche retourne un lien vers un site classique et un autre sur une vidéo, il ira voir en priorité la vidéo, même si le support de l'information n'est pas le plus pertinent.

Alors qu'Internet peut offrir une infinité de connaissances, les formats réduits représentent clairement un appauvrissement de notre "vocabulaire". Pour faire l'analogie avec le développement intellectuel, avec un vocabulaire sommaire, il nous est impossible de formuler des idées complexes et nuancées. Si nous ne pouvons pas les exprimer, il nous est donc difficile de les concevoir, donc difficile de réfléchir à des sujets trop complexes. Bien qu'il ne soit pas très écologique, l'impression papier d'un gros dossier permettra une meilleure assimilation de ce dernier (coucou les tablettes numériques au collège...).

NB: Garmin avec sa série Bounce propose une montre connectée à destination des enfants incluant appels (vocals ?), SMS et suivi de la position, pour retarder l'heure du premier smartphone, tout en rassurant les parents.

Quinze ans !

Monday, 04 August 2025
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Écrit par
Grégory Soutadé

Encore un pallier de franchi pour le blog ! Quinze années de présence continue en ligne, c'est une belle réussite. Pour fêter ça, j'ai sorti mon éditeur favoris et ajouté un mode sombre ! Qu'est ce qui me motive encore à tapoter sur le clavier après tout ce temps ? Je pourrais naturellement citer le goût d'écrire des articles ainsi que l'envie de mettre en lumière ce que l'on ne trouve que trop peu ailleurs (ou même pas du tout). D'ailleurs, si je devais définir mes sections préférées, je dirais que ce sont celles qui racontent des histoires, qui exposent des points de vues argumentées. Viens ensuite la section balade et, de manière générale, chaque article qui contient des photos jolies/artistiques. Côté statistiques, la réalité est plus mitigée : ce sont les articles techniques (surtout en Anglais) qui sont le plus consultés.

Comme pour beaucoup de créateurs, la fréquentation est source de motivation. Quand elle est importante, on se sent redevable moralement vis-à-vis d'un public d'inconnus, sans pour autant qu'il n'y ait eu ni contrat, ni transaction financière. Ce qui nous pousse à produire plus de contenu. Même si j'ai une toute petite base de lecteurs réguliers, je constate qu'il y a globalement moins de connexions sur le blog (le trafic est principalement dirigé vers la forge). De ce fait, j'avoue avoir écrit un peu moins d'articles cette saison, après 2 années plus intenses. Néanmoins, cette baisse ne démotive pas le marcheur/coureur qui est en moi : il faut continuer à avancer même si le chemin est difficile. Car je rédige avant tout pour moi mon plaisir. Et quel plaisir de pouvoir se re plonger dans mes anciennes publications lorsque je recherche une information. Je suis souvent étonné et ravi de re découvrir ces bouts de texte et d'images, un peu comme s'ils avaient été écrits par quelqu'un d'autre. C'est l'avantage du blog par rapport aux plateformes en flux continu : les articles sont référencés et facilement accessibles des années plus tard !

Concernant le bilan de l'année écoulée, et bien c'est malheureusement la guerre qui tient le haut de panier. Le petit poucet Ukrainien résiste encore et toujours à l'envahisseur, qui ne cesse de grignoter du territoire de toutes pars malgré le coût humain faramineux. Il n'est désormais plus rare d'entendre voler dans le ciel plusieurs centaines de drones chaque nuit (avec un pic de 700 le 8 juillet). De son côté, Kiev ne se démonte pas et réplique également avec des drones (des cibles sont régulièrement touchées sur tout le territoire russe) car c'est le meilleur moyen pour supporter son infériorité numérique. L'Oblast russe de Koursk a été totalement "libéré" (notamment grâce aux soldats Nord Coréens) et ne peut plus servir de monnaie d'échange. La russie s'est même payé le luxe d'ouvrir deux nouveaux fronts dans le Nord (Soumy) et l'Est du pays (Kharkiv). Heureusement, parmi toutes ces mauvaises nouvelles, le nœud stratégique que constitue Pokrovsk tient toujours. Longtemps chancelant, le soutien Américain semble avoir repris (pour combien de temps ?). Non loin de là, c'est Israël qui continu de frapper tous ses voisins, dans une guerre visant l'anéantissement du Hamas (et le maintien au pouvoir de l'actuel premier ministre), quelles que soient les pertes civiles. Il s'agit clairement de crimes de guerre, voire carrément de génocide si on ne regarde que la bande de Gaza. Après 1 an et demi de blocus total et une famine qui s'installe de plus en plus durement, les nations occidentales commencent à réagir, même si le soutien Américain reste entier.

