Articles
Tuesday, 20 October 2015
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Un canal

Amsterdam

Amsterdam, la Venise du nord est une ville-capitale incroyable. Belle et cosmopolite, elle a su préserver son âme tout en évoluant dans la modernité. Ce n'est, hélas, pas le cas des constructions modernes en périphérie, d'une laideur effrayante. À contrario, les maisons du XVIIe de style baroque longeant les berges d'innombrables canaux sont magnifiques avec leurs grandes fenêtres et leurs plafonds immenses, le calme paisible de certains quartiers et la foule de la rue adjacente.

Une rue

Un pontUn autre canal

Qu'est ce qu'il y a à voir ? Simplement tout ! Il suffit de prendre la carte et de se balader dans les rues d'Amsterdam. Chaque quartier a ses spécificités. Tout est atteignable à pied (< 25 minutes) qui permet, contrairement au vélo, de mieux s'immerger.

Il faut dire que le vélo est une institution. La quasi totalité de la population l'utilise pour ses déplacements, même quand il pleut (ce qui n'est pas rare). Et pour cela, il existe de réelles infrastructures. Les pistes cyclables ne sont pas ces espèces de bandes discontinues coincées entre la route et le caniveau, où un vélo a du mal à circuler seul (quand elles sont praticables) et où l'on risque de se faire renverser tous les 100 mètres.

Vélo pour 12 personnesVélos rempli de canard en plastique

Non ! Aux Pays-Bas, les pistes sont de vrais voies séparées à double sens où quatre vélos peuvent circuler de front. Elles ont souvent la priorité sur les voitures. Les infrastructures sont pensées avec cette contrainte et non rajoutée à posteriori. Chose amusante (ou pas) : Il est rare de trouver un mur sans vélo stationné à proximité. Sans parler des immenses garages à vélo ça et là. Il existe également des panneaux "Interdit de stationner son vélo", plutôt amusant.

Un parc à vélos !

Néanmoins, pensez à bien vous couvrir ! S'il ne fait pas forcément froid en soit, le vent peut être glacial. Après quelques heures de marche, on prendra donc une pause dans un des nombreux bars pour déguster une bière ou un café/thé en compagnie d'un waffel (gaufre) ou (plus typique encore), d'un stroopwaffel : gaufrette fourrée au miel. Côté bière, ce sera une Amstel ou une Heineken.

Centraal Station et la basilique van de H. Nicolaas

Froid oblige, la nourriture est riche. Il y a beaucoup de steak house (argentins) et pas mal de "all you can eat" (à volonté), de frites, de burgers... De la street food quoi. Pour le reste, les Français seront agréablement surpris de voir beaucoup de références culinaires, voir de menus complets, en français ! De manière générale, les Néerlandais ont l'air d'apprécier notre culture. Autre spécialité locale : le fromage, Gouda en tête.

Rijskmuseum

Deux jours suffisent pour tout voir, plus une demie journée par vrai musée. Les principaux étant : le musée national (Rijksmuseum), le musée d'art contemporain (Stedelijk museum), le musée de cire (Madame Tussauds), et surtout le musée Van Gogh. Très prisé des touristes, la circulation y devient difficile passé 10h30. On pourra découvrir la vie et l’œuvre de ce peintre de génie qui s'est suicidé à 37 ans. Le musée propose un parallèle intéressant avec le Norvégien Edvard Munch et montre comment Vincent a été influencé par ses contemporains (notamment français) avant de développer son style unique.

TulipmuseumDans le KattenKabinet

Mais Amsterdam abrite plein de mini musées de quelques pièces seulement, qui font parfois office de façades commerciale. Pêle-mêle, il y a : le musée du fromage, de la tulipe, des sacs, du diamant, de l'art félin (KattenKabinet), de la torture, de l'érotisme, du sex, de la prostitution. L'entrée est généralement de 7/8€.

Magasin cheese & more

Ce sera l'occasion de rentrer dans ces demeures aux plafonds immenses, comme les vitres, par lesquelles on peut voler un peu d'intimité aux locaux.

