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Pic de l'Arpille

Sunday, 26 November 2023
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Écrit par
Grégory Soutadé

Le pic de l'Arpille était un candidat au côté du Circuit de Charamel lors de mon dernier passage dans le coin. Finalement, j'avais choisi le second car plus ombragé. Il fallait donc attendre une météo plus fraîche pour se lancer. Ce fut le cas fin novembre avec des températures plus basses qu'en septembre, mais largement au dessus des normales de saison : 17°C/18°C au village ! Ce dimanche là, le ciel était bleu et à peine voilé par endroit, le temps idéal donc pour aller se promener.

D'après la description, l'Arpille est l’un des plus remarquables belvédères du département, ce qui est parfois au dessus de la réalité, marketing oblige. Pourtant, cette entrée en matière est plus que véridique ! Le pic de l'Arpille offre une vue à couper le souffle. Une vue à 360°C sur l'un des plus beau endroits des Alpes-Maritimes. Où que l'on regarde, le paysage est magnifique : les montagnes, les vallées, les crêtes, les sommets, les pâturages. Surtout si l'on ajoute cette lumière chaude d'automne avec les feuillus qui se pârent de teintes cuivrées.

Le site randoxygène propose d'emprunter la DFCI de bas en haut. C'est l'option "facile" mais moins intéressante. L'idéal est de partir depuis Le village du Mas, grimper jusqu'à la crête de la montagne de Charamel, puis prendre la direction du col de Bane. C'est d'ailleurs à partir de ce col que le voyage devient vraiment intéressant. Le tracé y est moins difficile et l'on commence à avoir des points de vues splendides côté Nord et côté Sud. Il faut faire des petites pauses régulières pour apprécier l'environnement.

La randonnée (en aller-retour) est donnée comme "moyenne" car la distance entre le village et le pic est relativement courte : ~6,5km. Pourtant, il faut se méfier du dénivelé important (750m), réparti en un premier bloc de 2,4km avec une pente moyenne de près de 20% et un autre bloc de 500m avec un pente moyenne de 22% (les premiers 200m sont à 37% !). Le tout, avec peu de passages ombragés. Il faudra donc bien prendre ses dispositions (eau, crème solaire, lunettes de soleil, coupe-vent...).

Pic de l'Arpille depuis Le Mas

Le départ se fait depuis le parking de l'Eglise. On peut apercevoir l'objectif du jour.

Comme indiqué plus haut, le début est coriace, avec des passages dans les bois.

Une fois atteint la crête, le dénivelé devient moins important.

A l'approche du col de Bane, l'Arpille semble toujours aussi loin. Pourtant, il n'est qu'à 4 kilomètres !

Passé le col de Bane (1379m d'altitude), la randonnée devient vraiment intéressante avec un point de vue à la fois à gauche et à droite. On est vraiment sur le fil, à cheval entre les deux versants. Le chemin n'est pas toujours bien tracé sur cette portion ! Il disparait carrément à un endroit. Dans ce cas, il faut contourner l'obstacle par le versant nord. Complètement à découvert, le vent commence à se faire sentir.

Panorama simplement magnifique. On peut apercevoir le village de Gars en contrebas. Le sommet des montagnes est censé être enneigé en cette saison...

Si on se retourne, on peut apercevoir Le Mas tout en bas de la vallée. À la fin du chemin, on emprunte de nouveau un bout de la DFCI. Le conseil donné est de bifurquer de nouveau après la balise 111. C'est plus court, mais sans grand intérêt, surtout que la pente est de l'ordre de 37% sur 200m !

Une fois le pic atteint (1686m d'altitude), le paysage est à couper le souffle. Le vent y est assez fort et les températures plus fraîches. On pourra déjeuner sur un petit banc à l’abri de la tour de guet.

Il est plus simple de faire le retour par la DFCI.

Retour sur le village du Mas. Si la pente, assez forte, était difficile dans le sens de la montée, elle le sera encore plus dans le sens de la descente !

Instant Poésie #2

Sunday, 12 November 2023
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Écrit par
Grégory Soutadé

Papillon attiré par la lumière
Son cœur innocent ne cesse de palpiter
Exaucera-t-il ses prières ?
Au risque de le voir sombrer

Tout au fond de cet abîme
Pays froid, vide, sévère
S'écorcher à sang pour payer sa dîme
S'incliner, baisser les yeux devant le Cerbère

Trois têtes acérées gardent les portes de l'Enfer
Trois têtes à décapiter pour une liberté
Le ciel bleu au loin, victoire au goût amer
Car déjà, trente années se sont écoulées

Vert a tourné gris jusqu'en haut des cimes
De ce paradis rêvé, ne reste qu'un champ de pierres
Rosa, Jasmine, Agave, Violette, autrefois sublimes
Exhalent leur essence dans les entrailles de la terre

¡ Hola Barcelona !