Avec ce genre d'actualité, on ne parle plus beaucoup d'écologie. Pourtant, la terre souffre toujours autant et de manière très évidente : inondations en région Parisienne, vague de chaleur hors normes pour un moins de juin (36°C dans le nord de l'Europe), nouvelle vague prévue début août. Pour compléter un tableau déjà bien noir : Les cadeaux empoisonnés du président Macron se retournent désormais contre les Français. Il était fier de déclarer le quoi qu'il en coûte pendant la pandémie. Tout autant que de supprimer la taxe d'habitation (20 milliards d'euros par an sur les 44 qui manquent au budget actuel) afin d'augmenter le pouvoir d'achat. Résultat, même dans un contexte de taux d'intérêts historiquement bas, la dette a explosée depuis 2020 : quasiment 500 milliards d'euros supplémentaires, dépassant ainsi le seuil symbolique des 100% du PIB ! Mais comme il est tabou de prononcer le mot "impôt", histoire de ne pas faire fuir les électeurs, il envoie ses premiers ministres successifs se casser les dents lorsqu'ils doivent élaborer un budget censé redresser les finances du pays. Quelles sont les solutions proposées ? Détruire les services publics déjà à bout de souffle, supprimer des "niches" (économies de bout de chandelle). Pire encore, supprimer des jours fériés : autant dire annihiler la culture et la mémoire pour récolter quelques maigres cotisations extraordinaires ! Ils détruisent le pays sur le long terme, mais aucun d'entre eux n'a les courage de prendre les vrais décisions et d'augmenter les impôts pour réparer les mauvaises décisions qui ont été les leurs. Finalement, ces deux thèmes sont assez proches : on ne peut pas faire indéfiniment de la merde, pour notre plaisir immédiat, sans avoir à le payer un jour. Mais en tant qu'individu totalement irresponsable, on espère que ce sont les autres qui vont payer à notre place...

Dans un registre plus positif, j'ai pu profiter de quelques jours de congés pour développer un projet que j'avais en tête depuis un certains temps : Drycat. l'objectif est de rendre secret un petit texte ou un fichier. Le logiciel génère alors un certain nombre de clés (parties) qui seront distribuées à différentes personnes. Pour reconstituer le secret originel, il faudra assembler les clés distribuées (nombres défini à la génération). Je trouve le principe génial ! Il s'appuie sur une théorie mathématique ancienne définie par Adi Shamir qui consiste à reconstruire une courbe par interpolation. D'ailleurs, il existe déjà une bibliothèque Javascript qui gère le cœur du projet, mais je lui ai ajouté une interface graphique moderne, avec QRCode, envoie de mail, chiffrement des fichiers, intégration d'OpenPGP. Le tout s'exécutant (quasiment) entièrement dans le navigateur ! Cerise sur le gâteau : mon frère a mis sa patte en modifiant le CSS. Ce projet n'est pas encore très populaire, mais il me permet de partager avec mes proches mes mots de passe (et autres informations personnelles) dans le cas où je ne serai plus en mesure d'administrer ma vie en ligne. Quant à libgourou, il continue d'être utilisé plus largement, avec 2 contributions et quelques tickets clôturés. Il draine une grand partie du trafic.

Statistiques 2024/2025

Nombre d'articles publiés Visites Données envoyées Pages affichées Trafic par domaine Systèmes d'exploitation Type d'IP

Top 10 :

Un top 10 qui représente 60% du trafic total du blog. La moyenne quotidienne (tous sites confondus) s'établit à 50 visites/jour. Le nombre de connexions IPv6 est en progression (de l'ordre de 40% ces derniers mois).