Une maison de nuit

Autre curiosité : le Néerlandais est grand. Ce ne sont pas des escaliers qu'ils ont, mais des échelles ! Ce qui ne les empêche pas de courir dedans !

Marché aux fleurs (de dos)Vondelpark

Parmi les attractions touristiques, on peut compter sur : le marché aux fleurs (qui vend principalement des tulipes), les coffee shop où l'on peut fumer du cannabis légalement (ils vendent des graines au marché aux fleurs), le quartier rouge (la nuit), Centraal station, les maisons d'Anne Franck et de Rembrandt, le zoo, les parcs, les galeries marchandes, les bars, les boîtes (Amsterdam ne dort jamais), l'usine Heinekein et tous les autres musées que je n'ai pas cité.

Un café au bord du canal

De plus, les Amsterdamers sont vraiment très sympa et n'hésitent pas à venir vers vous quand vous semblez perdus. Pour la langue, pas de panique, ils sont quasiment tous bilingues Neerlandais/Anglais. De plus, tout est systématiquement traduit en Anglais.

Tout ceci fait d'Amsterdam une ville très agréable, si ce n'est à vivre, en tout cas à visiter !

Une péniche habitéeUne péniche

Quelques bonnes adresses à Amsterdam :

  • The pantry près de Liedsplein. Un des rares restaurants typique
  • El Vino sur Liedsplein. Un excellent Mexicain. Je recommande fortement le burrito !
  • Le Starbucks sur Rembrandtplein pour un bon café/thé/chocolat chaud

Bordeaux

Place du parlement

Très grosse déception pour la deuxième étape des vacances. Il faut dire que le contraste avec Amsterdam a été trop fort pour réellement apprécier cette ville. Les conditions d'arrivées n'ont en rien aidé : levé à 6h pour se rendre à l'aéroport, 1h30 de voyage inconfortable dans un siège étroit et trop droit (devant la sortie de secours), pas de place pour les jambes (avec un billet à 23€ il ne faut pas s'attendre à mieux...), arrivée à Mérignac, la banlieue Bordelaise, dans un terminal ressemblant plus à des toilettes publiques, quelques averses aléatoires...

Sur les berges

J'avais placé trop d'espoirs (et peut-être de fantasmes) dans cette ville, surtout après avoir été enchanté par Lyon. Bordeaux a 2000 ans, et 2000 ans que les façades n'ont pas été ravalées. Bordeaux est bruyante, polluée, les trottoirs y sont de mauvaise qualité. Bordeaux n'est qu'un amas d'habitations sans charme, Bordeaux n'a pas d'âme.

Porte Cailhau

Voilà, il fallait le dire, et c'est la prime impression qui s'en dégage. Les deux jours suivants ont permis de nuancer un peu ce désastre.

Des façades ravalées, c'est mieux !

Tout d'abord, les habitations : un ou deux étages maximum, et ceci sur l'ensemble de la ville. Il s'agit d'anciennes maisons bourgeoises de négociants avec des façades très travaillées, mais qui sont construites à partir de pierres calcaires, donc qui pompent la pollution (surtout lorsque les Bordelais se chauffaient au charbon). Résultat, on déambule dans des quartiers "sales". Le pire étant le quartier Saint Michel où tout semble à l'abandon.

Basilique Saint Michel Mais que vient-faire ce panier de basket à côté de la Basilique et de son clocher ?

Comme la plupart des grandes villes, les voitures (ou autre beaucoup plus bruyant) font la loi. Résultat : bruit et pollution dans des rues qui font caisse de résonance. Ajouter à cela le fait qu'il faille parler d'agglomération Bordelaise, donc qu'il y a beaucoup de personnes immigrant le matin pour émigrer le soir.

Bordeaux n'a pas d'âme. Très peu de caves à vin, très peu de vente de spécialités. Les cartes des restaurants sont uniformes et orientées brasserie du midi, sans les spécialités locales. Pas d'huîtres (le bassin d'Arcachon est à moins d'une heure de route). On est dans le sud-ouest, en pleine Gascogne, bordel ! Pas de vie de quartier non plus (juste des habitations).