Sunday, 15 October 2023
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Écrit par
Grégory Soutadé

Barcelone est une ville tout en contraste. Avant d'être la seconde agglomération d'Espagne, elle est surtout la capitale de la communauté autonome de Catalogne. Région qui possède une identité forte, propre aux gens du sud, à la fois fière et indépendante. Fierté jusque dans la langue, puisque le Catalan est la seconde langue officielle avec l'Espagnol (le Castillan), même si elle est préférée à cette dernière. Il n'y a d'ailleurs que deux religions en ces terres : Dieu via la Sagrada Família et le (FC) Barça ! Si le second ramène principalement les fans du ballon rond (et ils sont nombreux), c'est surtout la première qui déverse chaque jours quantité de touristes venus du mon entier.

Coliseum Barcelone Immeuble Barcelone

En effet, la reconnaissance actuelle de Barcelone trouve ses origines au début du XXe siècle quand les riches industriels sont sortis des murs fortifiés de la vieille ville pour construire des immeubles bourgeois aux façades richement travaillées. Cette "nouvelle ville" est organisée par îlots carrés tels que définit par le plan Cerdà. Le point d'orgue du développement de Barcelone est le projet de construction d'une église dédiée à la Sainte Famille (Saint Joseph, la Vierge Marie et Jésus) : la Sagrada Família ! Initialement modeste, le projet change de dimension avec la proposition du jeune architecte Antoni Gaudí qui dessine les plans d'une cathédrale dans un style dont il est l'initiateur : le néo gothique (ou art moderne). L'alliance d'un financement important, de techniques d'architectures et de constructions "modernes", ainsi que de l'extravagance de l'architecte en chef ont permis de démarrer la construction d'une œuvre pharaonique, aujourd'hui la plus visitée d'Espagne bien qu'elle soit encore inachevée. Une œuvre tellement grande que Gaudí lui-même avait conscience qu'il ne la verrait pas de ses propres yeux. Il y est d'ailleurs enterré. S'il n'y avait qu'une seule chose à voir, ce serait bien cet édifice de (bientôt) 172m de haut !

Sagrada Família extérieur Sagrada Família : intérieur

Sagrada Família : La sainte famille Sagrada Família : intérieur

Mais, avant d'y consacrer entièrement les dernières années de sa vie, l'architecte aura mené plusieurs projets dans son style caractéristique, comme le parc et le palais Güell, diverses casas dont Batlló et Milà, ainsi que d'autres collèges et palais.

Casa Batlló Casa Milà

Parc Güell

L'effervescence des arts modernes de ce début de siècle se retrouve également via la peinture, avec des artistes espagnols majeurs qui ont étudié et résidé à Barcelone, à savoir Pablo Picasso et Joan Miró. De cette époque dorée, la capitale en a gardé un esprit culturel fort, avec nombre d'artistes conventionnels ou de rue et d'artisans que l'on peut trouver dans le quartier d'El Born. Il faudra hélas bien chercher afin de trouver des produits artisanaux de qualité face aux torrents de produits bas de gamme destinés aux touristes. Il est également amusant de noter une certaine attirance vestimentaire "rétro", avec plusieurs boutiques de première et seconde main (dont certaines vendent les vêtements au poids). À côté des tapas, de la sangria et de la paella, l'autre spécialité Catalane est le torró/nougat.

Rue de Barcelone

La réputation de Barcelone est également fondée sur l'aspect festif (notamment sur la Rambla). L'on retrouve ainsi d'innombrables bar (à tapas), mais aussi beaucoup de restaurants étoilés, et une certaine propension à vivre la nuit. Ce constat se matérialise avec des lignes de métro relativement fluides en semaine, mais qui commencent à se charger dès le vendredi, pour fonctionner non stop tout le dimanche ! On pourra saluer les investissements importants dans tout les réseaux de transport urbain : 12 lignes de métro ! Un métro toutes les 2 à 5 minutes pour les lignes les plus fréquentées. Il y a également 300km de pistes cyclables ! Cela ne suffit malheureusement pas à subvenir aux besoins des presque 1,7 million d'habitants, car la circulation automobile y est (malheureusement) omniprésente, occasionnant de nombreuses nuisances sonores et pollution atmosphérique. C'est encore plus flagrant en prenant de la hauteur, on peut alors apercevoir un nuage de pollution qui flotte au dessus de la ville (lorsque celui-ci n'est pas chassé par l'air marin). Pour s'échapper de la foule et du bruit, dont on arrive rapidement à saturation, et trouver un peu de calme, il faudra se tourner vers les jardins de la butte de Montjuic.