Tour Pay BerlandMonument des Girondins sur la place des Quinconces

Pourtant Bordeaux possède d'immenses richesses. Le quartier des Quinconces, par exemple, est tout simplement splendide. Plusieurs chefs étoilés ont des établissements. La jeunesse Bordelaise est très présente et ingénieuse (voir la réhabilitation des entrepôts "Darwin" sur l'autre rive).

Entrepôts Darwin

Bordeaux possède un système de déplacement (bus et tram) performant et peu onéreux (à condition de rester dans l'enceinte de la ville).

Le tramLe grand hôtel

Le jour où elle arrivera à se débarrasser du carcan des voitures, à rénover et faire vivre ses quartiers, elle sera un petit paradis.

Mais ne soyons pas complètement pessimiste, des travaux sont en cours comme la rénovation du quartier de l'hôtel de ville (forcément le maire y pose ses fesses), la rénovation des berges, l'ouverture d'une (future) quatrième ligne de métro. Il reste encore beaucoup de travail (on part de loin...) et il faudra une vraie volonté politique pour que dans 10 ou 15 ans elle atteigne des critères d'excellence. Pour le moment, Bordeaux est belle la nuit, quand la pénombre fait disparaître tous ses défauts pour ne laisser qu'un flot de lumière.

Les berges rénovéesLe pont Chamband Delmas

En attendant, il ne faut pas trop s'y attarder, mais prendre du temps pour visiter le Bordelais, qui offre (sûrement) plus de richesses.

Bordeaux depuis l'autre rive

Quelques bonnes adresses sur Bordeaux :

  • Le restaurant de l'hôtel quatre étoiles De Sèze derrière la place des Quinconces : cuisine gastronomique pour tarifs très abordables.
  • Le Japonais près de la place de la victoire (rue Sainte Catherine) : prenez-y un bol de ramens !
Tuesday, 04 August 2015
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Gâteau anniversaire 5 ans

Déjà 5 ans ! Les nostalgiques diraient que le temps passe vite. C'est vrai. Il s'en est passé des choses depuis août 2010. Des bonnes, des moins bonnes, la vie quoi... 5 ans, c'est le début de la maturité, du moins pour le blog et les services associés !

Pour cet anniversaire, et parce que les conditions physiques le permettent, je me suis fait un petit cadeau : Déméter.

Quésako ? C'est mon nouveau serveur qui remplace désormais Cybelle. Comme je l'avais annoncé précédemment, il s'agit d'une Cubox i2ex (sans Wifi & bluetooth). On passe ainsi d'un arm11 1,2Ghz avec 512MB de mémoire à un double cortex A9 1Ghz et 1GB de mémoire. La différence ? Trois à quatre fois plus rapide (à la louche) pour une taille diminuée par deux ! C'est surtout visible pour toute la partie dynamique (recherche/forge...). Autre avantage : la Cubox chauffe moins. La fréquence n'est pas plus haute, mais l'architecture est plus optimisée (ARMv6 vs ARMv7), la mémoire plus importante et surtout plus rapide.

SheevaPlug vs Cubox

Point important indirectement lié au nouveau serveur : le temps de présence en ligne (uptime) est maintenant de 24h dans une journée ! Au revoir Orange et son changement d'IP qui nous grève d'une heure. Et bientôt, il y aura même de l'IPv6 (si SFR se décide à mettre à jour ses box Virgin...).

Je dois dire que la migration ne s'est pas faite sans douleur. L'avantage est que j'avais des configurations déjà toutes prêtes, mais, ne pas suivre la procédure d'installation depuis le début amène d'autres problèmes (oubli de modules, de paramètres...). J'ai eu la joie de replonger dans la configuration de postfix/dovecot... aïe ! Aujourd'hui tout semble stabilisé.

Rassurez-vous, Cybelle ne part pas au rebut ! Elle servira de serveur de secours distant en cas de défaillance de Déméter. D'ailleurs, un article est prévu pour parler des mécanismes mis en place à ce sujet.

Concernant le blog en lui même : moins d'articles, mais plus intéressants. Particulièrement tout ce qui tourne autour des liseuses Bookeen avec un jailbreak à la clé (ce qui a demandé pas mal de travail).

L’outil de statistique (iwla) arrive également à maturation. Pour autant, le passage à Debian 8 a fortement perturbé le mois de mai (merci logrotate et la nouvelle conf Apache). Il a donc été moyenné par rapport aux trois mois précédents.

Revenons aux statistiques pures avec les 10 articles les plus consultés (en gras, consultation principalement pour les images. Entre parenthèses, l'année de publication) :

Il y a beaucoup de visites qui se font sur la page d'accueil (donc non comptabilisées). Mais, avec 5 articles de moins d'un an dans le top 11, c'est vraiment pas mal. Le top 2 reste inchangé. Ces 11 articles représentent 27% des pages affichées (au moins).

Des chiffres, encore (entre parenthèses, les années précédentes) :

  • 34 articles publiés (49, 50, 60, 60)
  • 21 300 visites (25 000, 12 000, 18 000, 9 000)
  • 9 Go de données envoyées (5.5, 2.7, 2.5)
  • 23 000 pages affichées

Des chiffres plutôt stables (hormis le nombre d'articles), avec une moyenne de 58 visites par jour, ce qui est plutôt bien.

Quid de la suite ? Améliorer l'existant (passage en Python 3), une petite application de notes en vue et, dans l'idéal, refaire le style CSS du blog. Vu le temps disponible, ce sont des objectifs réalisables sur ... un an, à moins qu'il ne commence enfin à pleuvoir en continu durant trois/quatre mois :)

Monday, 08 June 2015
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Si je dis "réseau social" ? On me répond Facebook, Twitter, Instagram. Des applications internet qui ont bouleversé notre façon d’interagir.

Concernant Facebook, on peut voir deux façons de l'utiliser. La façon des vieux : c'est une grande place dans laquelle tout le monde se trouve (une sorte de grand annuaire), on rencotre des personnes qui nous intéressent (ou pas), et accessoirement, on publie/regarde les dernières photos des copains. Et puis, la façon des jeunes : un cercle "fermé" qui permet de communiquer (principalement via le chat) avec ses copains (uniquement).

Concernant les deux autres, il s'agit de jeter sur la place publique des photos/textes courts (donc sans arguments). C'est d'ailleurs amusant de voir la stupidité des personnes qui discutent via des comptes Twitters interposés... (Les politiques les premiers).

Mais finalement, il y a assez peu de "social" dans le fond. Ce ne sont que des personnes, souvent virtuelles, avec qui on n'a pas forcément de vrais échanges.

Alors, quand Nicolas est parti à Toronto et qu'il s'est trouvé seul, il a eu l'idée de créer Squrry. Squrry (prononcer scuri) revient à la base de l'aspect "social" : aider des personnes à se rencontrer, non pas parce qu'elles ont envie de passer la nuit vie ensemble, mais parce qu'elles ont des intérêts communs, et donc des choses à se dire. Cela permet de créer de vrais liens sociaux.

L'idée est simple et efficace, et pourtant, personne ne l'avait réalisé auparavant.

Actuellement Squrry est déployé sur Toronto, mais il pourrait rapidement rejoindre d'autres villes avec un petit coup de pouce afin de développer plus encore le concept. En effet, ils ont lancé avec sa partenaire, une campagne Indiegogo que je vous invite à soutenir !

Tuesday, 02 June 2015
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Baou de Saint-Jeannet lors de l'ascension

La cérémonie de clôture du 68e festival de Cannes vient de se dérouler. 10 jours pendant lesquels le monde occidental avait les yeux braqués sur le tapis rouge du célèbre palais des festivals. Pourtant, les festivaliers qui ont fait le déplacement (comme beaucoup de locaux) ne savent pas que les véritables perles de la "Côte d'Azur" ne se situent pas sur le littoral, mais bel bien dans l'arrière pays, et plus particulièrement l'arrière pays Vençois.