Montjuic Montjuic

Cet air marin salvateur permet de contenir des températures de plus en plus importantes, même s'il n'arrive pas à cacher l'évidence du réchauffement climatique et les sécheresses inhérentes. La municipalité a de ce fait coupé toutes les fontaines ornementales qui font pourtant parti des attractions touristiques. Les fontaines d'eau potables restent néanmoins encore en fonctionnement, même si l'eau de ville est de piètre qualité gustative. De cette culture de la chaleur, Barcelone possède une urbanisation qui compte soit des ruelles étroites, soit des rues et avenues plus larges mais bordées d'arbres. On peut donc toujours trouver un coin d'ombre où se réfugier ! Pourtant, les habitants sont trop habitués au confort. Ainsi, la climatisation excessive est utilisée à outrance, parfois même en laissant les portes des magasins grandes ouvertes...

Immeuble Barcelone Immeuble Barcelone

Avec autant de points fort, la ville possède un pouvoir d'attraction élevé, notamment d'un point de vue touristique, puisque pas moins de 23 millions de personnes se pressent chaque année dans ses rues. Elle jouit d'ailleurs d'une grande popularité chez les touristes asiatiques. Il est donc important de réserver ses visites à minima 24h à l'avance. Le fait d'avoir plus de touristes que d'habitants génère parfois des tensions avec les locaux (encombrement, hausse des prix, dégradations...). D'autant plus que Barcelone est déjà une des villes les plus densément peuplées d'Europe avec plus 16 000 habitants par km2 (et s'étend de manière continue en absorbant les communes alentours). Pour autant, elle s'adapte à ce gigantesque potentiel économique avec des services et commerces ouverts sur de grandes plages horaires. Les forces de l'ordre y sont d'ailleurs très strictes et tournent régulièrement un peu partout (même dans le parc Güel à scooter/moto et sur la plage avec des buggy !). Si ce n'est les tags excessifs dans certaines quartiers, la ville est propre.

Barcelone Port industriel de Barcelone

Mais, derrière cet éloge du consumérisme moderne et les riches façades des bâtiments, se cache une réalité plus prégnante. À quelques rues seulement du quartier bourgeois de l'Eixample, la partie ouest abrite le port, ainsi que de nombreuses industries lourdes. Le niveau de vie de la classe ouvrière y est beaucoup plus faible, alors que Barcelone est une ville plutôt onéreuse. Y vivent en général les grandes communautés asiatiques (Inde, Pakistan, Chine, Philippine) et Sud Américaine.

Barceloneta Barceloneta

Circuit de Charamel

Sunday, 17 September 2023
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Écrit par
Grégory Soutadé

Une nouvelle rando dans mon top 3 du haut pays Grassois : La circuit de Charamel. Le nom n'est pas forcément en adéquation avec la randonnée étant donné que l'on ne longe la crête du Charamel que sur la moitié du parcours avant de basculer côté opposé dans la forêt de la Gironde. C'est d'ailleurs pour cette raison que la balade m'avait tapé dans l’œil début 2022. De la montagne, certes, mais également beaucoup de passages dans les bois (environ les 3/4 du temps), donc bien ombragé. Malheureusement, entre attente de la fin mars, autres activités, la blessure de mai et les fortes chaleurs de cet été, il a fallu patienter jusqu'à la St Grégoire pour trouver un créneau ! Et quel "cadeau". Le parcours est difficile, mais il en vaut vraiment la peine !

Dimanche, 9h du matin sur le parking de l'Église du Mas. On sentait déjà poindre le retour de la chaleur avec 18°C sur le thermomètre. Le soleil est traître un montagne, il n'est donc pas inutile de se mettre un peu de crème solaire avant le départ. Surtout que le ciel est d'un bleu magnifique.

Le début est assez tranquille. Pour autant, il est parfois un peu technique avec des franchissements de pierriers ou bien, ça et là, quelques trous sur le chemin (étroit).

S'ensuit 1km d'ascension assez raide pour joindre le haut de la montagne.

Si on se retourne, on pourra apercevoir Le Mas.

On bascule alors sur le versant nord, boisé et complètement à l'ombre. Il faut faire attention car le chemin est parfois humide.

Si on est suffisamment discret et que l'on tend un peu l'oreille, on peut avoir la chance de voir ou d'entendre un chevreuil. Il était caché non loin de moi par une épaisse couche de végétation, mais impossible de l'apercevoir. Il a eu de la chance, car c'était jour de fête au village : La fête des chasseurs, avec comme menu : civet de chevreuil et polenta !