Baou de Saint-Jeannet depuis le parking - panorama

Ils se confondent dans le paysage, se faisant oublier. Pourtant, il est difficile de ne pas avoir aperçu ces immenses blocs rocheux jaillissant hors de la montagne. Ils sont au nombre de 4 : le baou des blancs (au-dessus de Vence), le baou des noirs, le baou de Saint-Jeannet et le baou de la Gaude. Aujourd'hui, c'est le baou de Saint-Jeannet qui nous intéresse. La balade commence donc à Saint-Jeannet, village pittoresque de l'arrière pays Vençois qui mérite à lui seul le détour.

Après s'être garé sur le parking à l'entrée du village, il faut traverser ses rues venteuses en suivant les panneaux. La première partie est plutôt raide et caillouteuse.

Début de la promenade Arrivée dans le parc

Sur le chemin - vue du ciel Vue de Saint-Jeannet

On arrive ensuite à un embranchement qui permet de rejoindre le baou de la Gaude. C'est le début de l'ascension à proprement parler.

Croisement baou de la Gaude Chemin sous les arbres

L'ascension se termine en arrivant sur un plateau. Direction la plateforme du baou sur un chemin de pierre peu agréable. Une fois arrivé, on a droit à un magnifique panorama à 360°C de tout le littoral.

Plateforme baou de Saint-Jeannet

Panorama 360°C depuis le baou de Saint-Jeannet

Un petit coup d’œil dans le vide pour voir Saint-Jeannet. Au loin on aperçoit Vence. À ce moment-là, il est bon de sortir son coupe-vent, car ça souffle (en plus du fait que l'on soit plus ou moins transpiré).

Saint-Jeannet depuis le baou Fleurs violettes sur la paroi rocheuse

Vence depuis le baou

C'est aussi l'occasion d'admirer la flore de moyenne montagne dans toute sa splendeur printanière.

Fleur Fleur Fleur Fleur

Après une petite pause, il est temps de repartir. Ceux qui sont trop fatigués pourront redescendre directement au village, sinon il y a une étape intéressante qui est le Castellet. C'est une ancienne bergerie que l'on aperçoit au centre de la photo (oui oui).

Vence depuis le baou

Pour se faire, on peut couper au niveau du dernier embranchement (GR52), puis rejoindre le chemin du Castellet, ou revenir en arrière jusqu'à l'embranchement indiqué. La première option est plus courte, mais nécessite de grimper un peu dans les rochers (en serrant le plus à droite). Néanmoins, elle permet d'admirer de magnifiques clairières.

Chemin pour aller au Castellet à travers champs

Chemin Champs en fleur

Clairière - panorama

Chemin Champs avec restanque

On rejoint ensuite le chemin classique qui est très agréable et relativement facile.

Chemin du Castellet Chemin du Castellet Chemin du Castellet

Une heure plus tard, arrivée au Castellet. C'est le moment de se restaurer et de faire un petit tour des ruines.

Arrivée au Castellet Le Castellet Le Castellet Point de vue depuis le Castellet (Mer) Point de vue depuis le Castellet (Montagne)

Pour le retour, il y a deux options : soit prendre le chemin inverse, soit bifurquer immédiatement sur la droite juste après le Castellet (dans la direction du retour). Dans ce cas, il faut prendre un chemin interminable, plutôt étroit et relativement casse patte, mais qui a l'avantage de n'être qu'en descente jusqu'à Saint-Jeannet. En été, on pourra faire un détour vers la rivière la "Cagne" afin de se rafraîchir.

Sur le chemin du retour Sur le chemin du retour

Il faut compter environ une demie journée. L'idéal est même de revenir en arrière et de grimper sur le baou de la gaude, avec son chêne centenaire. Il offre une expérience beaucoup plus intéressante que celui de Saint-Jeannet.

Wednesday, 14 January 2015
|
Écrit par
Grégory Soutadé

Je suis Charlie

Je suis Charlie. Au début on entend une vague news : attentat chez Charlie Hebdo. Où ça ? Dans la rédaction de Charlie Hebdo ! Soit. On apprend ensuite que des hommes sont venus et ont tiré dans le tas, c'est moins drôle. Les dessinateurs emblématiques, ainsi que l'équipe de rédaction, mais aussi d'autres innocents sont morts. Finalement, on suit avec de plus en plus d’assiduité la cavale et le double assaut des forces de l'ordre. C'est un drame qui s'est peu à peu découvert et, prendre un peu de recul, apprendre ce qu'il s'est réellement passé (au-delà du tapage médiatique), laisser passer l'émotion, n'est que plus bénéfique pour en tirer un article.

Je suis Charlie. Qu'est-ce que cela veut dire exactement ? ça veut dire que je suis un homme libre, que je marche droit, que je suis libre de m'exprimer. Plus encore quand on tient un blog sur internet, quand ce qui est écrit est librement accessible de New York à Tokyo, en ne passant pas par la Chine. Plus encore quand, en plus d'être auteur, on est rédacteur en chef et responsable de la publication. C'est le propre de la décentralisation : ce que j'écris, j'en suis seul responsable. Ni Facebook, ni Twitter, ni Skyblog ne pourront l'effacer !

Je suis Charlie. Pourquoi ? Cette question n'a, outre les médias à sensation, qu'une moindre importance. Charlie Hebdo, personne n'en parlait il y a une semaine à peine. Un tirage pour seulement 0,05% de la population française. Aujourd'hui, tout le monde est Charlie. Ceux qui l'aiment, ceux qui ne l'aiment pas, et surtout tous ceux qui ne le connaissent pas. Le pourquoi, c'est une pulsion, ou, à défaut, un ordre survenu brusquement. Un assaut destructeur planifié à la va vite par deux simple exécutants.

Je suis Charlie. La véritable question, c'est comment ? Comment deux jeunes hommes en sont arrivés à prendre les armes pour massacrer de sang froid une tablée d'innocents. Je pense que l'on peut trouver deux explications majeures. La première, et la plus facile pour la société, puise sa source dans ce que l'on appelle communément Al Qaida, l'État Islamique, Daesh... Ces groupes terroristes ont pris une ampleur considérable depuis 2001. Ils disposent d'importants moyens de communication (notamment via les réseaux sociaux). Mais surtout, ils ont un énorme potentiel d'endoctrinement. Sur le terrain, ils ont les financements nécessaires pour mener une guérilla terroriste. C'est le régime de la peur, régime favorisé par le chaos qui règne au moyen orient et en Afrique.

Les États-Unis et l'Europe sont en partie responsables de ce chaos. En envahissant l'Afghanistan et l'Irak, ils ont, certes, mis à mal les régimes dictatoriaux en place, mais se sont retirés sans avoir pu apporter la paix et la sérénité pour les populations locales. Un dictateur au pouvoir n'est pas une solution, le chaos l'est encore moins. La deuxième partie de ce chaos intervient avec la révolution arabe. Elle n'est pas néfaste en soit, puisqu'elle apporte aux peuples la liberté de choisir leur avenir. Mais, c'est surtout la période de transition post révolution, jusqu'à la stabilisation des nations, qui permet aux plus forts de tenter de prendre le pouvoir par les armes (ou du moins d'essayer). On peut aussi noter le silence de la ligue arabe par rapport aux conflits qui se déroulent juste à leurs frontières...

Il ne faut pas oublier non plus que, les dictateurs en place, ne le sont pas forcément par hasard. Certains ont reçu des soutiens extérieurs en échange de contrats commerciaux, avantages politiques ou simplement financiers. C'est un peu clichés, mais le film "Lord Of War" donne un bon aperçu du niveau de corruption que l'on peut trouver un peu partout dans le monde. Si on revient quelques dizaines d'années en arrière, la décolonisation des puissances Européennes a laissé place au même vide que le désengagement de l'Afghanistan et de l'Irak, rapidement comblé par des groupes armés. Ne parlons même pas de la guerre froide qui a vu une prolifération massive des armes de guerre (autant lourdes que légères) que l'on retrouve un peu partout dans le monde.