Celui-ci ne pourra pas en dire autant.

Après un peu de descente, il faut récupérer le GR4. Autant le dire tout de suite : ce GR est une tannée, avec des chemins pentus et peu praticables (surtout en descente).

Au loin, le village d'Aiglun

Une fois rejoint la route, il faut continuer de descendre en direction du hameau des Tardons, puis encore jusqu'à la Clue. Cette partie est agréable.

Vient le temps de faire la pause déjeuner au bord de la Gironde. On en profitera pour recharger en eau, les fontaines des villages sont fermées !

Mais ce repos paisible est un piège, car la remontée vers le village abandonné de Pigros est assez raide (et pas forcément ombragée).

Le reste de la randonnée se fait entièrement dans les bois. Un vrai bonheur où on pourra enjamber plusieurs petits affluents (et se rafraîchir au passage) avant de traverser de nouveau la Gironde.

Les choses se gâtent pour la partie finale, puisqu'il faudra remonter jusqu'au village par une petite route qui serpente le long de la montagne. On dérangera au passage nombre de lézards en pleine séance de farniente, mais surtout en plein soleil !

Malgré la fatigue des ~15km de marche (et ~900m de dénivelé positif), le retour à la civilisation se fait avec un petit pincement au cœur tellement l'endroit est beau et calme.

La fin de l'été offre moins de fleurs. Malgré tout, il y a pas mal de thym sauvage sur le parcours.

Jour de canicule

Tuesday, 22 August 2023
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Écrit par
Grégory Soutadé

Nouvelle semaine de canicule en perspective dans une bonne moitié Sud de la France : des températures en pic entre 35°C et 42°C et des nuits chaudes (21°C - 26°C). Le phénomène se produit désormais tous les 2 ans, nous sommes donc dans une année "tranquille", la partie Nord ayant été arrosée durant tout l'été (et non ce n'est pas une bonne nouvelle pour les cultures qui ont besoin d'eau au printemps et de soleil en été, et non pas l'inverse). Ironiquement, dans quelques années nous regretterons ces températures "clémentes". Le phénomène étant assez simple, vu que les pôles se réchauffent, ils ne sont plus en mesure de contenir l'air chaud venant du Sud (notamment du nord de l'Afrique et du Moyen Orient). L'air étant plus chaud partout et dans toutes les couches de l'atmosphère, il se produit donc un phénomène d'anticyclone ("dôme de chaleur"), une sorte de bulle d'air chaud qui se déplace sans pouvoir "éclater", et qui peut provoquer des orages violents quand elle rencontre une autre masse d'air.

Bref, le phénomène commence a être connu du grand public et les politiques "canicules" sont devenues monnaie courante : rester dans une endroit frais (de préférence en limitant les ouvertures de l'habitation), éviter les déplacements et activités physiques, éviter d'utiliser des appareils chauffants, se rafraîchir : ventilateur (attention car il peut assécher l'air) ou climatisation (histoire de chauffer encore plus l'atmosphère extérieure) et surtout : s'hydrater régulièrement ! On notera également que la faune et la flore ne disposent ni de ventilateur, ni de climatisation, ni d'eau courante...

Pour s'hydrater et se désaltérer de manière la plus efficace, il faut boire de l'eau fraîche. Les autres boissons ne désaltèrent pas aussi bien, particulièrement si elles contiennent du sucre (le sucre appelle le sucre). En tant qu'amateur de thé, surtout celui du matin, je trouve qu'il est pénible d'ingurgiter une boisson chaude quand il faut déjà 30°C à 8h. La solution semble pourtant évidente : le thé glacé (que l'on peut consommer jusque dans l'après-midi). Pour se faire, oubliez les préparations du commerce souvent sucrées. La recette étant enfantine : il faut remplir un grand saladier d'eau, ajouter du thé (blanc ou vert de préférence) aromatisé (la dose varie selon ses goûts), laisser infuser 2h au frais avant de filtrer puis remettre au frais pendant 2h. On en prépare donc une grande quantité à l'avance car il se conserve parfaitement plusieurs jours au réfrigérateur, même s'il gagne un peu en amertume avec le temps. L'infusion à froid permet justement de limiter l'amertume. Le choix du thé est primordial. Celui en sachet/mousseline va infuser rapidement, on privilégiera plutôt un thé de qualité avec des feuilles entières (valable pour la méthode traditionnelle). Pour les amateurs de café, il est également possible de réaliser des infusions à froid (cold brew coffee en Anglais). Certes, au réveil, une boisson chaude sera beaucoup plus ronde en bouche, mais il faut savoir s'adapter...