La deuxième explication est encore moins plaisante. Le massacre de Charlie Hebdo est un problème français. Les exécuteurs sont français. Ils ont le parfait profil psychologique pour mener ce genre d'opération. Des meurtriers ? Pas vraiment. Surtout des personnes en détresse, que la république a abandonnée. Ce sont les laissés pour compte du système. Quel que soit le système en place, il y aura toujours des laissés pour compte, mais, si on veut éviter un nouveau Charlie, il faut avant tout travailler sur ce point. Dans les quartiers où l'état n'a plus d'emprise, construit pour parquer les immigrés au sortir de la seconde guerre mondiale, citoyens de seconde classe, où règne la loi du plus fort, la loi de la délinquance, où les gens grandissent dans un chaos social et familial, dans la haine permanente, exclus (à tort ou à raison) du système, il est facile d'attiser encore plus ces sentiments. Plus encore quand on invoque un motif religieux. On l'oublie souvent, mais la religion (quelle qu'elle soit) est un repère. Un repère là où il n'y en a plus. C'est l'arme des recruteurs, donner l'espoir qu'un homme puisse faire quelque chose d'utile, venger ses frères qui tombent sous les balles. Charlie, malgré sa faible audience, était un symbole, du pain béni (si je puis dire) auprès des recruteurs pour attiser la haine et renforcer ce sentiment de victimisation des combattants radicaux.

Mais, si mourir en martyr est un honneur, assassiner des innocents n'est pas un acte de foi. Les assassins ne sont pas des martyrs, ce sont des assassins. Invoquer le nom de dieu pour tuer, c'est le salir.

À Marseille, il y a eu un règlement de compte par mois en 2014. La violence du procédé est la même. Ne parlons même pas de ce qui se passe en Afrique et au Moyen Orient (Syrie en tête). C'est devenu tellement banal, que l'on n'y prête plus attention. De plus, la censure médiatique existe dans nombre de pays et pourtant, la mobilisation internationale est relativement faible. C'est un peu l'hypocrisie que dénonce certains dessinateurs.

À l'opposé, la tentation de renforcer les contrôles au niveau de la vie privée/liberté informatique est forte. Pourtant, c'est tout le contraire qu'il faut faire ! Les agissements de la NSA, en collaboration avec les services secrets internationaux, sont contre-productifs. Au lieu de se consacrer sur des cibles, tout le monde est espionné. Résultat, tout le monde augmente le niveau de sécurité de ses connexions ! Donc, il est de plus en plus difficile de capter et tracer ce genre d'attentat. Le groupe Anonymous, en réalisant des DDoS de sites islamiques radicaux, ainsi que des défaçages n'ont rien compris non plus. Il faut continuer à garder ces sites en vie et tracer les utilisateurs. Qu'ils en fassent tomber un et dix renaîtrons, c'est exactement la même chose pour les sites pirates dont ils sont les gestionnaires !

Tomber dans la haine n'est pas la solution. D'un côté, ceux qui profitent de cette aubaine pour commettre des actes islamophobes et, de l'autre, ceux qui approuvent ces attentats. Il faut expliquer, surtout aux plus jeunes, ce qu'il en est. Expliquer ce que sont réellement les caricatures, leur contenu, plutôt que de laisser entrer l'idée dans leurs têtes que "le prophète a été insulté" sans autre argument. Expliquer que l'Islam est, au même titre que les autres, une bonne religion. Le point positif que l'on a pu voir lors des manifestations, est le rejet par la majorité de ces actes ainsi que le non amalgame entre Islam et terrorisme. Mais, comme pour les groupes terroristes, c'est toujours une minorité haineuse qui entache la majorité.

La conclusion de la semaine qui vient de s'écouler ? Peut être une prise de conscience de l'aspect global des choses. Moi, en tant que citoyen français, en tant que citoyen européen, en tant que citoyen du monde, que puis-je apporter pour infléchir ce mouvement ? Mais aussi Charlie ? Que va-t-il devenir une fois que le souffle médiatique sera retombé ? Le plus dur reste à faire et le chemin est loin d'être facile !